● Courrier International 📅 19/04/2026 à 18:01

L’uranium enrichi iranien, l’autre point de blocage entre Washington et Téhéran

Géopolitique
Illustration
Une image satellite de Kuh-e Kolang Gaz La (“la montagne de la Pioche”), situé près du site nucléaire de Natanz, au sud de Téhéran, en Iran, le 7 mars 2026. Kuh-e Kolang Gaz La VANTOR/NYT C’est l’un des points clés des négociations entre les États-Unis et l’Iran : “le sort de l’uranium enrichi, un matériau essentiel tant pour l’énergie nucléaire que les armes”, assure Ynet, déclinaison anglophone du journal israélien de droite libérale Yediot Aharonot. Un état de fait partagé par la BBC sur son fil d’actualité en continu. Le média public britannique prend soin de distinguer “l’enrichissement nucléaire” global de l’Iran et “l’uranium hautement enrichi toujours entreposé dans des tunnels sous les montagnes d’Ispahan [dans le centre du pays], où les États-Unis ont bombardé [en juin 2025]”. À lire aussi : Chronologie. Les grandes dates de la guerre en Iran : des premières frappes au cessez-le-feu Il est fort probable que la question de l’uranium soit abordée dans les moindres détails au Pakistan, où le président des États-Unis, Donald Trump, envoie une délégation américaine pour négocier avec l’Iran, lundi 20 avril. En parallèle à cette annonce, note le journal progressiste The New York Times sur son site, dimanche, “[Trump] a réitéré ses menaces de frapper les infrastructures civiles iraniennes en cas d’échec des pourparlers”. Reprise des pourparlers à Islamabad Le vice-président américain, J. D. Vance, de même que Steve Witkoff, l’envoyé spécial des États-Unis au Moyen-Orient, et Jared Kushner, le gendre de Trump, seront du voyage à Islamabad, confirme le New York Times. Witkoff et Kushner “avaient mené les négociations avant le déclenchement de la guerre avec l’Iran”, survenue le 28 février dernier, “et ils avaient rejoint […] J. D. Vance la semaine dernière au Pakistan pour une réunion marathon qui n’avait finalement pas permis de mettre un terme définitif au conflit”, alors qu’un fragile cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, rappelle le quotidien de la côte est américaine. À lire aussi : États-Unis. Donald Trump est-il définitivement fou ? Vendredi 17 avril, remet la version anglophone d’Al-Jazeera, chaîne de télévision qatarie, Donald Trump déclarait que “les États-Unis et l’Iran allaient conjointement extraire de l’uranium enfoui sous les décombres des sites nucléaires bombardés, puis le transférer aux États-Unis”, tout en affirmant que “l’Iran avait accepté de cesser l’enrichissement de l’uranium sur son sol”. Avant les frappes américaines en juin, l’Iran disposait, selon l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), d’environ 440 kilos d’uranium enrichi à 60 %. Selon diverses estimations, l’Iran dispose aussi d’environ 1 000 kilos d’uranium enrichi à 20 %. “Il a également déclaré que le détroit d’Ormuz avait été rouvert et qu’il ne serait plus jamais refermé” − une déclaration très vite contredite par les soubresauts survenus sur place le week-end des 18 et 19 avril −, détaille Al-Jazeera. Le président américain avait ajouté, ce même 17 avril, que “l’Iran ne récupérerait pas ses milliards de dollars d’avoirs gelés à l’étranger en raison des sanctions américaines, et que le cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban n’avait aucun lien avec l’Iran”. L’entremise de la Chine ? En retour, rapporte le média qatari, “plusieurs hauts responsables, actuels et anciens, ainsi que les médias officiels et les plus fervents partisans de la République islamique ont exprimé leur colère, leur frustration et leur confusion” face à cette série d’affirmations du leader américain. Dans cette partie de poker menteur diplomatique, la Chine, “principal partenaire commercial de l’Iran”, peut offrir une porte de sortie à Washington et Téhéran, souligne le magazine new-yorkais Newsweek. À lire aussi : Géopolitique. Face au blocus américain du détroit d’Ormuz, la Chine reste prudente Le média reprend une information obtenue par l’agence américaine Associated Press auprès d’un diplomate proche de Pékin et selon laquelle le géant asiatique est “disposé à prendre en charge ou à réduire le niveau d’enrichissement de l’uranium dans le cadre d’un éventuel accord visant à mettre fin à la guerre”. Reste à savoir si Pékin “finira par intervenir” sur ce sujet, “ou s’il utilise cette option comme un levier diplomatique”, avant le voyage de Donald Trump à Pékin les 14 et 15 mai, tempère Newsweek. Valentin Scholz Moyen-Orient Tensions Iran-États-Unis Iran J. D. Vance Amériques Sur le même sujet Moyen-Orient. Les bases américaines dans le Golfe sont-elles encore utiles ? Économie. La crise du détroit d’Ormuz va mettre à mal la liberté de navigation (pour longtemps) Géopolitique. Négociations Liban-Israël : pourquoi la France est-elle exclue du processus ? Géopolitique. Les opinions publiques arabes tentées par des sympathies pro-iraniennes Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée →
← Retour