● BFM Tech 📅 20/04/2026 à 13:56

Echec et succès pour Blue Origin: la fusée de Jeff Bezos a réussi à reposer son premier étage, mais a échoué à mettre en orbite le satellite qu'elle transportait

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Blue Origin, la société de Jeff Bezos, a lancé sa fusée géante New Glenn pour la troisième fois, à la fois un échec et une réussite - BFM TechPour son troisième vol, la fusée géante de la société de Jeff Bezos a raté la mise en orbite du satellite qu'elle transportait, mais a réussi à poser son lanceur sur une barge. Un point essentiel sur le moyen et long terme. Un demi-succès, ou un demi-échec.La course aux étoiles est parsemée d'échecs et de succès, et parfois les deux à la fois. Ainsi, hier, Blue Origin, société de Jeff Bezos et concurrent de Space X d'Elon Musk, a procédé au troisième lancement de sa fusée New Glenn.La mission NG-3 bénéficiait d'une fenêtre de tir de deux heures, et après une suspension du compte à rebours pour une raison technique non précisée, la fusée a pu décoller avec succès. La mission avait au moins deux objectifs. Le premier était de réussir la mise en orbite du satellite Bluebird 7, d'AST SpaceMobile. La charge de la fusée devait être déployée environ 75 minutes après le décollage et placée à une orbite de 460 km, cinq minutes après une deuxième mise à feu des moteurs de l'étage supérieur de la fusée.Un échec, qui pourrait peser lourdEnviron une heure après la séparation de la fusée et du satellite, Blue Origin annonçait sur X, ex-Twitter, que le déploiement avait fonctionné, que le satellite s'était bien activé, mais qu'il était placé sur "une orbite non nominale". Autrement dit, il n'était pas là où il aurait dû être. La société déclarait que la situation était en cours d'analyse.Presque sept heures après le lancement, AST SpaceMobile donnait plus d'information sur la situation dans un communiqué. Elle y indiquait ainsi que son satellite "BlueBird 7 a été placé sur une orbite plus basse que prévu par l’étage supérieur du lanceur. Bien que le satellite se soit séparé du lanceur et se soit mis sous tension, son altitude est trop faible pour permettre des opérations avec sa technologie de propulsion embarquée, et il sera désorbité."Ce qui signifie que le satellite sera amené à rentrer dans l'amosphère, ce qui le détruira. "Le coût du satellite devrait être couvert par la police d’assurance de l’entreprise", explique le client de Blue Origin.La veille de l'opération, sur X, AST SpaceMobile s'enthousiasmait: "Nous sommes enthousiastes pour le lancement de ce week-end. Une grande fusée et le plus gros satellite!". Bluebird 7 aurait été le huitième satellite d'AST SpaceMobile placé en orbite terrestre basse. Et quand AST SpaceMobile indique qu'il était "le plus gros", elle ne plaisante pas. Bluebird 7 pesait 6,1 tonnes et, une fois en place avec ses antennes déployées, il aurait couvert une surface de plus de 220 m2.Grâce à ses appareils et leurs antennes gigantesques, la société entend permettre des connexions cellulaires à large bande depuis l'espace et directement vers les smartphones classiques, grâce à une collaboration avec plus de 50 opérateurs mobiles à travers le monde.La perte de ce satellite retarde le déploiement de la constellation en cours, même si les satellites Bluebird 8 à 32 sont déjà en cours de production. Malgré ce contre-temps, l'entreprise prévoit toujours un lancement orbital tous les un à deux mois, en moyenne, au cours de l'année 2026. A terme, ce sont environ 45 satellites qui devraient être en orbite d'ici fin décembre.Récupération et réutilisation réussiesDu côté de Blue Origin, ce raté n'est toutefois pas un échec total. Il a en effet fait oublier que ce lancement marquait le tout premier réemploi d'un premier étage de New Glenn.D'ailleurs, le booster, baptisé "Never Tell Me The Odds" par Blue Origin (en référence à la célèbre phrase de Han Solo, traduite par "Tu sais, moi et les probabilités"), s'est posé avec succès sur la barge Jacklyn stationnée dans l'océant Atlantique, environ neuf minutes et demie après le décollage. Le booster avait déjà lancé la mission martienne Escapade de la Nasa en novembre dernier, avec NG-2.Sur NG-3, la réutilisation a été partielle, car les sept moteurs BE-4 étaient neufs. Les moteurs de la mission précédente seront réutilisés ultérieurement précisait Dave Limp, directeur général de Blue Origin sur les réseaux sociaux.La réutilisation d'éléments aussi stratégiques est la condition sine qua non pour maintenir une cadence de lancement élevée et satisfaire les clients de Blue Origin. C'est aussi un moyen de s'assurer de ne pas laisser trop de place à Space X, acteur dominant du secteur. D'où l'importance de ce succès à moyen terme malgré l'échec à court terme.Les plus lusINFO BFMTV. La lettre envoyée par Marine Le Pen et Jordan Bardella aux chefs d'entreprise "dans le cadre de la préparation des échéances électorales majeures de 2027"Pire tuerie aux États-Unis depuis 2024, suspect abattu... Ce que l'on sait de la mort par balles de huit enfants en Louisiane"Attaque politique" contre manque de modération et deepfakes pornographiques: ce que l'on sait de la convocation d'Elon Musk devant la justice françaiseNBA: Wembanyama régale pour son premier match de play-offs, les Spurs commencent bienGuerre au Moyen-Orient: un soldat israélien photographié en train de frapper une statue de Jésus-Christ dans le sud du Liban
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