● Courrier International 📅 18/04/2026 à 05:00

À Odessa, “tant qu’on a l’air chic, on n’a pas peur”

Géopolitique
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Anna Rozen, debout devant un bâtiment endommagé, en manteau clair et foulard rayé, les mains gantées tenant son sac à main. PHOTOS OLGA ENGIBAROVA/THE NEW YORK TIMES The New York Times Traduit de l’anglais Réservé aux abonnés Lecture 3 min. Publié le 18 avril 2026 à 05h00 À Odessa, dans le sud de l’Ukraine, malgré les sirènes, les coupures de courant et l’épuisement de la guerre, des habitants âgés continuent de s’habiller avec panache pour “mettre la vie au défi”. Dans ce texte publié par “The New York Times”, l’autrice Alyona Synenko voit dans cette élégance obstinée une manière de ne pas laisser la guerre tout emporter et de préserver, malgré tout, l’espoir d’“un monde meilleur”. À 74 ans, Anatoliy Padouka ne sort presque plus de chez lui, à Odessa, dans le sud de l’Ukraine, sauf pour promener son petit chien dans le quartier, où s’alignent de grands immeubles d’habitation des années 1960 qui encadrent des épiceries. Quand il passe, les gens le suivent souvent du regard. Ses chapeaux fantaisie et ses écharpes à motifs se remarquent dans ce décor de grisaille désespérante et de morne lassitude caractéristique de notre ville – alors qu’en fond retentit le lamento familier des sirènes d’alerte. “Parfois, je me dis qu’il faut deux cœurs pour survivre à ça, parce qu’il y aurait de quoi faire exploser le cœur d’un homme”, m’explique-t-il en évoquant le coût émotionnel de ces quatre années de guerre. Les membres de la génération de Padouka sont nés au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, et ils vivent le crépuscule de leurs jours au beau milieu du plus grand conflit qu’ait connu l’Europe depuis cette époque. À l’idée qu’il suffit d’une seule vie humaine pour oublier une catastrophe et se précipiter aveuglément dans la suivante, mes espoirs d’un avenir meilleur se dissipent. Sur leur trente-et-un Et là, je vois Padouka et bien d’autres gens de son âge qui se mettent sur leur trente-et-un face à cette horreur, ils affichent leur volonté de continuer en dépit Offres spéciales Pour lire la suite de cet article, abonnez-vous Accédez à l’intégralité de nos contenus sur le site et l’application en vous abonnant à l’offre spéciale. Dès 2,99 €/mois Sans engagement • Résiliable en ligne Je m'abonne S'abonner avec -30% la 1re année Déjà abonné ? Se connecter Offres spéciales Profitez d’un accès illimité (-57%) 2,99 € par mois au lieu de 6,99 €, résiliable à tout moment J’en profite Alyona Synenko Lire l’article original Mode Europe Source de l’article The New York Times (New York) Avec 1 700 journalistes, une trentaine de bureaux à l’étranger, plus de 130 prix Pulitzer et plus de 12 millions d’abonnés au total à la fin de l’année 2025, The New York Times est le quotidien de référence aux États-Unis, dans lequel on peut lire “all the news that’s fit to print” (“toute l’information digne d’être publiée”).Dans son édition dominicale, on trouve notamment The New York Times Book Review, un supplément livres qui fait autorité, et l’inégalé New York Times Magazine. La famille Ochs-Sulzberger, qui, en 1896, a pris la direction de ce journal créé en 1851, est toujours à la tête du quotidien de centre gauche.Quant à l’édition web, qui revendique à elle seule plus de 10 millions d’abonnés à la fin de 2024, elle propose tout ce que l’on peut attendre d’un service en ligne, avec en plus des dizaines de rubriques spécifiques. Les archives regroupent des articles parus depuis 1851, consultables en ligne à partir de 1981. Lire la suite Sur le même sujet Reportage. À Odessa, l’Ukraine a déjà gagné la guerre Corruption. Ces missiles et Kalachnikov détournés que les soldats ukrainiens ne reçoivent jamais À la une du magazine. Ukraine : vivre avec la guerre Récit. En Ukraine, la mobilisation broie aussi les hommes loin du front
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