● Siècle Digital 📅 17/04/2026 à 10:47

Chez Snap, l'IA sert désormais aussi à justifier 1000 suppressions de postes

Cybersécurité 👤 Jennifer Larcher
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Réseaux Sociaux Chez Snap, l’IA sert désormais aussi à justifier 1000 suppressions de postes Evan Spiegel a choisi l'IA pour expliquer mille suppressions de postes. Par Jennifer Larcher Publié le 17 avril 2026 à 10h47 Irenic Capital Management avait tiré la sonnette d’alarme dès le mois dernier. Le fonds activiste, qui pèse 2,5% du capital de Snap, réclamait des actes et non des promesses. Une plateforme qui fédère des centaines de millions d’utilisateurs tous les mois n’a aucune raison valable d’afficher des pertes après quinze ans d’activité. Mercredi, Evan Spiegel a répondu. 1000 licenciements, 16% des équipes mondiales rayées d’un trait et plus de 300 postes ouverts définitivement fermés. Dans son message aux équipes, Spiegel a donné le ton avec un argument désormais rodé dans toute la Silicon Valley. L’IA permettrait de réduire les tâches décrites comme répétitives et d’accroître la vitesse d’exécution. De petites équipes armées d’outils automatisés auraient déjà montré la voie sur Snapchat+, la plateforme publicitaire ou l’optimisation de l’infrastructure interne. Le message sous-jacent est clair, demain, moins de personnes feront le même travail. L’IA comme une justification ou comme un accélérateur&nbsp? Snap n’est pas seul dans ce cas, car Microsoft, Amazon, Oracle et Block ont tous procédé à des réductions d’effectifs en brandissant le même argument ces derniers mois. Marc Andreessen, parmi d’autres voix du capital-risque, commence à nommer ouvertement le phénomène. Il s’agit de l’AI-washing, l’art d’habiller une compression de coûts en transformation technologique. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Pourtant, Snap a dégagé 5,93 milliards de dollars de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 11% sur un an. La publicité tient, mais la croissance des utilisateurs sur ses marchés stratégiques est problématique. Les économies générées par ces suppressions de postes (plus de 500 millions de dollars annualisés attendus d’ici le second semestre 2026) serviront en partie à financer autre chose. Le pari des lunettes AR, l’autre jambe du plan Il s’agit des lunettes de réalité augmentée. En janvier, Snap a monté une filiale dédiée, Specs Inc., pour isoler ce projet du reste de l’entreprise. Cette précaution ressemble à une couverture préventive en cas d’échec. Le lancement est prévu cette année, avant Meta qui pousse ses propres lunettes IA en 2027. Snap arrive avec des caractéristiques techniques déjà inférieures à ce que Meta propose aujourd’hui, sur un marché qui n’a pas encore prouvé sa maturité commerciale. Snap compresse ses équipes au nom de l’efficacité pour financer un hardware coûteux sur un marché incertain, face à des concurrents aux ressources incomparablement plus larges. Malheureusement, entre l’intelligence artificielle et les budgets qui ne sont pas toujours réjouissants, certaines plateformes ne vont pas si bien que cela. Snapchat
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