● Courrier International 📅 15/04/2026 à 16:38

La hausse des cours du pétrole, une aubaine financière inespérée pour Moscou

Géopolitique
Illustration
Couverture de l’édition du 15 avril 2026 du quotidien russe “Izvestia”. En arrière-plan d’un champ pétrolifère, des roubles qui s’alignent : c’est l’image retenue par le quotidien Izvestia pour illustrer l’article principal de son édition du mercredi 15 avril. Les premières lignes annoncent la couleur : “En avril, le budget pourrait recevoir 1 000 milliards de roubles [plus de 11 milliards d’euros] de recettes pétrolières et gazières”, écrit ce journal pro-Kremlin qui, dans son article, explique les raisons de cette heureuse conjoncture pour l’État russe. À lire aussi : Économie. Deux millions de dollars par navire ? L’industrie pétrolière ne veut pas d’un péage dans le détroit d’Ormuz Pour cette publication qui s’emploie à voir invariablement le verre à moitié plein – Izvestia soutient sans réserves la politique extérieure de Moscou –, les conséquences de la guerre au Moyen-Orient lui apportent de tangibles motifs de réjouissance : les recettes fiscales pourraient atteindre au mois d’avril leur “plus haut niveau depuis mi-2024”, selon les estimations d’experts interrogés par Izvestia. Sans remise, parfois avec une prime “La guerre du Golfe et les réductions de production au Moyen-Orient ont entraîné une hausse de la demande de pétrole russe et de son prix”, écrit le journal. Avec des effets particulièrement visibles en avril, indique la société Kasatkin Consulting : la tendance devrait se traduire par une augmentation de 60 % des recettes pétrogazières du budget. “La taxe sur l’extraction est versée le 28 du mois suivant, et le prochain versement trimestriel de l’impôt additionnel sur les bénéfices sera perçu en avril”, précise son représentant, Dmitri Kassatkine. Parmi les raisons de l’augmentation du prix du pétrole russe, Izvestia évoque la baisse de la production signalée dans un rapport de l’OPEP + publié le 13 avril, et cite aussi le directeur de l’Agence internationale de l’énergie, Fatih Birol, qui évoque 40 infrastructures clés endommagées au Moyen-Orient. Une conjoncture favorable pour les producteurs russes puisque le pétrole et les produits pétroliers se vendent sur le marché mondial “sans remise, et dans certains cas avec une prime”, souligne le quotidien, citant le vice-Premier ministre Alexandre Novak. À lire aussi : Finance. La trêve en Iran suscite l’euphorie des marchés boursiers et la décrue des cours du pétrole “Nos principaux acheteurs ces derniers temps sont la Chine, l’Inde et la Turquie. Les deux premiers pays se partagent quasiment à parts égales la majeure partie de nos volumes de pétrole. Ils se font actuellement concurrence pour ces volumes, ce qui contribue à faire grimper le prix du pétrole russe”, ajoute Ekaterina Kossareva, dirigeante de la société de conseil BMT. Pour autant, l’évolution du marché apparaît imprévisible, prévient Izvestia. “Si le cessez-le-feu annoncé [en Iran] a entraîné une baisse [des cours du pétrole], la déclaration du président américain Donald Trump concernant le blocus du détroit d’Ormuz a provoqué une nouvelle hausse”, fait remarquer Valeri Andrianov, de l’Université des finances du gouvernement de Russie. “On ignore si le deuxième cycle de pourparlers américano-iraniens prévu pour le 16 avril sera couronné de succès ou s’il entraînera une nouvelle escalade des tensions”. Une du jour Moyen-Orient Guerre en Iran Économie Détroit d’Ormuz Sur le même sujet Énergie. Le pétrole russe, bouée de sauvetage d’une Asie à court de carburant Russie. Le terminal pétrolier de Novorossiisk en flammes : l’Ukraine vise les “profits exceptionnels de Moscou” Économie. Dans le détroit d’Ormuz, l’Iran et la Chine “dédollarisent” l’ordre international Analyse. Ukraine : avec la guerre en Iran, la Russie a de nouvelles cartes en main Source de l’article Izvestia (Moscou) Fondé en 1917, en pleine révolution, le quotidien Izvestia fut avec la Pravda l’un des principaux journaux de l’Union soviétique. Au cours de son histoire, le titre a épousé les changements idéologiques de son époque, au diapason de la ligne politique du pays, y compris durant la perestroïka. Il est aujourd’hui la propriété de NMG (Natsionalnaïa Media Gruppa), société de médias proche du Kremlin. Relais actif de l’État russe, ce quotidien diffuse la vision du monde du pouvoir politique : dans ses pages, l’analyse de l’actualité revient aux diplomates et aux hauts responsables russes. Sa couverture belliciste de la guerre en Ukraine lui vaut une interdiction dans l’Union européenne depuis 2024. Le média a également une déclinaison radio et télévision. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Bibliocité « Contre l’imposture, l’auto-défense intellectuelle ». Rencontre avec Aurélie Jean, auteure d’« Imposture, comment identifier les usurpateurs du débat public » le 16 avril 2026. Je m’inscris → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. 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