● Silicon.fr Télécom 📅 17/04/2026 à 11:28

Rachat de SFR : le consortium propose 20 milliards

👤 Philippe Leroy
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Six mois après avoir formulé une offre à 17 milliards €, immédiatement rejetée par Patrick Drahi, le consortium Bouygues Telecom, Free-Groupe iliad et Orange reviennent à la charge avec une rallonge pour la rachat de SFR. Acceptée par son propriétaire, leur proposition s’affiche désormais à 20,35 milliards. C’est le seul changement notable de leur nouvelle proposition. Selon leur communiqué, la répartition du prix et de la valeur serait de l’ordre de 42 % pour Bouygues Telecom, 31 % pour Free-Groupe iliad et 27 % pour Orange. Lire aussi : RGPD : la Cnil inflige une amende de 42 millions € à Free et Free Mobile Le périmètre visé couvre la majeure partie des actifs d’Altice France, dont SFR, mais exclut plusieurs entités : les participations dans ACS/Intelcia, XP Fibre, UltraEdge et Altice Technical Services, ainsi que les activités du groupe dans les départements et régions d’outre-mer. Les activités B2B pour Bouygues Telecom Bouygues Telecom s’offrirait la part du lion en récupérant l’intégralité de l’activité et de la clientèle B2B (le segment entreprises) ainsi que le réseau mobile de SFR en zone non dense, un actif stratégique pour la couverture du territoire. La clientèle grand public (B2C) serait partagée entre les trois opérateurs, tout comme les infrastructures et les précieuses fréquences radioélectriques. Dans un marché qu’ils qualifient eux-mêmes de « mature », les trois groupes font valoir que cette consolidation permettrait de renforcer les investissements dans la résilience des réseaux très haut débit, la cybersécurité, ainsi que dans les nouvelles technologies, au premier rang desquelles l’intelligence artificielle. Ils invoquent également la nécessité de « consolider la maîtrise d’infrastructures stratégiques pour le pays ». Un argument qui résonne particulièrement dans le contexte actuel de souveraineté numérique. L’opération soumise aux autorités de la concurrence Sur le plan social, le consortium se veut rassurant, évoquant une opération « socialement responsable » destinée à « pérenniser et renforcer l’ensemble du secteur ». La transaction sera soumise à la consultation préalable des instances représentatives du personnel avant toute chose. Pour autant, le chemin vers la réalisation de l'opération s'annonce semé d'embûches. Le dossier devra obtenir les autorisations réglementaires requises, notamment au titre du contrôle des concentrations. L'Autorité de la concurrence, et potentiellement la Commission européenne selon les seuils atteints, scruteront à la loupe les effets d'une telle consolidation sur un marché qui passerait de quatre à trois opérateurs nationaux d'infrastructure. Le communiqué commun prend soin de le rappeler en conclusion : « Il n'y a aucune certitude à ce stade que cette opération soit réalisée. » Une précaution rhétorique de rigueur, mais qui dit aussi toute la complexité du dossier. Altice France, maison mère de SFR, a accordé une période d'exclusivité jusqu'au 15 mai pour finaliser la transaction. Image : © DR
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