● Les Numériques Télécom 📅 21/04/2026 à 07:00

Test Shokz OpenSwim Pro : le casque à conduction osseuse le plus complet du marché

Cybersécurité 👤 Guillaume Fourcadier
Illustration
9 Commenter Présentation Bien qu’assez proche d’un OpenRun dans ses caractéristiques et dans sa forme, le Shokz est plus ambitieux que son aîné. Premièrement, il s’appuie sur une certification IP68, ce qui lui garantit une étanchéité quasi-parfaite. Deuxièmement, il abrite, en plus de sa puce Bluetooth 5.4, une mémoire interne de 32 Go, associée à un lecteur intégré. Ce mode dit MP3 permet d’aller courir sans téléphone, mais ouvre surtout la voie à un usage natatoire, chose impossible en Bluetooth. L’OpenSwim Pro est ainsi une évolution de l’OpenSwim premier du nom, qui faisait l’impasse sur le Bluetooth.Pour le reste, si l’OpenSwim Pro dispose de tous les raffinements des modèles Shokz modernes, comme une prise en charge du multipoint et compatibilité avec l’application dédiée, il se révèle moins ambitieux en matière d’endurance, et n’a pas les prétentions sonores d’un OpenRun Pro 2 vendu au même tarif.Prix et disponibilitéLe Shokz OpenSwim Pro est disponible depuis juin 2024, au tarif de 199 euros. Deux déclinaisons cohabitent : noir et gris ; bleu sombre et orange (version testée). Contrairement à l’OpenRun Pro 2, il n’existe qu’une seule taille.Conditions de testNous avons testé le casque sous la version R_24_20250815 du micrologiciel, avec l’application Shokz en version 5.7.7. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité ConstructionRésistant et totalement étanche Se concentrant sur l’essentiel, le Shokz OpenSwim Pro affiche un design des plus passe-partout. Ici aucune extravagance autre que les coloris, le casque propose ce qui se fait de plus fin et de plus discret sur le marché, ce qui se traduit par un poids contenu (27,5 g), surtout en prenant en compte sa fonction de baladeur.La qualité de construction est dans les standards de la marque, à peine moins impressionnante que ce que nous retrouvons sur l’OpenRun Pro 2 (quelques jonctions plus visibles entre certaines pièces). La structure allie robustesse et souplesse, grâce à la présence d’un arceau en alliage nickel-titane.En plus de la housse en silicone, le modèle est livré avec des embouts en silicone, destinés à la natation© ShokzSon avantage principal réside toutefois dans sa résistance aux éléments, IP68, la plus haute disponible pour un casque ou des écouteurs Bluetooth, qui surpasse même les IP66 du Suunto Wing 2. L’OpenSwim Pro est taillée pour les immersions prolongées, ce qui constitue un impératif pour la nage. Afin d’offrir un minimum de protection tout en s’accordant avec la résistance à l’eau, Shokz inclut dans le packaging une housse semi-rigide en silicone. ConfortConfortable, avec ou sans bonnet de bain Assez léger, doté de branches épousant parfaitement la forme des oreilles et recouvertes de silicone, l’OpenSwim Pro frôle la perfection en matière de confort. Le produit se fait facilement oublier et ne génère aucune pression, à moins de le porter une journée entière.Ce confort va de pair avec une stabilité idéale du port. Sans serrer outre mesure, le casque ne tremble pas et ne se déplace pas, même en usage sportif intense. Un petit temps d’adaptation peut en revanche être nécessaire dans l’eau. La résistance de l’eau étant bien plus importante que l’air, l’OpenSwim Pro applique une légère poussée vers l’arrière, ce qui perturbe dans un premier temps. De même, le port du bonnet et des lunettes de piscine implique d’être assez soigneux sur le placement du modèle (en dernier). Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Expérience utilisateurLa fonction qui change tout ContrôlesUtilisant, comme tous les casques à conduction osseuse Shokz, un ensemble de trois boutons, l’OpenSwim Pro nécessite un petit temps d’adaptation pour assimiler les commandes dans les deux modes audio. En effet, quelques différences apparaissent entre les contrôles en Bluetooth et en MP3. Un socle commun est heureusement là, avec d’un côté le bouton multifonction (pour la navigation), de l’autre le contrôle de volume couplé à l’allumage/extinction/appairage.Pour le reste, Shokz est parvenu à caler à peu près tout ce qu’il était possible de caler, au prix d’une certaine complexité. Le mode MP3 est ainsi complet, mais exigeant. Citons par exemple le basculement entre les modes de lecture (normal, aléatoire, répétition), qui nécessite l’appui simultané des boutons + et multifonction. Pas spécialement intuitif donc.ConnectivitéMalgré un dépouillement assez typique des casques à conduction osseuse, comme l’absence d’appairage rapide, de codecs avancés, ou de LE Audio, le Shokz OpenRun Pro propose, contrairement à ses collègues, une prise en charge de l’AAC. Maigre avantage, mais qui est synonyme de légère optimisation sur iPhone.Pour le reste, le seul luxe de cette puce 5.4 vient de sa compatibilité multipoint, ce qui est toujours pratique pour basculer d’une montre de sport à un téléphone.ApplicationParticulièrement épurée, l’application Shokz se limite ici à une interface de mise à jour et à un outil sommaire (bien que pratique) de réassignation des commandes, fonction absente de l’OpenRun Pro 2. Ce dernier est toutefois plus complet en matière d’égalisation, puisque l’OpenSwim Pro n’accueille que deux présélections : standard, et vocal. Impossible donc de personnaliser son expérience.Mode MP3Le mode autonome (avec mémoire 32 Go), appelé Mode MP3 par Shokz, rappelle par certains aspects les baladeurs sans écrans comme l’iPod Shuffle. Le principe est simple : connecter le casque à un ordinateur en USB, et copier les fichiers musicaux dans sa petite mémoire interne. La navigation s’effectue ensuite à l’intérieur d’un dossier, sachant qu’une commande spéciale (appui + ou - prolongé) permet de passer d’un dossier à l’autre.L’usage baladeur est certes un peu spartiate, un peu difficile à prendre en main, mais très efficace en pratique. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité AudioDans la moyenne (haute) Équipé d’un classique haut-parleur fonctionnant avec la technologie de conduction osseuse PremiumPitch 2.0+ de Shokz, l’OpenSwim Pro affiche à peu près les mêmes performances que le classique OpenRun. Ce classicisme se retrouve dans l’extension du bas du spectre comme dans la reproduction des médiums et des aigus.Pas de miracle, le casque reste largement limité dans les graves. Ce registre n’est pas totalement absent, mais la notion de rondeur sonore est très relative. Nous ressentons bien quelques vibrations, suffisantes pour reproduire fidèlement le timbre d’une voix grave, ainsi que quelques instruments et sonorité ronronnantes, mais pas vraiment plus. Fatalement, cette timidité s’accompagne d’une certaine imprécision, et ne permet pas réellement de se frotter à de la musique.Malgré tout, la maîtrise de cette technologie par Shokz permet à l’appareil de surnager. Sa fréquence de coupure plus basse que la moyenne lui permet de développer un son suffisamment vivant tout en étant réactif. Il n’y a pas cette sensation, comme sur l’OpenMove, d’avoir affaire à un produit anémique. Surtout, la scène sonore n’est pas étriquée, car comparable à celle de l’OpenRun Pro 2 : large, quoique pas spécialement projetée vers l’avant. À lire également : Casques à conduction osseuse : Comment ils font vibrer votre crâne pour libérer vos oreilles Sans réel défaut, les médiums affichent une belle cohérence. Sans être d’une grande richesse, ils se concentrent sur l’essentiel, à savoir un équilibre teinté de nuances techniques. Les aigus suivent quant à eux une certaine logique. Ils ne tentent pas d’impressionner et ne présentent pas de creux trop marqué. L’extension dans les aigus est toutefois moins importante que sur les OpenMove et Suunto Wing 2, mais les sibilances et scintillement sont également réduits. Côté puissance, l’OpenSwim Pro est dans la moyenne, pas plus. Il ne permet clairement pas de surnager en milieu vraiment bruyant, et fini par générer des vibrations désagréables dans l’oreille sur les derniers 10% de volume.Impossible de ne pas évoquer le fonctionnement de l’appareil sous l’eau. Dans ce mode, le rendu à quelque chose de perturbant de prime-abord, très proche de ce que nous pouvons observer en écoutant l’appareil avec des bouchons d’oreilles. L’entrée du canal provoque (lorsque non-obstruée), une sorte de perte de couplage pour le casque. En milieu aquatique, cet effet disparaît, ce qui donne un son bien plus caverneux (beaucoup de pertes dans les aigus), mais également bien plus rond, bien plus puissant, comme si le casque libérait toute son énergie. Cela n’est pas surprenant, l’eau n’ayant pas les mêmes propriétés que l’air. Passées les quelques premières minutes ou premières heures, notamment en passant d’un milieu à l’autre (alternances d’immersions, assez classique en natation), une certaine habitude s’installe. MicroCorrect, sans plus Tout comme ses collègues OpenMove et OpenRun Pro 2, l’OpenSwim Pro intègre un duo de microphones par côté, et deux systèmes de réduction de bruit fonctionnant de concert. Contrairement à ce que la logique pécuniaire voudrait, ce casque se comporte moins bien que l’OpenMove, sans démériter. En milieu calme, la voix n’est pas trop marquée par des artefacts, mais la captation est légèrement étouffée et imprécise. Aucun problème pour suivre une conversation toutefois, puisqu’aucun mot ne passe à la trappe. En environnement bruyant, les choses se compliquent un peu. La réduction des bruits altère sensiblement la voix, quitte à perdre en intelligibilité, et certains sons génèrent des effets métalliques. La performance du produit demeure plus qu’honnête, puisque seules les situations extrêmes le rendent inutilisable, mais il est loin de se placer au sommet de la hiérarchie parmi les modèles à conduction osseuse, un genre plus efficace que la moyenne des écouteurs Bluetooth. AutonomiePolyvalent, mais pas endurant Annoncée à 9 h en Bluetooth, et 6 h en mode MP3, l’autonomie est en théorie sous la moyenne du genre. Dans les faits, les chiffres de Shokz sont à peu près respectés. Notre test en Bluetooth a donné 8 h 50, quand les essais en mode MP3 se sont établis entre 5 h et 6 h selon le volume. En usage purement aquatique, le volume n’a justement pas besoin d’être aussi élevé qu’en plein air, ce qui peut faire grimper le chiffre.Contrairement à la plupart des appareils, la charge ne repose pas sur un port USB-C caché derrière une trappe, mais sur un connecteur propriétaire aimanté à quatre broches, mieux armé contre les immersions (moins de risque de corrosion). Ce que ce port gagne en robustesse, il le perd en universalisme. Égarer son câble est toujours un petit drame. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Points forts Son un peu plus performant que la moyenne. Mode autonome très pratique. Résistance IP68. Léger et très confortable. Points faibles Pas de miracle dans les basses. Endurance assez faible. Qualité en appel moyenne. Très peu de personnalisation, application sommaire. Conclusion Note de la rédaction Comment fonctionne la notation ? À défaut d’être le meilleur sur tous les plans, le Shokz OpenSwim Pro est incontestablement le plus polyvalent des casques à conduction osseuse. La liberté que confère son mode autonome le rend indispensable pour les nageurs et les sportifs ne voulant pas s’encombrer de leur smartphone. Cette liberté n’est toutefois pas sans contrainte, puisqu’il n’est pas le plus endurant, le meilleur en appel, ni le plus performant d’un point de vue sonore. La liberté, avec quelques compromis. Sous-Notes Construction Confort Expérience utilisateur Audio Micro Autonomie Lire la suite
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