● Frandroid
📅 19/04/2026 à 16:01
Le plein en 5 minutes pour 20 000 € : BYD vient de résoudre le plus gros défaut de l'électrique et on l'a vu en Chine
Géopolitique
👤 Nicolas Declunder
Avec sa batterie Blade 2.0, sa recharge en 5 minutes et un prix plancher de 20 000 euros en Chine, le BYD Song Ultra EV est le premier SUV de la série Dynasty à embarquer la technologie de recharge Flash. Nous sommes allés le découvrir en concession en Chine. Les Song Ultra EVs aux bornes Flash Charge de BYD en Chine. // Source : BYD Design extérieur Le BYD Song Ultra EV mesure 4 850 mm de long, 1 910 mm de large et 1 670 mm de haut, avec un empattement de 2 840 mm. Le Song Ultra EV reprend les codes stylistiques de la famille Song, en les affinant. L’avant est minimaliste, avec une calandre noire pleine et des phares intégrés reliés par un bandeau lumineux LED traversant sur toute la largeur, une tendance désormais incontournable en Chine. Le BYD Song Ultra EV // Source : BYD Le profil mise sur un toit flottant créé par le noircissement du montant D et une ligne de ceinture à trois sections qui structure les flancs. Les jantes 19 pouces à faible traînée contribuent à l’efficacité aérodynamique. À l’arrière, un bandeau lumineux traversant intègre un motif de nœud chinois, surmonté d’un aileron de toit intégré. Six couleurs extérieures sont proposées. L’ensemble est cohérent et moderne sans être révolutionnaire. Disons-le franchement : le Song Ultra EV ne va pas provoquer des arrêts dans la rue comme pourrait le faire un Zeekr 7GT ou un Xiaomi SU7, mais il offre un dessin propre, bien proportionné, qui devrait vieillir correctement. Pour un SUV familial positionné à ce prix, c’est exactement ce qu’il faut. En option, le pack DiPilot 300 ajoute un LiDAR et 27 capteurs pour la conduite assistée en ville et sur autoroute Habitacle : un bond en avant pour la gamme Song En prenant place à bord, la première impression est positive. L’habitacle du Song Ultra EV est nettement plus soigné que ce que proposait le Song L DM-i, avec des surfaces soft-touch sur les zones de contact fréquent, un sélecteur de vitesse monté sur la colonne (qui libère la console) et un éclairage d’ambiance 3D plutôt réussi. BYD a clairement voulu monter en gamme. Le trio d’écrans est le cœur du poste de conduite : l’écran central rotatif de 15,6 pouces (qui bascule entre mode portrait et paysage, marque de fabrique de BYD), le combiné d’instrumentation de 10,25 pouces derrière le volant, et surtout un affichage tête haute de 26 pouces qui projette les informations directement dans le champ de vision. BYD a ajouté une fonction d’affichage de la recharge sur le tableau de bord, avec une animation dédiée montrant le flux d’énergie en temps réel lors de la charge Flash ,un détail qui plaira aux tech-lovers et qui rappelle visuellement à quel point cette voiture est pensée autour de sa recharge ultrarapide. Le système tourne sous BYD UI 7.0 et supporte une interaction vocale à quatre zones, permettant à chaque passager de passer des commandes indépendamment. Je note également que le système est déjà disponible en Français. Les sièges avant méritent une mention particulière : ventilés, chauffants et dotés d’un massage 10 points, avec un réglage électrique à 8 voies pour le conducteur. Le passager avant bénéficie en plus d’un repose-jambes. BYD propose aussi un « mode lit » où les sièges avant et arrière se rabattent pour former une surface continue d’environ 1,80 mètre, idéal pour les siestes lors des longs trajets ou le camping. L’espace aux jambes arrière est annoncé à 986 mm, ce qui est très généreux pour le segment. Un réfrigérateur intégré avec une plage de température de -6°C à 50°C complète l’équipement. Coffre et frunk Côté volume de chargement, le Song Ultra EV fait un sans-faute sur le papier : 730 litres de coffre arrière, extensible à 1 659 litres avec les sièges rabattus, et un frunk de 150 litres à l’avant. Pour comparaison, le Tesla Model Y propose 822 litres de coffre et 116 litres de frunk. Le Xpeng G6, l’un de ses concurrents directs, tourne autour de 571 litres de coffre. Nouvelle Berline XPENG P7+ 100% électrique Découvrez la berline intelligente sans compromis : IA de pointe avec Puce AI Turing 750 TOPS, Architecture 800V, charge 10-80% en 12 min et confort VIP de série. Testez-la et laissez-vous surprendre Sponsorisé Réserver mon essai Lors de notre visite, j’ai pu constater que le frunk s’ouvre en tapant sur le capot, un geste sympa et pratique, adopté par de plus en plus de constructeurs chinois. Cependant, l’ouverture et la fermeture ne sont pas entièrement électriques : il faut soulever et rabattre manuellement le capot. C’est un détail, mais quand on voit ce que propose par exemple le Xiaomi SU7 avec son frunk entièrement motorisé (ouverture et fermeture électriques), on se dit que BYD aurait pu pousser le curseur un peu plus loin sur un véhicule qui embarque pourtant une technologie de recharge révolutionnaire. Châssis, sécurité et aides à la conduite Il est propulsé par un unique moteur arrière développant selon les versions 240 kW ou 270 kW (362 ch) pour 305 Nm de couple et une vitesse maximale de 210 km/h. La batterie est la nouvelle Short Blade Battery 2.0 de BYD, déclinée en 68,4 kWh (620 km CLTC) ou 82,7 kWh (710 km CLTC). La recharge Flash permet de passer de 10 à 70 % en 5 minutes et de 10 à 97 % en 9 minutes, et même à -30°C, le temps n’augmente que de 3 minutes environ. Le châssis intègre le système DiSus-C d’amortissement intelligent. Quatre variantes sont proposées, de 151 900 à 179 900 yuans (environ 19 500 à 23 100 €). Le Song Ultra EV est équipé de série du système DiSus-C d’amortissement intelligent, avec une architecture de suspension classique mais efficace : McPherson à l’avant, multibras à l’arrière. Selon les premiers retours d’acheteurs chinois relayés par Electrek, la qualité du châssis et du confort de roulement est « meilleure que prévu », un bon signe pour un véhicule de ce prix, même si nous devrons évidemment le vérifier lors d’un essai dynamique. La sécurité embarque sept airbags dont un airbag central avant, ainsi qu’un système de stabilisation en cas d’éclatement de pneu capable de maintenir le contrôle du véhicule jusqu’à 140 km/h, une technologie que BYD met en avant et qui apporte une vraie tranquillité d’esprit. La technologie Flash Charging Le Song Ultra EV propose deux capacités : 68,4 kWh pour l’entrée de gamme et 82,7 kWh pour les versions longue autonomie. C’est exactement la Short Blade 2.0 qui équipe le Song Ultra EV. Elle repose toujours sur une chimie LFP (lithium-fer-phosphate), donc sans cobalt, moins chère et plus stable, mais adopte un format « lame courte » optimisé spécifiquement pour la puissance de charge et de décharge. C’est le pendant technique de la Long Blade 2.0 que l’on retrouve sur la limousine de luxe Yangwang U7 (avec ses 150 kWh et plus de 1 000 km d’autonomie), qui elle privilégie la densité énergétique pure. BYD a dévoilé le 5 mars dernier le chargeur le plus puissant du monde en production de série : une borne capable de délivrer jusqu’à 1 500 kW par pistolet, soit une augmentation de 50 % par rapport à la première génération lancée en mars 2025. Techniquement, les bornes délivrent jusqu’à 1 500 kW par point de charge, avec un courant de 1 500 A et une tension de 1 000 V. Chaque borne est équipée de deux pistolets de charge et d’un système de stockage d’énergie à décharge ultra-rapide, ce qui lui permet de maintenir la vitesse Flash même lorsque deux véhicules chargent simultanément. Pour les véhicules équipés de la batterie Blade 2.0, les chiffres sont vertigineux : de 10 à 70 % en 5 minutes, de 10 à 97 % en 9 minutes. Même à -30°C, le temps de charge n’augmenterait que de 3 minutes environ. Pour mettre cela en perspective, un Superchargeur Tesla V4 plafonne à 250 kW (bientôt 500 kW en 800 volts), et la plupart des bornes rapides en Europe délivrent entre 150 et 350 kW, plus rarement 600 kW. On parle ici de puissances quatre à six fois supérieures. C’est un changement de paradigme : recharger un véhicule électrique devient presque aussi rapide que faire le plein d’essence. L’architecture de la station diffère de tout ce qu’on connaît en Europe. Côté design matériel, BYD a innové avec un pylône en T sur rail coulissant, où les pistolets et câbles restent suspendus, évitant tout emmêlement au sol. Le pistolet dit « à gravité zéro » se manipule d’une seule main, et le rail permet de le déplacer latéralement pour s’adapter aux positions de prise de charge différentes. Lors de notre visite en concession, nous avons pu voir l’installation en cours d’une de ces bornes, et il faut reconnaître que l’objet en lui-même est impressionnant, avec une esthétique industrielle soignée qui tranche avec les bornes classiques. Au 5 mars, 4 239 stations étaient déjà opérationnelles, chiffre passé à 5 000 stations dans 297 villes un mois plus tard. Sur ces 20 000, 18 000 seront des stations commerciales en partenariat avec des opérateurs locaux (ne nécessitant ni capacité réseau supplémentaire ni terrain dédié), et 2 000 seront des stations autoroutières déployées en moyenne tous les 100 kilomètres. Détail important : les stations Flash sont ouvertes à tous les véhicules électriques, pas seulement les BYD, même si la puissance délivrée aux véhicules d’autres marques sera logiquement bien inférieure. BYD offre également un an de recharge Flash gratuite à tous les acheteurs de véhicules équipés de la Blade 2.0, et les pré-commandeurs du Song Ultra EV ont bénéficié de 18 mois gratuits. Prix, concurrence et disponibilité La grille tarifaire officielle du Song Ultra EV démarre à 151 900 yuans (environ 19 500 €) pour la version 605 km Leading, puis 159 900 yuans (~20 600 €) pour la 605 km Transcend, 169 900 yuans (~21 800 €) pour la 710 km Transcend et enfin 179 900 yuans (~23 100 €) pour la 710 km Excellence. Le Tesla Model Y, référence absolue du segment, démarre en Chine à 263 500 yuans (environ 34 900 euros). Certes, le Model Y garde l’avantage sur le volume de coffre (822 L contre 730 L) et l’empattement (2 890 mm contre 2 840 mm), et son réseau de Superchargeurs est plus mature. Mais le Song Ultra répond avec une charge trois fois plus rapide, un prix bien inférieur, la possibilité d’avoir un LiDAR, et un amortissement adaptatif de série. Le Xpeng G6 reste le rival technologique le plus crédible, avec sa plateforme 800V et ses capacités de conduite autonome avancées. Mais il est plus cher (environ 27 800 euros en Chine). En termes de gabarit, si le Song Ultra est plus long que le Model Y de 99 mm, mais avec un empattement légèrement plus court (-50 mm), il est également plus large que le Volkswagen ID.4 (+58 mm) et surclasse totalement le Renault Scénic en longueur (+38 cm). Et pour l’Europe ? C’est la question qui brûle les lèvres : verra-t-on le Song Ultra EV sur nos routes ? Pour l’instant, BYD n’a rien confirmé officiellement. Mais les signaux s’accumulent. Le constructeur vise 1,3 million de ventes à l’international en 2026, contre 1,05 million l’année précédente. Son usine hongroise commence à sortir ses premières voitures de série. Or, les véhicules produits en Hongrie seront exemptés de la surtaxe douanière européenne qui frappe les importations chinoises, et pourraient même être éligibles au bonus écologique en France. Si l’on se livre à l’exercice de l’estimation tarifaire, en ajoutant le transport, l’homologation, la TVA à 20 % et la marge du distributeur, le Song Ultra EV pourrait débarquer chez nous entre 32 000 et 38 000 euros. Cela le placerait frontalement face au Tesla Model Y (qui démarre à 42 990 euros) et au Volkswagen ID.4 (environ 42 000 euros). Même avec la surtaxe actuelle de 17 % sur les modèles importés, la proposition de valeur resterait redoutable. Pour aller plus loin J’ai testé la recharge en 5 minutes de la Denza Z9GT de BYD en France : mission accomplie, mais avec quelques contraintes Le lancement de la marque premium Denza en Europe dès le mois d’avril s’accompagnera de l’installation des premières stations Flash Charging sur le vieux continent. L’infrastructure se met donc en place. On a d’ailleurs pu tester la recharge rapide de la Denza Z9GT en France, nos impression à retrouver dans le papier dédié. Notre avis : BYD change les règles du jeu Le géant chinois, qui ne cesse de repousser les limites de ce qu’on pensait possible sur un véhicule électrique accessible frappe encore fort avec le lancement du Song Ultra EV. Premier SUV 100 % électrique de segment B dans la gamme Dynasty, il est surtout le premier véhicule à être équipé de série de la toute nouvelle batterie Blade 2.0 et de la technologie de recharge Flash à 1 500 kW. Si le Song Ultra EV n’était malheureusement pas encore disponible pour un essai routier, nous avons pu explorer l’habitacle en détail et observer l’installation en cours de la station Flash Charger juste devant le showroom. Que retenir du BYD Song Ultra EV ? D’abord et avant tout que la recharge Flash est le vrai sujet ici. Ce qui permet à BYD d’annoncer que la recharge de sa voiture électrique est aussi rapide qu’un plein d’essence. C’est un moment charnière pour l’industrie. Le principal frein à l’adoption de la voiture électrique, le temps de recharge, vient tout simplement d’être pulvérisé par BYD. Pas en laboratoire, pas sur un concept car, mais sur un véhicule de série vendu à 25 000 euros avec un réseau de bornes déjà en déploiement massif (5 000 stations et 20 000 visées fin 2026). En Europe, BYD prévoit 3 000 stations de recharge aussi rapide en 2026.
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