● Courrier International
📅 16/04/2026 à 09:12
Pourquoi MBS, le prince héritier saoudien, mise-t-il si gros sur Hollywood ?
Géopolitique
La une de la revue américaine “The Hollywood Reporter” du 13 avril 2026. The Hollywood Reporter “Il y a huit ans, l’Arabie saoudite ne comptait aucun cinéma”, rappelle The Hollywood Reporter. Puis, en 2016, le futur prince héritier Mohammed ben Salmane (MBS) a esquissé Vision 2030, un programme d’investissements et de grands chantiers pour diversifier l’économie du royaume et développer son rayonnement culturel. À lire aussi : Économie. En Arabie saoudite, les projets de l’ambitieux plan Vision 2030 peinent à se concrétiser Le secteur du cinéma a été particulièrement visé : les multiplexes se sont multipliés, un ambitieux Festival de la mer Rouge a été lancé en 2021. Et aujourd’hui, alors que le territoire saoudien est la cible des drones iraniens, “les cinémas [de Riyad, la capitale] restent ouverts et bondés, les séances du soir offrant un passe-temps populaire en cette période de ramadan, après la rupture du jeûne”, constate le magazine californien. MBS, nouveau nabab Cette montée en puissance dépasse toutefois largement les frontières saoudiennes, et se fait ressentir jusqu’aux États-Unis. En ce début d’année, des capitaux saoudiens se sont immiscés dans le dossier qui tient Hollywood en haleine, celui du rachat du géant Warner Bros. Discovery. Netflix s’étant désisté, c’est Paramount Skydance, le conglomérat de la famille Ellison, proche de Donald Trump, qui a emporté la mise. Paramount Skydance a mis 110 milliards de dollars sur la table, dont 24 milliards en provenance de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar. D’après des confidences recueillies par The Hollywood Reporter (Paramount refuse pour l’instant de détailler les chiffres), le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite avancerait à lui seul 12 milliards de dollars. À lire aussi : Analyse. En Arabie saoudite, le divertissement élevé au rang de politique Le montant de la somme, s’il ne devrait pas garantir de droit de vote au conseil d’administration, justifie que MBS apparaisse, seul, en une du magazine The Hollywood Reporter, une des lectures de référence sur l’industrie hollywoodienne. Le titre de l’édition datée du 13 avril 2026, “The Fresh Prince of Hollywood”, est un clin d’œil à une sitcom culte des années 1990, connue en France sous le titre Le Prince de Bel-Air. C’est un sacré revirement après l’opprobre dont avait fait l’objet le prince héritier après le sordide assassinat, en 2018, du journaliste et dissident saoudien Jamal Kashoggi. Mais il faut dire que Donald Trump a vite évacué ce dossier après son retour au pouvoir et que, comme le rappelle le magazine, les liens financiers sont nombreux entre Riyad et Mar-a-Lago. Le clan du président américain, et notamment son gendre Jared Kushner, multiplie les placements et investissements dans les pays du Golfe, sans se soucier des conflits d’intérêts. Forcément soumis à conditions Le projet de fusion Warner-Paramount, qui doit encore être validé par les autorités de régulation, suscite en tout cas une levée de boucliers à Hollywood. Le 13 avril, un millier de personnalités, dont Jane Fonda, Joaquin Phoenix, J. J. Abrams ou encore Denis Villeneuve, ont signé une lettre ouverte pour dénoncer ce rachat. Eux redoutent avant tout “une réduction de la concurrence” dans “un paysage médiatique déjà très concentré”. À lire aussi : Jeux vidéo. Acheté par un fonds saoudien, Electronic Arts restera-t-il fidèle à ses valeurs d’ouverture ? The Hollywood Reporter, pour sa part, s’intéresse à un autre enjeu : que vient chercher MBS à Hollywood ? Avec le Fonds public d’investissement d’Arabie saoudite, “ce n’est pas un investisseur étranger comme un autre” qui vient s’impliquer dans le rachat de Warner Bros., relève l’hebdomadaire. Les mythiques studios de cinéma Warner sont dans la balance, mais aussi la plateforme de streaming HBO Max et la chaîne d’information CNN, entre autres. “Pour Riyad, c’est une porte d’entrée vers le pouvoir médiatique américain – et, potentiellement, vers l’écosystème politique qui l’entoure.” “À Hollywood – comme à Washington – rares sont ceux qui ne partent pas du principe que les 24 milliards de dollars promis ne seront pas assortis de conditions”, insiste encore la revue. D’autant qu’à cette somme se rajoutent de mirobolants investissements dans les jeux vidéo ou le stand-up notamment. Courrier international Moyen-Orient Cinéma États-Unis Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Italie. La une du magazine “L’Espresso” provoque la colère d’Israël États-Unis. Donald Trump est-il définitivement fou ? À la une du magazine. Présidentielle 2027 en France : le bal des prétendants, vu par la presse étrangère Société. En Chine, l’ampleur des disparitions de travailleurs migrants provoque l’émoi Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. 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