● Courrier International
📅 16/04/2026 à 09:55
“Un désastre” : le Mexique s’indigne de la hausse du prix des tortillas
Géopolitique
Un homme pèse des tortillas à Ciudad Juarez (Mexique), le 15 avril 2026. Photo Jose Luis Gonzalez/REUTERS Les prix de la célèbre tortilla mexicaine seraient-ils sur le point d’augmenter ? La question agite la presse mexicaine mais la réponse demeure incertaine, au point de nourrir un bras de fer entre les autorités, les producteurs et les acteurs du secteur. À lire aussi : Environnement. Au Mexique, la ruée mondiale vers le mezcal décime des milliers d’hectares de forêts Si, comme le rapporte La Jornada, le président du Conseil national de la tortilla (CNT), Homero López, a averti lundi que le prix au kilo des tortillas augmenterait de 2 à 4 pesos (0,09 à 0,20 centimes d’euro) à partir du mercredi 15 avril, le gouvernement défend une tout autre lecture. Une hausse injustifiée Lors de sa conférence de presse matinale du 14 avril, la présidente Claudia Sheinbaum a assuré qu’il n’existait “aucune raison” justifiant une hausse, soulignant que les prix du maïs, ingrédient de base de la galette, se situent “à leur plus bas niveau”, précise le média Marca. Dans le même temps, indique El País América, elle a affirmé qu’elle ne permettrait pas aux producteurs et distributeurs “de profiter de la crise internationale liée au conflit au Moyen-Orient”, dont les répercussions se font sentir sur de nombreux produits. De leur côté, le ministère de l’Agriculture et du Développement rural ainsi que le Bureau fédéral de protection des consommateurs (Profeco) ont tenu à rassurer les consommateurs, estimant qu’aucune hausse des prix du maïs et du blé ne conduirait à une augmentation des tarifs de cet aliment. À lire aussi : Guerre commerciale. Après l’acier et l’aluminium, les États-Unis s’attaquent à la tomate mexicaine Bien que le gouvernement affirme que les prix internationaux des céréales se stabilisent, les producteurs, eux, évoquent des pressions économiques persistantes liées aux prix du carburant et des transports. Mentionné dans un article de Forbes México, le président du CNT insiste : le problème ne réside pas dans la stabilité des prix du maïs mais dans l’ensemble de la chaîne de production, qui comprend les salaires, les taxes, les licences ou encore l’énergie. Des prix disparates En ce qui concerne les prix actuels de la tortilla, il existe de fortes disparités entre les régions du pays. Selon une enquête d’El Financiero, la différence de prix au kilo peut atteindre 17 pesos, soit 0,83 centime, avec un prix moyen national de 24,18 pesos (environ 1,22 euro). Les tarifs les plus élevés sont observés dans la ville de Mexicali, en Basse-Californie, à 33,29 pesos le kilo (1,63 euro), contre 15,75 pesos à Xalapa, dans l’État de Veracruz, où elles sont les moins chères. Voir aussi : Vidéo. Au Mexique, une “taquería” distinguée d’une étoile Michelin Si les prix de la traditionnelle tortilla suscitent autant d’attention, c’est qu’elle demeure un pilier de l’alimentation mexicaine. Comme le rappelle El País, près de 94 % des Mexicains en consomment, toutes classes sociales confondues. Dans un pays où les ménages les plus modestes consacrent jusqu’à 45 % de leur budget à l’alimentation, une hausse de 2 à 4 pesos pourrait se traduire par une “chute notable de la consommation”, souligne le quotidien hispanophone. Interrogé par El Universal, le directeur adjoint des études économiques de Banco Nacional de México (Banamex), Rodolfo Ostoloza, a déclaré quant à lui qu’un bond des prix des tortillas serait “un désastre” pour de nombreux Mexicains et que “seuls les consommateurs les plus aisés ne s’en plaindraient pas”. Sacha Carion Inflation Consommation Économie Amériques Sur le même sujet Gastronomie. Le tacos français, un ovni culinaire, culturel et commercial Série d’été. L’avocat, le fruit qui raconte le XXIᵉ siècle Reportage. Les derniers “tintoreros” du Mexique, à la recherche du violet sacré Musée. Bienvenue dans la maison familiale de Frida Kahlo à Mexico Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Slow Autriche [Contenu partenaire] Salzbourg en été : une scène à ciel ouvert Je découvre l’article → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée →
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