● Presse-Citron 📅 17/04/2026 à 09:32

Même la BBC n’échappe plus à la crise des médias : jusqu’à 2 000 postes vont être supprimés

Cybersécurité 👤 Camille Coirault
Illustration
© appshunter.io / Unsplash 0 Certaines institutions paraissent presque trop grosses pour tomber ou souffrir des aléas économiques. La BBC (British Broadcasting Corporation), est de celles-là ; fondée en 1922 pour « informer, éduquer et divertir », c’est le plus ancien radiodiffuseur national au monde. C’est avec elle qu’est né le concept de « service public », c’est elle qui a codifié l’impartialité médiatique ; c’est elle aussi qui a inventé le reportage de guerre moderne ou lancé le premier service de télévision en haute-définition en 1936. Aujourd’hui, c’est le vaisseau amiral du soft power britannique, gérant quinze chaînes nationales et régionales, dix stations de radio, et le BBC World Service, qui est certainement l’outil d’influence le plus puissant jamais créé par une nation, qui touche des centaines de millions de personnes par semaine. En 2007, elle a lancé iPlayer, sa propre plateforme de streaming, qui, selon Reed Hastings (le fondateur de Netflix), est le service qui a « ouvert la voie » au succès actuel du SVOD. La BBC est certainement l’un des empires médiatiques les plus puissants du monde, financée par une redevance annuelle de 180 livres par foyer (environ 206 euros), qui semblait à l’abri des turbulences qui secouent le reste du secteur. Mais elle entre en 2026 dans l’une de ses périodes les plus critiques : son rayonnement s’essouffle et elle doit affronter l’une de ses plus grandes crises financières et identitaires. Pour survivre, elle sera obligée de supprimer jusqu’à 2 000 postes afin d’économiser 500 millions de livres (environ 573,73 millions d’euros), soit 10 % de son budget annuel, d’ici deux ans. Depuis 15 ans, les vagues de départs s’étaient succédé, mais celle-ci s’annonce comme la plus dévastatrice de son histoire. La tempête du siècle En novembre 2025, la BBC avait été secouée de forts remous internes, dont deux départs qui ne l’ont pas laissé indemne. Tim Davie, directeur général, et Deborah Turness, responsable de l’information, avaient tous deux démissionné après qu’un épisode du magazine Panorama eut présenté un montage trompeur d’un discours de Donald Trump prononcé le 6 janvier 2021. Le documentaire suggérait, par un montage malheureux et biaisé que Trump avait explicitement appelé ses partisans à l’assaut du Capitole. La BBC a dû présenter ses excuses au locataire de la Maison-Blanche et retirer le documentaire des plateformes. Trump, lui, a décidé en décembre 2025 de porter l’affaire devant un tribunal de Floride en réclamant 10 milliards de dollars pour diffamation. Après le scandale, c’est Matt Brittin, ancien dirigeant de Google ayant passé dix-huit ans dans l’entreprise, qui a été nommé à la place de Davie en mars 2026. La BBC aurait pu chercher un grand nom du journalisme international ou un patron de presse aguerri, mais non : elle a choisi un techbro, pur produit de la Silicon Valley qui n’a jamais eu le pied dans le monde médiatique. Il a passé sa carrière chez Google à vendre de la publicité ciblée, contribuant à faire de l’entreprise le premier intermédiaire entre le public et l’information ; rôle que la BBC occupait, elle, depuis près d’un siècle. Sur le fond, la crise est structurelle et paraît presque sans solution : la BBC survivait grâce à la redevance, une taxe pensée pour l’ère de la télévision hertzienne. Mais les Britanniques la désertent, en particulier les jeunes générations qui préfèrent s’informer sur YouTube ou TikTok. Le gouvernement travailliste a bien promis un financement « durable et équitable » pour amortir la chute, sans préciser lequel, mais sans exclure non plus de supprimer la redevance. Les concurrents commerciaux de la BBC, qui réclament sa disparition depuis des années, poussent dans ce sens auprès des parlementaires. Personne ne sait encore comment sauver la BBC et le temps presse : la Charte Royale qui définit ses obligations et son financement doit être renégociée d’ici 2027. C’est dans ce délai que le gouvernement devra trancher entre garder cette redevance de plus en plus contestée, la réformer peut-être ou encore l’abolir. Un choix qui décidera de la souveraineté culturelle et médiatique du pays face à l’hégémonie américaine. L’analyse de Presse-citron la BBC n’est pas un cas isolé : elle est le révélateur le plus visible d’une crise qui frappe tous les médias publics occidentaux. France Télévisions, RAI, ARD, ou ZDF sont autant d’institutions financées par prélèvement obligatoire qui se prennent le même mur de pleine face. Un modèle de financement obsolète, qui n’est plus adapté à l’ère du smartphone où le flux continu des réseaux sociaux a déjà remplacé la grand-messe du 20 heures. Comme les autres, elle a essayé de jouer sur tous les tableaux à la fois pour survivre, et c’est exactement le piège dans lequel sont tombés avant elle les journaux papier dans les années 2000 et les chaînes câblées dans les années 2010 : vouloir exister partout à la fois, sans en avoir les ressources. Ce qui distingue son cas des autres, c’est que la BBC est autant un empire médiatique qu’une infrastructure diplomatique à elle seule ; aucune autre chaîne européenne ne possède une force de frappe si puissante. La BBC prévoit de supprimer jusqu’à 2 000 postes pour économiser 500 millions de livres, soit 10 % de son budget annuel. Cette restructuration intervient alors que la BBC fait face à une crise financière et identitaire sans précédent, exacerbée par la démission de son directeur général après un scandale. Le futur de la redevance qui finance la BBC est incertain, avec des pressions croissantes pour sa réforme ou abolition d’ici 2027. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : BBCcriseMédias [ Source ] Sur le même sujet « 2 € par mois » : cet abonnement donne accès à la musique et à la presse en illimité, Spotify est jaloux Washington Post : après la saignée, le patron s’en va (remplacé par un profil atypique) Une page du Washington Post se déchire : le journal perd des centaines de journalistes et ferme les yeux sur l’actualité Liquidation : le magazine 60 Millions de consommateurs fait de la résistance Les dernières actualités Même la BBC n’échappe plus à la crise des médias : jusqu’à 2 000 postes vont être supprimés Rachat de SFR : la nouvelle offre de Free, Orange et Bouygues validée, la vente finale se précise à 20,3 milliards d’euros Les deepfakes sexuels deviennent incontrôlables : 1,2 million de victimes, 1 enfant sur 25, les chiffres sont terrifiants Xpeng P7+ : la berline qui recharge en 12 minutes et humilie la concurrence à moins de 46 000 € Pokémon : attention, les cartes à collectionner sont désormais imposables à 36,2 % en France Alerte rouge chez Apple : Siri est à la ramasse, mais un nouveau plan choc va tout changer À ce prix, l’AMD Ryzen 7 9800X3D est une évidence pour les gamers, pros et créatifs Arrêtez de vous gaver de vitamine D : c’est inutile, voire dangereux dans certains cas
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