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📅 15/04/2026 à 17:53
Pixels de suivi dans les emails : la Cnil demande une mise en conformité sous trois mois
Géopolitique
👤 Alexandre Laurent
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sanctions
Pixels de suivi dans les emails : la Cnil demande une mise en conformité sous trois mois On ne dit pas pixel espion mais pixel de suivi Illustration : Flock Alexandre Laurent Le 15 avril à 17h53 La Cnil vient de publier une recommandation en forme de piqure de rappel ou de clarification à destination des professionnels de l’email marketing : l’intégration aux courriers électroniques d’un pixel de suivi, ou pixel de tracking, obéit à des règles strictes et ne peut se faire sans consentement préalable que pour des finalités bien précises. Les acteurs concernés ont en théorie trois mois pour obtenir le consentement de leurs destinataires, ou mettre un terme aux pratiques litigieuses. Une erreur ? Omniprésents sur le Web français, les bandeaux de consentement dédiés aux cookies et aux outils de suivi publicitaires sont entrés dans les mœurs, mais saviez-vous qu’ils ont un équivalent nettement plus discret dans votre messagerie électronique ? Pour identifier les interactions du destinataire avec leurs envois, les professionnels de l’email marketing ont recours à ce que l’on appelle un pixel de suivi, ou pixel de tracking : une image invisible à l’œil nu associée à un identifiant unique, hébergée sur un serveur distant, et intégrée dans le corps de l’email. Intérêt de la manœuvre ? Lorsque votre client de messagerie interprète le code de l’email pour vous l’afficher, le pixel en question est appelé depuis le serveur. En consultant ses logs, l’émetteur (ou son prestataire) peut ainsi savoir si vous avez ouvert l’email. Selon les cas, il peut aussi en profiter pour collecter d’autres informations, comme la date et l’heure d’ouverture, l’adresse IP utilisée, le client de messagerie employé, etc. Des données qui peuvent ensuite être mises à profit pour optimiser l’envoi de campagnes, personnaliser les messages ou travailler le ciblage publicitaire. Couramment utilisé dans le monde de l’email, le pixel de suivi publicitaire a également été employé sur le Web : pendant longtemps, c’est par exemple un « pixel Facebook » qui servait aux sites média pour connecter leur audience aux outils publicitaires de Meta. Depuis, le pixel a été supplanté par d’autres dispositifs, mais la logique sous-jacente est restée. Et d’un point de vue réglementaire, elle soulève un problème identique, que l’on soit sur le Web ou dans le corps d’un email, selon la Cnil. Cette dernière estime en effet que dans les deux cas, la transmission d’information et leur collecte constituent « une opération de lecture sur le terminal de l’utilisateur », qui tombe donc sous le coup de l’article 82 de la loi Informatique et Libertés. Or, c’est précisément cet article 82 qui a contribué à l’émergence des bandeaux de consentement liés aux cookies sur le Web, puisque c’est lui qui impose, sauf exception, de recueillir le consentement de l’utilisateur final avant toute opération d’écriture ou de lecture sur son terminal. Une recommandation bien tardive Les professionnels de l’email ont bien intégré la problématique du désabonnement, en partie à cause des pressions et sanctions de la Cnil, mais côté consentement, force est de constater que le sujet est totalement ignoré, alors que la loi française, le RGPD et les dernières lignes directrices européennes font consensus sur le sujet. Pour combler cette lacune, la Cnil a donc lancé un double processus de consultation (publique et sectorielle) en juin 2025, à l’issue duquel l’Autorité a, enfin, formulé sa recommandation formelle sur le sujet. Soutenez un journalisme indépendant, libre de ton, sans pub et sans reproche. Accédez en illimité aux articles Profitez d'un média expert et unique Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous La suite de cet article est réservée à nos abonnés Soutenez un journalisme indépendant, expert et sans pub. Abonnez-vous sur next.ink/subs Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ? Non Oui
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