● Siècle Digital 📅 16/04/2026 à 09:32

L'application européenne pour vérifier l'âge des internautes est prête, ses détracteurs crient à la surveillance

Cybersécurité 👤 Jennifer Larcher
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Réseaux Sociaux L’application européenne pour vérifier l’âge des internautes est prête, ses détracteurs crient à la surveillance Bruxelles a dévoilé mercredi son application de vérification d'âge en ligne, présentée comme la clé de voûte de la protection des mineurs en Europe. Par Jennifer Larcher Publié le 16 avril 2026 à 09h32 Emmanuel Macron convoque les dirigeants européens en visio sur la sécurité des enfants en ligne. Le même jour, à Bruxelles, von der Leyen sort l’outil que personne n’attendait si vite. L’application de vérification d’âge est là, opérationnelle, bientôt sur vos téléphones. Les plateformes qui se défaussaient derrière le vide technique viennent de perdre leur dernier argument. Comment fonctionne cette application&nbsp? Il suffit d’un seul enregistrement avec un passeport ou une carte d’identité. Ensuite, au moment d’accéder à un réseau social, l’application se glisse entre l’utilisateur et la plateforme et délivre une réponse. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Soit l’âge requis est atteint, soit il ne l’est pas. Aucune donnée supplémentaire ne transite, aucun document ne rejoint les serveurs de TikTok ou Meta. Le protocole cryptographique testé dans d’autres contextes garantit que la preuve est valide sans que son contenu soit jamais exposé. Sept pays ont déjà signalé leur intention d’arrimer le système à leurs infrastructures nationales d’identité numérique, parmi eux la France, mais aussi l’Espagne et l’Italie. Tous les pays ne sont pas en faveur de cette mesure, notamment l’Estonie qui reste contre l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs. Tout le monde doit être logé à la même enseigne L’UE avance sur un terrain miné, car chacun des États bricole sa propre législation, avec des seuils d’âge qui varient de 13 à 16 ans selon les pays. La France vise une interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans dès la rentrée de septembre. La Grèce monte à 15 ans. Bruxelles veut éviter ce patchwork réglementaire en imposant une infrastructure commune. D’ici quatre ans, Bruxelles vise une adoption massive de l’identité numérique. L’objectif affiché concerne la grande majorité de la population européenne, soit 80%. Est-ce la fin de l’anonymat&nbsp? Bastien Le Querrec, juriste de La Quadrature du Net, estime que dès lors qu’un internaute doit s’identifier auprès d’un tiers de confiance, l’anonymat en ligne est compromis. Peu importe que les données ne soient pas transmises aux plateformes, le geste d’enregistrement existe. Simeon de Brouwer, du réseau EDRi révèle que cette annonce est vide. L’eurodéputée Stéphanie Yon-Courtin précise que l’application est une bonne base, mais elle reste insuffisante. Elle demande une véritable majorité numérique à l’échelle européenne. L’outil est techniquement sérieux, la cryptographie n’est clairement pas du marketing. Toutefois, Bruxelles fait l’impasse sur la base du succès de ces plateformes à savoir l’addiction aux réseaux sociaux. Les mineurs resteront obsédés par ces derniers et trouveront sans doute une solution pour contourner les règles. Politique
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