● BFM Tech
📅 21/04/2026 à 11:32
Après son départ de la tête d'Apple et son remplacement par John Ternus, que va devenir Tim Cook, le successeur de Steve Jobs?
Géopolitique
Au 1er septembre, il ne sera plus à la tête d'Apple. A 65 ans, Tim Cook va devenir le prochain président exécutif du Conseil d'administration de l'entreprise. Un rôle avec une mission principale: gérer les bonnes relations avec un client particulier, Donald Trump.Si le secret était sans doute le moins bien gardé de l'entreprise, le timing a été le "one more thing" inattendu. Le 20 janvier 2026, Apple a officialisé le départ à venir de Tim Cook de la direction de l'entreprise. Au 1er septembre, il sera remplacé par John Ternus, actuel vice-président en charge de l'ingénierie matérielle.Ce n'est pas l'annonce la plus surprenante. La succession se dessine depuis de longs mois dans les murs d'Apple. Murmurée dans la presse, elle a pris forme avec la présence de plus en plus fréquente de Ternus, 51 ans, dans les vidéos de présentation ou même au contact de la presse et en interview. Comme pour mieux familiariser les fans de la marque et les observateurs avec ce nouveau visage voué à prendre le pouvoir de l'une des plus puissantes entreprises au monde.Tim Cook se retire sur le succès du Macbook NeoLa conférence des développeurs WWDC de juin prochain sera donc la dernière avec Tim Cook aux commandes, 15 ans après son arrivée dans les pas d'un Steve Jobs malade. L'occasion de terminer en fanfare son mandat auprès de ceux qu'il a souvent choyés, les développeurs d'application qui ont fait beaucoup pour son écosystème, mais aussi ses finances. Cook part aussi sur un succès, celui du Macbook Neo, l'ordinateur à prix plus abordable lancé en mars. Une porte de sortie plus honorable que celle offert par le Vision Pro, "l'ordinateur spatialisé" au succès mitigé.John Ternus, responsable du développement produit chez Apple, lors de la keynote de mai 2024 © AppleMais le patron d'Apple ne sera plus là pour les échéances suivantes. Il laisse à John Ternus le soin de lancer le nouveau Siri plus intelligent espéré de longue date (qu'on devrait voir arriver en juin lors de la WWDC) au coeur des iPhone cuvée 2026. Il lui cède aussi les rênes au moment où le premier smartphone pliant de la gamme doit voir le jour, en septembre prochain ou en 2027 pour les 20 ans de l'iPhone. Une passation de pouvoir qui ressemble d'une certaine manière à la sienne. En octobre 2011, Steve Jobs malade et dans ces derniers jours, Tim Cook était alors monté sur scène pour une keynote charnière dans l'histoire d'Apple, celle de l'iPhone 4s qui inaugurait… Siri. Il en sera visiblement de même pour Ternus à la rentrée, à la différence près que Cook va simplement prendre du recul.Comme Jobs avant lui, Tim Cook va devenir président exécutif du Conseil d'administration d'Apple, succédant à Arthur D. Levinson, atteint par la limite d'âge de 75 ans et qui avait accepté de jouer les prolongations en attendant de céder son siège. Un poste loin d'être honorifique ou une retraite dorée, un poste où Tim Cook pourra jouer de son talent de négociateur ferme ou très diplomate."Tim Apple" et son client privilégié Donald Trump"Depuis 15 ans, je commence presque tous mes matins de la même façon. J'ouvre mes e-mails et je lis les messages que j'ai reçus la veille des utilisateurs d'Apple du monde entier", écrit Tim Cook en ouverture de sa lettre à la communauté de fans d'Apple publiée sur le site d'Apple.Un quotidien qu'on disait déjà bouleversé depuis des mois et qui va radicalement changer. "Ce n'est pas un adieu", promet-il. Car il sait qu'une double mission l'attend désormais. Il va accompagner Ternus pour rendre la passation de pouvoir plus simple et fluide, mais surtout s'atteler à une mission plus importante encore: gérer les relations avec les décideurs politiques, en Europe, en Chine, bien sûr, et plus particulièrement avec le pensionnaire de la Maison Blanche.Depuis 2016 et l'arrivée au pouvoir de Donald Trump, Tim Cook a tout fait pour maintenir de bonnes relations avec le président des Etats-Unis lors de son premier mandat en jouant d'une posture bien établie. Il a su répondre présent depuis son retour à la Maison Blanche, présent à l'intronisation - accompagné d'un don d'un million de dollars - ou aux diners aux côtés des ténors de la tech américaine, distillant quelques cadeaux réguliers au passage (Mac Pro sur mesure, pièce gravée, participation à la salle de bal, etc.).John Ternus, le futur patron d'Apple, et Tim Cook, qui lui cédera les rênes en septembre 2026 © AppleNi trop politique ni trop distant, "Tim Apple", comme l'avait appelé par erreur Trump lors d'une rencontre en mars 2019, s'est toujours bien gardé de tout engagement pour conserver malgré tout une influence cruciale pour Apple du côté de Washington. Il ne sait que trop l'imprévisibilité du dirigeant, mais aussi comment lui laisser entendre ce qu'il désire sans mettre en péril Apple. Sans céder sur sa politique interne sur la diversité et les minorités, il a su avancer l'argument imparable d'un investissement de 500 milliards de dollars aux Etats-Unis pour rapatrier la production de certains produits, notamment."Mon rôle consiste à dialoguer sur les politiques publiques, et non sur la politique en général", avait déclaré Tim Cook en mars.Un rôle qu'il va poursuivre une fois qu'il aura cédé sa place à la tête d'Apple et s'attellera à défendre et promouvoir une expérience client optimisée et plus que jamais personnalisée pour le bien du groupe de Cupertino.A 65 ans, après avoir multiplié par 10 la valeur de l'entreprise, Tim Cook se met donc en retrait de la vie d'Apple. Pas dans l'ombre totalement, car il sait que son influence reste importante pour l'entreprise. Après s'être affirmé dans l'ombre du géant qu'était Steve Jobs, après avoir su prendre sa propre lumière et adapter sa fonction et la communication de l'entreprise à son profil, il va donc voir grandir à son tour un dauphin avec un profil très différent du sien, plus technique, plus tourné finalement vers le coeur battant de la marque, les produits et l'innovation."Sous sa direction, l'entreprise atteindra des sommets incroyables et vous ressentirez son influence dans les produits et services à venir", prédit celui qui voulait laisser une entreprise prête "pour les 10 ou 15 prochaines années", capable de relever les défis de l'IA et de la réalité mixte qu'il lui laisse. Tim Cook a déjà pris du recul. Saura-t-il vraiment lâcher les rênes et se consacrer aussi comme il l'a souvent clamé à ses causes philanthropiques? Réponse à partir de la rentrée, et pour les dix prochaines années.Les plus lusUne Canadienne tuée dans une fusillade sur un site archéologique au Mexique, quatre autres personnes blesséesUn traceur bluetooth, une carte postale et deux timbres: comment un gadget à 5 euros a permis de suivre un navire de guerre qui escortait le porte-avions Charles de Gaulle en MéditerranéeLe roi Charles III rend hommage à Elizabeth II, sa "chère maman" et une reine "entièrement dévouée" qui aurait eu 100 ans cette année"On a vraiment merdé": primaire à gauche, municipales... Marine Tondelier remise en cause par ses opposants internesUn trophée de prestige pour Victor Wembanyama: le géant des San Antonio Spurs élu meilleur défenseur de l’année en NBA à l'unanimité
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