● Les Numériques Télécom 📅 16/04/2026 à 12:00

Test Suunto Wing 2 : un ultrasportif parmi les ultrasportifs

Géopolitique 👤 Guillaume Fourcadier
Illustration
8 Commenter Présentation Casque à conduction osseuse fonctionnant en Bluetooth, le Wing 2 est en apparence tout à fait banal. Il n’accueille pas d’architecture audio atypique comme le Shokz OpenRun Pro 2, ni n’intègre un lecteur comme l’OpenSwim Pro. De même, il est un peu plus imposant et plus lourd que la moyenne.C’est donc sur le reste que l’appareil s’écarte du chemin tout tracé de la conduction osseuse. Le constructeur exploite son savoir-faire acquis dans les montres et accessoires sportifs, afin de proposer un empilement de fonctions, tout en livrant sa création avec une base externe jouant le rôle de batterie.Prix et disponibilitéLe Suunto Wing 2 est disponible depuis septembre 2025, au tarif officiel de 169 euros. Il existe en deux coloris : rouge corail, et noir (version testée).Conditions de testNous avons testé ce casque sous la version 1.0.2.0 du micrologiciel, avec l’application smartphone Suunto en version 6.8.9. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité ConstructionRustique mais efficace Clairement pas aussi élégant que les Shokz de même tarif, car composé d’éléments plus imposants, moins arrondis, le Suunto Wing 2 assume son côté plus agressif, plus baroudeur. Il est ainsi un peu plus lourd que ses concurrents (35,5 g), mais cet excès n’est pas dramatique.Côté finition, la création de Suunto se place légèrement derrière les produits haut de gamme Shokz. Le casque est un peu plus rustique, bien que sans réel défaut. Les éléments en silicone sont nombreux, la liaison entre ce même silicone et le plastique dur est impeccable, nous n’avons pas de réel reproche à adresser au casque.La certification IP66 est quant à elle au-dessus des IP55 des OpenMove et OpenRun Pro 2, suffisante pour résister aux jets d’eau (facile à nettoyer donc). Dommage de ne pas voir pousser l’exercice jusqu’aux sacro-saints IP67 et IP68, qui lui auraient assuré une protection totale contre les immersions.Pas inutile mais pas indispensable, la housse de protection livrée dans le packaging est un modèle souple avec revêtement velours. Cet accessoire est suffisant pour amortir les petits chocs et éviter les poussières, mais il permet surtout de ranger la base de recharge. ConfortPas le meilleur, mais sans gros reproches Le poids du Suunto Wing 2, notablement plus élevé que la moyenne, nous faisait craindre le pire. En pratique, la forme assez bien étudiée du produit, ainsi que la surcouche de silicone, réduisent largement cette problématique.Le casque n’est pas aussi agréable à porter que les OpenSwim Pro et OpenRun Pro 2, du moins sur les longues sessions, mais il ne génère pas suffisamment de pression sur l’oreille pour devenir vraiment désagréable. Pour ce qui est de la fermeté du port, il ne se déplace pas lors des séances de sport, mais peut légèrement vibrer, notamment lors des contrôles via les mouvements de tête. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Expérience utilisateurDe gros trucs en plus ContrôlesSuunto ne réinvente pas la roue, et applique la même formule que Shokz : un bouton multifonction sur l’écouteur gauche ; deux boutons de volume à droite, dont un également chargé de l’allumage/extinction/appairage (appui long). Cette disposition assez simple doit toutefois composer avec de nombreux réglages possibles, si bien que Suunto multiplie les combinaisons de touches pour arriver à ses fins. Changer de mode sonore (égalisation) nécessite un appui long sur le bouton multifonction et le bouton +, l’activation des mouvements de la tête demande un appui long sur le bouton multifonction et le bouton -, etc…Une certaine complexité s’installe, mais Suunto fait mieux que Shokz, puisque va bien plus loin en matière de personnalisation des commandes (via l’appli). Il est facile de désactiver le superflu, ou de rendre plus intuitive une commande de niche mais régulièrement utilisée.Première véritable différenciation made by Suunto : les mouvements de tête. Il est en effet possible (fonction désactivable) de répondre ou refuser en appel en hochant en secouant, la tête, et même de passer à la piste suivante (également en secouant la tête). Pas indispensable pour la plupart des utilisateurs, mais bien intégré par la marque.ConnectivitéRien de surprenant, le Suunto Wing 2 n’est pas une démonstration de modernité à la manière des Sony WF-1000Xm6. L’appareil ne prend en charge que le duo de codecs SBC/AAC, et ne connaît ni l’appairage rapide ni la norme LE Audio. À l’instar de ses adversaires, il ne fait heureusement pas l’impasse sur la connexion multipoint, ce qui lui permet de basculer facilement d’un appareil à l’autre, montre et téléphone par exemple.ApplicationContrairement à l’application Shokz, l’application Suunto est une véritable usine à gaz, avec ses bons et ses mauvais côtés. Pensée avant tout pour faire le lien avec les montres sportives, elle offre une petite interface dédiée aux casques à conduction. Si l’interface aurait pu être plus attirante, difficile d’adresser de gros reproches à Suunto, qui couvre là une vaste gamme de fonctions et de réglages. Tout ou presque est ajustable et désactivable, contrôles en tête. Il ne manquait plus qu’un égaliseur personnalisable pour parachever ce beau tableau.Fonctions supplémentairesL’OpenSwim Pro a pour lui son mode autonome, le Wing 2 se garde tout le reste. En effet, Suunto intègre des petits plus çà et là, principalement adressés aux sportifs (mais pas que). Outre le contrôle via les mouvements de la tête, Suunto met en avant des rappels pour éviter de garder le cou immobile trop longtemps (notamment en position assise), ou encore deux évaluations liées la mobilité : mobilité du cou, et mobilité du saut, sous la forme de deux évaluations avec résultats (hauteur du saut, degré de flexibilité en degré selon les différents axes). Celles-ci exploitent assez bien le gyroscope et l’accéléromètre, mais n’en sont pas moins des outils très spécifiques, qui plairont surtout aux ultrasportifs adeptes de monitoring.Deux autres avantages, matériels cette fois, ponctuent l’expérience. Premièrement, la présence de trois leds rouges (désactivables) sur chaque côté du casque. Celles-ci peuvent fonctionner de manière statique, voire clignoter de façon classique ou en SOS (code morse). Plus impressionnant encore, celles-ci peuvent s’activer en tournant la tête à gauche ou à droite. Très pratique pour une utilisation sportive dans la pénombre.Enfin, Suunto livre son casque avec un petit objet triangulaire, qui assure la fonction de base de recharge antidérapante (avec port USB-C), mais surtout de batterie externe, capable d’apporter deux cycles supplémentaires au Wing 2. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité AudioSurtout pour les podcasts Suunto n’a sans doute pas l’expertise de Shokz en matière de son, ce qui se ressent dans la sonorité du Wing 2. Clairement meilleur que l’OpenMove, il se situe pourtant un cran derrière l’OpenSwim Pro, lui-même un bon cran derrière l’OpenRun Pro 2.La raison ? Une extension vraiment faible dans le bas du spectre. Un peu plus maîtrisé que l’OpenMove, ce registre manque clairement de vie. Le son n’est pas désagréable mais un peu timide, trop timoré. Nous avons typiquement sous la main un casque à conduction osseuse qui ne sera efficace qu’en podcast.Techniquement parlant, le reste des fréquences est reproduit assez honnêtement, malgré un petit manque de détail dans les aigus. Un minimum d’ampleur se dégage du casque, ce qui lui permet de ne pas sonner à l’intérieur du crâne comme cela est le cas avec l’OpenMove. À lire également : Casques à conduction osseuse : Comment ils font vibrer votre crâne pour libérer vos oreilles Il faut également noter que la signature, plutôt concentrée sur les médiums, ne devient pas criarde à haut volume. Oui, il manque clairement de la puissance sonore, d’où une certaine difficulté à exister dans les environnements très bruyants et une saturation marquée dans les derniers 10 %, mais nous avons déjà vu pire. Le constat est toutefois limpide, le Wing 2 est davantage taillé pour les grands espaces que pour l’enfer urbain. MicroBaroudeur, mais un peu citadin Si le kit mains-libres n’est pas la fonction première du casque, il s’acquitte de cette tâche avec efficacité. En milieu calme, la qualité de captation est honnête. Un peu étouffée, légèrement distante, la voix reste parfaitement compréhensible à défaut d’être nuancée. En environnement bruyant, l’intelligibilité est garantie, malgré quelques artefacts. La voix est légèrement brouillonne mais les mots ne sont jamais hachés, les bruits sont bien atténués en dépit de quelques grésillements liés au traitement actif. Autonomie12 h qui en valent 36 Annoncée à 12 h en simple charge, l’autonomie est parfaitement respectée en pratique : entre 12 h et 12 h 15 selon nos tests. Suunto ne pulvérise donc pas l’un de ses concurrents directs, l’OpenRun Pro 2, à peu près dans les mêmes eaux.Néanmoins, nous pouvons ajouter à l’équation la base dédiée, capable d’accompagner l’appareil dans certaines circonstances afin de rajouter 24 h supplémentaires. Nous n’irons pas jusqu’à dire que le Wing 2 est trois fois plus endurant que l’OpenRun Pro 2, mais il possède, de fait, un léger avantage. Notons que la base n’est pas obligatoire, le casque disposant d’un port USB-C placé derrière une trappe étanche. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Points forts Bonne construction et confort très satisfaisant. Contrôles complets et en partie personnalisables. Application riche, plusieurs fonctions avancées. Système de Leds assez utile. Autonomie solide + base de recharge dédiée. Points faibles Extension dans les basses très faible. Plus lourd que la moyenne. Nous aurions aimé une certification IP67 ou IP68 Conclusion Note de la rédaction Comment fonctionne la notation ? Si le Suunto Wing 2 n’a rien d’exceptionnel sur la forme, pas plus qu’il ne révolutionne le genre par ses qualités techniques, il cultive sa différence à travers le savoir-faire sportif de la marque. Bien conçu mais surtout porté par des contrôles avancés, des fonctions atypiques, et livré avec un petit accessoire de charge, il se pose comme le plus sportif des casques à conduction osseuse. Pas le meilleur, mais le plus sportif. Sous-Notes Construction Confort Expérience utilisateur Audio Micro Autonomie Lire la suite
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