● BFM Tech 📅 20/04/2026 à 10:49

Malgré les sanctions imposées à Anthropic par la Maison Blanche, la NSA utilise Mythos, le puissant modèle d'IA de la start-up pourrait ébranler durablement la cybersécurité mondiale

Intelligence Artificielle
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Alors que les agences et ministères du gouvernement américain ne sont plus censés utiliser les technologies d'Anthropic, la National Security Agency exploite Mythos, un des modèles les plus puissants de la start-up. Capable de détecter des failles dans des logiciels existant depuis des années, il a aussi mené à un rapprochement entre l'entreprise et la Maison Blanche après des semaines de tensions.Un outil tellement puissant qu'il pousse à braver les interdits? Depuis fin février, l'ensemble des ministères et agences du gouvernement américain ont pour ordre de ne plus utiliser les technologies d'Anthropic. Pour rappel, la start-up est qualifiée de "risque pour la sécurité nationale" depuis qu'elle a refusé de laisser l'armée américaine exploiter ses modèles d'IA sans restrictions.Mais la National Security Agency (NSA) a décidé d'ignorer cette interdiction pour utiliser Mythos, un des modèles les plus puissants de la jeune pousse, révèle le média Axios.Il "est capable de déceler des failles informatiques qui existent depuis des dizaines d'années dans des systèmes qui ont été testés par des experts humains et des automates et n'avaient jamais été découvertes avant", a affirmé le Français Guillaume Princen, directeur international des entreprises technologiques d'Anthropic, à l'AFP.Rapprochement entre Anthropic et la Maison BlancheSi on ignore comment la NSA se sert de Mythos, Axios précise que d'autres organisations ayant accès au modèle l'utilisent principalement pour rechercher des failles de sécurité exploitables dans leurs propres systèmes. Outre l'agence de sécurité nationale, Mythos serait utilisé à plus grande échelle au sein du ministère de la Défense, dont elle fait partie.IA en entreprise : Mythos sonne le réveil – 14/04 21:03Ces révélations interviennent alors que la Maison Blanche a entamé un rapprochement avec Anthropic après plusieurs semaines de tensions. Le 17 avril, elle a reçu son patron, Dario Amodei, qui s'est entretenu avec la directrice de cabinet de Donald Trump, Susie Wiles, et le ministre des Finances, Scott Bessent, selon plusieurs médias américains."Nous avons discuté d'opportunités de collaboration, ainsi que d'approches et protocoles communs pour répondre aux défis du déploiement de cette technologie", a indiqué à l'AFP un porte-parole de la Maison Blanche, ajoutant que d'autres acteurs majeurs de l'IA seront aussi reçus pour des discussions similaires.Un porte-parole d'Anthropic a de son côté qualifié de "productive" cette réunion au cours de laquelle les deux parties ont réfléchi à la manière dont elles pouvaient travailler ensemble. Cette rencontre "est le reflet de l'engagement d'Anthropic à communiquer avec le gouvernement américain sur le développement d'une IA responsable", a-t-il ajouté.Un outil puissant et dangereuxCe revirement de la Maison Blanche est lié à Mythos, qui a été dévoilé début avril. D'après le New York Times, plusieurs fonctionnaires estiment que l'accès à ce modèle est essentiel pour protéger les réseaux du gouvernement contre les cyberattaques. Et la Maison Blanche n'est pas la seule à voir le potentiel de cet outil.Pourquoi la nouvelle IA d’Anthropic sème-t-elle la panique aux États-Unis? 3:04Ses capacités en cybersécurité font craindre un basculement majeur pour les États et les entreprises. Il suscite des inquiétudes au sein du système bancaire américain, du gouvernement britannique ou encore de l'Union européenne qui s'est entretenue avec Anthropic pour obtenir davantage d'informations. La start-up elle-même reconnaît les risques que posent Mythos.Il "commence à dépasser la capacité des humains dans le monde du cyber", a déclaré Guillaume Princen à l'AFP.Face au danger que représente son modèle, l'entreprise a repoussé sa commercialisation, choisissant de le partager uniquement avec une poignée de géants technologiques américains, dont Nvidia, Amazon, J. P Morgan Chase ou Apple, et d'organisations pour sécuriser leurs infrastructures critiques. Elle estime en effet nécessaire de combler des milliers de failles informatiques identifiées par son outil avant de le lancer. Anthropic avait alors contacté le gouvernement américain pour lui faire part de cette démarche.Les plus lusINFO BFMTV. La lettre envoyée par Marine Le Pen et Jordan Bardella aux chefs d'entreprise "dans le cadre de la préparation des échéances électorales majeures de 2027"Pire tuerie aux États-Unis depuis 2024, suspect abattu... Ce que l'on sait de la mort par balles de huit enfants en Louisiane"Attaque politique" contre manque de modération et deepfakes pornographiques: ce que l'on sait de la convocation d'Elon Musk devant la justice françaiseNBA: Wembanyama régale pour son premier match de play-offs, les Spurs commencent bienGuerre au Moyen-Orient: un soldat israélien photographié en train de frapper une statue de Jésus-Christ dans le sud du Liban
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