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📅 21/04/2026 à 06:30
Voyager 1 en mode survie : la Nasa coupe un des derniers instruments de la sonde pour gagner quelques mois
Énergie & Environnement
👤 Brice Haziza
Voyager 1 en mode survie : la Nasa coupe un des derniers instruments de la sonde pour gagner quelques mois Par Brice Haziza (@_NotreEspace_) Publié le 21/04/26 à 06h30 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 3 © Nasa - Illustrations de la sonde Voyager On la pensait immortelle, ou presque. Après avoir survécu à une panne informatique majeure l’an dernier qui avait transformé ses messages en un charabia binaire, Voyager 1 fait face à son ennemi le plus implacable : la thermodynamique. Le 17 avril 2026, la NASA a confirmé avoir envoyé l’ordre de mettre hors tension l’instrument LECP (Low-Energy Charged Particles), qui mesurait les particules chargées à basse énergie. Voyager 1 est désormais à plus de 25 milliards de kilomètres.Vous pouvez suivre son périple en directsur ce site de la Nasa.Screener du site "eyes on Voyager" de la Nasa, qui permet d'avoir toutes les infos en temps réel.© NasaÀ 82 000 km/h sa pile est à bout de souffleLancée en 1977, la sonde ne fonctionne pas à l’énergie solaire – bien trop faible à cette distance du Soleil – mais grâce à des générateurs thermoélectriques à radioisotope (RTG). Ces "piles nucléaires" convertissent la chaleur issue de la désintégration du plutonium-238 en électricité.Le problème est mathématique : chaque année, la puissance disponible diminue d'environ 4 watts. Après 49 ans de voyage, la marge de manœuvre est devenue “microscopique”. En février dernier, une simple manœuvre de routine a provoqué une chute de tension inattendue, manquant de déclencher le système de protection automatique qui aurait pu plonger la sonde dans un sommeil définitif. Pour éviter ce scénario catastrophe, la Nasa a tranché : il fallait sacrifier le LECP.Le dilemme de l’explorateurLes différents instruments de Voyager.© Nasa/JPLLe LECP n’était pas un gadget. Depuis près d'un demi-siècle, il permettait d’étudier le milieu interstellaire, cette zone mystérieuse au-delà de l'influence de notre Soleil. Mais selon le plan de délestage établi il y a des années par les scientifiques, cet instrument était le prochain sur la liste des condamnés pour préserver les deux derniers rescapés : le magnétomètre et l’instrument de mesure des ondes de plasma.“Bien que l'arrêt d'un instrument scientifique ne soit jamais une préférence, c'est la meilleure option disponible”, explique Kareem Badaruddin, chef de mission au JPL. Ce sacrifice offre environ un an de répit à Voyager 1. À lire également : Voyager : les secrets de l'incroyable longévité des sondes mythiques lancées en 1977 L’opération “Big Bang” pour atteindre au moins les 50 ans de serviceLes ingénieurs ne se contentent pas de gérer la pénurie. Ils préparent une opération de la dernière chance, baptisée “The Big Bang”. L’idée ? Reconfigurer radicalement la gestion de l'énergie en remplaçant certains composants anciens par des alternatives moins gourmandes et en modifiant la gestion thermique.L’enjeu est colossal. À la distance actuelle de 25,4 milliards de kilomètres, un signal radio met plus de 23 heures pour atteindre la sonde, et autant pour revenir. Chaque commande est un pari. Si le “Big Bang” réussit (un test sera d'abord effectué sur Voyager 2), les ingénieurs espèrent même pouvoir rallumer certains instruments temporairement.À l'heure où vous lisez ces lignes, Voyager 1 fonce toujours à 17 km/s (par rapport au Soleil) vers l'inconnu. Elle n'est plus qu'à quelques mois d'atteindre un seuil symbolique : une distance telle qu'il faudra un jour complet à la lumière pour nous transmettre ses données. Un dernier souffle qui force le respect pour une technologie conçue à l'ère des calculateurs à cartes perforées. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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