● Le Journal du Geek 📅 20/04/2026 à 18:34

From est de retour : une série comme on en fait plus ?

Géopolitique 👤 Julie Hay
Illustration
© Paramount+ Ce lundi, personne ne parle de From à la machine à café. C’est triste, frustrant pour l’auteure de ces lignes qui rêve de discuter des différentes théories qu’elle fomente depuis maintenant quatre saisons, mais la série d’horreur a fait le mauvais choix de s’inviter dans le catalogue de l’une des plateformes de streaming les moins plébiscitées en France. Parce qu’il reste encore un peu d’espoir pour qu’elle devienne un incontournable du petit écran, et qu’elle fait régulièrement de nouveaux adeptes, coup de projecteur sur celle qui nous rappelle l’époque bénie des séries “Peak TV”. Un concept fort From est une série à concept, et fort en plus de ça. La création de John Griffin repose sur l’idée d’enfermer de sombres inconnus dans un lieu mystérieux : une ville cauchemardesque que personne n’arrive à quitter. Cette sorte de purgatoire accueille aussi des créatures sanguinaires qui sortent de leur tanière la nuit pour attaquer quiconque se trouve à l’extérieur des maisons. L’arrivée de Jim, Tabitha et leurs enfants rompt cet équilibre fragile. Et si, pour la première fois depuis, dieu sait combien de temps, ils avaient enfin une chance de s’en sortir ? © Paramount+ Rien de nouveau sous le soleil, Under The Dome le faisait déjà au début des années 2010, Lost dix ans plus tôt. Alors pourquoi From sonne différent en 2026 ? Comment la série de John Griffin tire son épingle du jeu à une heure où des plateformes comme Netflix et Prime Video investissent bien plus d’argent et s’offrent des licences illustres ? Son postulat de base, simple a priori, lui permet de faire écho avec une actualité récente et… mondiale. Quand From débarque, le Covid est encore très frais dans les mémoires et le créateur John Griffin explore ce traumatisme collectif pour dérouler son intrigue sur l’enfermement. Au sortir d’une pandémie, qui a contraint l’humanité à repenser son rapport à l’isolement et l’enfermement, les aventures des habitants de Fromville ne sont pas que le fruit de l’imagination des scénaristes, elles sont les extrapolations de cas pratiques. Harold Perrineau, qui campe Boyd, explique que c’est ce lien avec l’actualité qui l’a convaincu : “Quand j’ai lu le premier épisode, nous étions durant la pandémie et nous devions tous gérer ce truc qui était en dehors de nos maisons et qui était hyper flippant. Ce qui était intéressant, c’est qu’on était tous dans des camps différents. Certains portaient religieusement le masque, d’autres ne voulaient pas faire ça. Ça me paraissait être très plausible parce qu’on avait deux idées de la survie que l’on retrouve aussi dans la série”. © Paramount+ Cette notion de communauté et de rapport à la survie est le cœur du récit. Il y a celles et ceux qui acceptent de se conformer aux règles strictes de Boyd et ceux qui s’y refusent. Certains ont fait la paix avec la fatalité de leur situation, tandis que d’autres se battent corps et âme pour trouver une échappatoire. Une réussite renforcée par le talent de la solide distribution. Perrineau en premier lieu mais aussi Scott McCord qui campe Victor ou encore David Alpay qui prête ses traits à l’exubérant Jade. Ce n’est d’ailleurs pas une coïncidence si la plupart d’entre eux ont fait leurs classes dans des productions du genre aux États-Unis. © Paramount+ Exploiter les contraintes Le parcours de From jusqu’à nos écrans n’a pas été de tout repos. En 2018, YouTube Red annonce le développement de la série en accord avec Midnight Radio et la société des frères Russo AGBO. La filiale de Google voulait se lancer dans la production de fictions pour justifier l’arrivée de son abonnement Premium. C’est de cette initiative qu’est née la série Cobra Kai, avant d’être abandonnée et sauvée par Netflix. From sera de son côté récupérée par Epix, chaîne du câble et filiale d’Amazon MGM. Et tout, dans sa construction et son esthétique, crie la production d’un autre temps. Le budget est limité, le nombre d’épisodes aussi ; et John Griffin tire parti de chacune de ses contraintes. Chaque centime est dépensé judicieusement. Le nombre limité de décors permet d’accentuer la notion d’enfermement, des maquillages permettent de faire éclore les créatures qui prennent vie la nuit. L’action est resserrée sur certains chapitres, tandis que d’autres se veulent plus introspectifs. © Paramount+ À une heure où l’industrie dépense sans compter, souvent très mal, From rappelle les bénéfices de la contrainte. Difficile de ne pas penser à Stranger Things qui avait aussi dû faire face à une enveloppe réduite pour sa première saison avant de rencontrer un succès tel que Netflix n’a plus regardé à la dépense… La dernière salve d’épisodes a atteint des sommets, pour un résultat particulièrement décevant. From, a priori, ne devrait pas s’écraser sous le poids de ses modestes ambitions. Point faible : trop fort ? Une série à l’ancienne qui utilise toutes les forces de ses prédécesseurs, en évitant les pièges dans lesquelles elles sont tombées ? From est sur la bonne voie pour s’imposer comme notre coup de cœur de ces dernières années. Pour confirmer cet engouement, il lui faudra néanmoins ne pas épuiser ses spectateurs. Ce “format à l’ancienne” se retrouve aussi dans la structure narrative. Mystère oblige, les scénaristes usent et abusent du cliffhanger pour faire monter la tension. L’attente entre deux épisodes est souvent insoutenable, le potentiel addictif de From est énorme. C’est parfois artificiel, souvent très bien exploité et l’ancrage émotionnel rattrape largement les impairs. Mais le plus dur reste à faire pour From qui, à l’aube de sa quatrième et avant-dernière saison, a abattu sa plus grosse carte. Le mystère est moins épais, la conclusion approche à grands pas, maintenant il faut s’assurer que tout ne s’écroule pas dans la dernière ligne droite. La saison trois accusait déjà une sévère chute de rythme, la narration labyrinthique devenait plus difficile à suivre et chaque réponse apportait de nouvelles questions. S'abonner à Journal du Geek On le sait maintenant, la saison 5 sera la dernière et les scénaristes ont donc une vingtaine d’épisodes pour le faire. On a vu les trois premiers épisodes et on peut déjà dire que From est sur la bonne voie. Parce que les personnages restent au cœur du procédé, parce que l’enfermement est toujours bien exploité. La série a corrigé certains défauts de la précédente salve, sait se renouveler dans les thématiques autant que les ressorts narratifs. Reste à savoir si From parviendra à répondre à ses mystères, ou si, comme tant d’autres avant elle, elle finira par s’y perdre. “Que sera, sera…” 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. Partagez 𝕏 0 commentaire Signaler une erreur NomPrénomNomAdresse de contact *L'erreur concerne *Une / des fautes d'orthographeUne formulation erronéeLe sens même de l'articleErreur à signaler à l'équipe du JDG *NameEnvoyer Fromhorreur Le film numéro 1 sur Netfix se fait démonter par la critique et le public (et c'est mérité) Les dernières actualités From est de retour : une série comme on en fait plus ? 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