● Les Numériques Télécom
📅 21/04/2026 à 07:01
"Ça ne baissera pas de sitôt" : la crise du carburant va durer au moins six mois, alerte Michel-Édouard Leclerc
Géopolitique
👤 Aymeric Geoffre-Rouland
"Ça ne baissera pas de sitôt" : la crise du carburant va durer au moins six mois, alerte Michel-Édouard Leclerc Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 21/04/26 à 07h01 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 4 © RuslanMN - Prix du carburant : selon Michel-Édouard Leclerc, les automobilistes ont "au moins six mois de crise énergétique devant eux". Michel-Édouard Leclerc n'a pas cherché à rassurer. Invité sur Europe 1 lundi 20 avril, le président du comité stratégique des centres E. Leclerc a été catégorique : "Ça ne baissera pas de sitôt et si ça baisse, ce que je souhaite, c'est que ce soit du sérieux parce que pour le moment c'est du yoyo." Reviendra-t-on aux prix d'avant la guerre ? "Je ne sens pas le truc là. Entre tout ce qu'ils ont détruit, les bateaux bloqués, on a au moins six mois, peut-être jusqu'à l'hiver prochain, de crise énergétique devant nous."La veille de cette déclaration, le détroit d'Ormuz avait été rouvert par l'Iran vendredi 17 avril, salué par un "Merci !" de Donald Trump sur Truth Social. Samedi matin, des canonnières iraniennes tiraient sur des pétroliers tentant de le franchir. Le détroit s'est refermé en moins de 24 heures. Le cessez-le-feu entre les États-Unis et l'Iran expire demain, mercredi 22 avril. Personne, à Washington comme à Téhéran, ne confirme sa prolongation.Des prix qui baissent à peine, et un horizon bouchéLes derniers chiffres de la direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), datés du vendredi 18 avril, montrent un recul de 7 centimes sur le gazole, à 2,24 euros le litre, et de 1,2 centime sur le SP95-E10, à 1,98 euro. Sept centimes de baisse après 65 centimes de hausse en cinq semaines.Pour un automobiliste qui parcourt 13 000 kilomètres par an et consomme 6 litres aux 100, la facture gazole annuelle est passée d'environ 1 340 euros avant la crise à 1 750 euros aujourd'hui. Soit 400 euros de surcoût par an, ou 34 euros de plus chaque mois. Si Leclerc a raison et que la crise dure six mois, ce sont 200 euros qui sortent du budget d'un ménage sans qu'aucune aide directe ne soit prévue pour les particuliers.Gazole à 2,24 euros, 7 centimes de baisse après 65 centimes de hausse : pour les automobilistes, le compte n'y est pas.© Aleksandar MalivukMichel-Édouard Leclerc a par ailleurs évoqué un risque qui dépasse la pompe : "Le prix du caddie, dans les semaines qui viennent, n'augmente pas. Par contre si la crise énergétique vient taper tous nos fournisseurs ligne par ligne sur leur comptabilité, il y aura une inflation du double à la fin, ou du triple." Le carburant n'est que le premier étage de la fusée. Les engrais, le plastique des emballages, le transport des marchandises : tout dépend du pétrole. Décret, marges, CEE : le bras de fer entre le gouvernement et les distributeursEn coulisses, la tension monte entre l'exécutif et la grande distribution, puisque le gouvernement a saisi le Conseil national de la consommation sur un projet de décret de plafonnement des marges des distributeurs, applicable jusqu'au 31 août 2026. Le ministre de l'Économie, Roland Lescure, assume : "Pour qu'une dissuasion soit crédible, il faut qu'elle puisse être opérationnelle, et c'est le cas."Les cinq premiers distributeurs français (Carrefour, Auchan, Intermarché, Leclerc, Coopérative U) ont demandé le "retrait" du texte dans une lettre au Premier ministre, le qualifiant d'"injuste, inapplicable et illégal". Dominique Schelcher, PDG de Coopérative U, rappelle sur France Inter que ses marges sur le carburant sont "d'un, deux ou trois centimes" par litre. Michel-Édouard Leclerc propose une autre piste : suspendre les certificats d'économies d'énergie (CEE), ce qui permettrait selon lui "une baisse de 15 à 17 centimes" par litre "dès demain". Le gouvernement, pour l'heure, refuse.Décret de plafonnement des marges, suspension des CEE : le bras de fer entre le gouvernement et les distributeurs se joue à Bercy, pendant que les prix restent en moyenne au-dessus des 2 euros.© Irene MillerUne nouvelle réunion entre Bercy et les distributeurs est prévue jeudi. Celle de lundi n'a débouché sur aucune annonce concrète. Bercy a demandé "un compte rendu précis et objectif de l'évolution et du calcul des marges" d'ici là. La partie de poker continue.En attendant, les automobilistes font leurs comptes. Pour ceux qui roulent à l'essence, le E85 reste à 0,75 euro le litre, trois fois moins cher que le gazole, et disponible dans 4 032 stations en France. Pour les TPE du transport, de l'agriculture et de la pêche, le prêt flash carburant est accessible depuis le 13 avril sur la plateforme Bpifrance. Pour tous les autres, il n'y a ni chèque, ni remise, ni bouclier. Juste la pompe, et six mois devant soi ? Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
🔗 Lire l'article original
👁️ 0 lecture