● Courrier International
📅 20/04/2026 à 05:50
Guerre en Iran : incertitudes sur de nouveaux pourparlers entre Téhéran et Washington
Géopolitique
Des agents de nettoyage balayent une route tandis qu’un agent de sécurité monte la garde près de l’hôtel Serena, le 19 avril 2026 à Islamabad, où un second cycle de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran pourrait avoir lieu cette semaine (Photo par Aamir QURESHI / AFP). AAMIR QURESHI / AFP Alors que le fragile cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis arrive à expiration mardi soir, “l’avenir du Moyen-Orient, gravement déstabilisé depuis l’offensive israélo-américaine sur la République islamique fin février, semble encore bien incertain”, constate Le Soir. Non seulement la situation dans le détroit d’Ormuz restait dimanche aussi confuse qu’explosive, mais la perspective de nouvelles négociations entre les belligérants semblait elle aussi menacée, en dépit des déclarations de Donald Trump. Dimanche, le président américain a en effet écrit sur son réseau Truth Social que les “représentants de Washington se rendaient à Islamabad”, et qu’ils seraient sur place lundi soir “pour des négociations” avec l’Iran, rapporte le quotidien pakistanais Dawn. Dans le même message, il affirmait aussi offrir à l’Iran “un accord raisonnable” et qu’en cas de refus, “les États-Unis [allaient] détruire toutes les centrales électriques et tous les ponts en Iran” – une menace proférée à de multiples reprises ces dernières semaines. Trump « confiant » et « optimiste » Le locataire de la Maison-Blanche n’a pas précisé l’identité des représentants américains, mais selon les confidences d’un proche du président au magazine Time, “le vice-président J.D. Vance – qui avait dirigé le précédent cycle de pourparlers avec l’Iran – prévoyait de conduire une nouvelle fois la délégation américaine à Islamabad”. L’envoyé spécial Steve Witkoff ainsi que Jared Kushner – gendre de Donald Trump et ancien conseiller pour les négociations au Moyen-Orient – seraient également présents, a précisé ce responsable. Lors d’une brève conversation téléphonique avec Axios dimanche, Donald Trump a même exprimé son “optimisme” quant aux pourparlers. “Je suis confiant à ce sujet”, a-t-il déclaré. “Le principe de l’accord est bouclé. Je pense que nous avons de très bonnes chances de le finaliser”. À lire aussi : Pourparlers. À Islamabad, les États-Unis et l’Iran échouent à trouver un accord de paix Mais Téhéran se montre sensiblement moins enthousiaste et plusieurs médias d’État ont affirmé dimanche soir que l’Iran n’avait aucune intention de retourner à Islamabad pour discuter avec les Américains. Selon l’agence officielle Irna, citée par The Wall Street Journal, les “exigences excessives, les attentes irréalistes, les changements constants de position, les contradictions répétées et le blocus naval en cours” de Washington sont autant d’obstacles à de nouvelles discussions. Pour autant, le titre économique ne désespère pas de voir la délégation iranienne reprendre in extremis le chemin d’Islamabad, Téhéran ayant “déjà menacé à la dernière minute de ne pas prendre part aux négociations – avant de finalement y participer”. Le quotidien rappelle qu’“avant une session précédente organisée dans cette même ville, des responsables iraniens avaient affirmé que leur présence dépendrait de l’instauration d’un cessez-le-feu au Liban. Mais des représentants de haut rang s’étaient tout de même présentés, alors même qu’aucun accord n’avait été conclu”. Un cargo iranien saisi La condition posée par Téhéran, cette fois-ci, est la levée du blocus des ports iraniens par les forces américaines. Un dossier qui s’est encore envenimé dimanche avec la saisie par la marine américaine d’un cargo battant pavillon iranien dans le golfe d’Oman. Lundi matin, l’état-major iranien a affirmé que cette attaque contre un navire commercial iranien constituait une violation du cessez-le-feu et promis “des représailles”, selon The Guardian. “Nous avertissons que les forces armées de la République islamique d’Iran répondront et riposteront prochainement à cet acte de piraterie armée perpétré par l’armée américaine”, a déclaré le porte-parole de l’état-major. À lire aussi : Guerre en Iran. Téhéran menace de refermer le détroit d’Ormuz en cas de poursuite du blocus américain Pour Al-Jazeera, l’Iran craint surtout que les nouveaux pourparlers “n’aboutissent pas à l’accord qu’il espère obtenir”. Les autorités du pays redoutent en effet un accord “qui serait suivi de plusieurs mois de négociations, sans que les sanctions ne soient levées ni que les fonds gelés ne soient débloqués” – deux demandes récurrentes de Téhéran. Mais l’Iran craint aussi une “tromperie” des Américains. À Téhéran, on n’a pas oublié “ce qui s’était passé lors des deux précédents cycles de négociations, qui s’étaient soldés par un conflit israélien, puis israélo-américain”, souligne la chaîne qatarie. “Dans ce climat d’escalade (verbale) et d’incertitudes, la relance – si tant est qu’elle ait lieu – des négociations entre la République islamique et l’Oncle Sam” s’annonce “aussi fragile que le cessez-le-feu lui-même”, conclut Le Soir. Romain Raynaldy Moyen-Orient Tensions Iran-Israël Tensions Iran-États-Unis Pakistan États-Unis Réveil Iran Détroit d’Ormuz Politique J. D. Vance Asie Donald Trump Amériques Sur le même sujet Économie. 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