● Presse-Citron
📅 15/04/2026 à 16:02
Le président chinois Xi Jinping alerte le monde : « l'ordre international s'effondre dans le désarroi »
Géopolitique
👤 Camille Coirault
© Juan Diego Cano / Wikipédia 0 Depuis le 28 février 2026, les frappes israélo-américaines sur l’Iran ont mis le feu au Moyen-Orient et, par ricochet, à peu près tout le reste. Le trafic du détroit d’Ormuz a été fortement perturbé, provoquant une rupture de la chaîne mondiale de l’approvisionnement en pétrole. Même s’il a réouvert depuis (avec quelques « concessions »), les prix du carburant se sont envolés, l’inflation est repartie de plus belle et le FMI, qui s’apprêtait à revoir ses prévisions de croissance à la hausse, les a au contraire abaissées. En effet, selon Bourse Direct, l’organisation a estimé que la « croissance mondiale risque d’être limitée à 3,1%, contre 3,3 % attendu […] en janvier ». Un contexte géopolitique très tendu, durant lequel le président chinois, Xi Jinping, a reçu plusieurs dirigeants internationaux à Pékin, le 14 avril. Parmi eux, Pedro Sánchez, Président du gouvernement d’Espagne, auquel il a déclaré, selon Bloomberg : « l’ordre international s’effondre dans le désarroi ». Une formulation inhabituellement crue pour un dirigeant dont la diplomatie est d’ordinaire plutôt laconique et aseptisée. Le meilleur allié de Xi Jinping s’appelle Donald Trump Ce jour-là, Xi Jinping recevait aussi le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, Cheikh Khaled ben Mohammed ben Zayed Al Nahyane le prince héritier d’Abou Dhabi et Tô Lâm, le président vietnamien. Si Lavrov était à Pékin, on peut supposer que c’est parce que la Chine souhaite consolider l’axe sino-russe au moment où Washington s’englue dans son conflit au Moyen-Orient. Deux fronts que Moscou et Pékin ont tout intérêt à voir s’ouvrir pour disperser la puissance américaine. Le prince héritier d’Abou Dhabi, c’est autre chose : les Émirats sont un allié historique de Washington, membre du camp du Golfe que l’Amérique est censée protéger, et sa présence à Pékin est le signe que même les partenaires des États-Unis cherchent des assurances ailleurs quand la guerre frappe à leur porte. « Préserver l’autorité du droit international ne doit pas vouloir dire l’utiliser quand cela nous arrange, et le rejeter quand ce n’est pas le cas. Nous ne pouvons laisser le monde retourner à la loi de la jungle » lui a déclaré Xi Jiping. Sánchez, membre de l’OTAN, en est à sa quatrième visite en quatre ans, une fréquence sans équivalent parmi les dirigeants européens, Difficile de lui jeter la pierre : depuis que Trump a menacé de rompre ses échanges commerciaux avec l’Espagne après que Madrid a refusé de mettre ses bases militaires à disposition pour frapper l’Iran, il a compris que pour ne pas être écrasé entre deux géants, il vaut mieux être l’ami du plus calme que le vassal du plus colérique. Le président chinois lui a tenu des propos similaires, appelant les deux pays à « coopérer étroitement pour […] défendre conjointement un véritable multilatéralisme, préserver le système international centré sur les Nations Unies et l’ordre international fondé sur le droit international ». La présence de Tô Lâm, enfin, est peut-être le cas le plus instructif de toute cette journée : Hanoï a une frontière terrestre avec la Chine, une histoire millénaire de domination et de résistance, une invasion en 1979 encore dans les mémoires vives, un contentieux territorial toujours brûlant sur les îles Spratleys et Paracels. Ce qui ne l’a pas empêché de se rendre à cette réunion, non pas qu’il aurait lié une affinité avec Xi Jinping ou la Chine, mais parce qu’un pays qui a survécu à mille ans de pression entre les grands empires sait reconnaître le moment où la légitimité d’un dirigeant se mesure aussi à sa capacité à éviter à son peuple un conflit que personne ne viendra l’aider à gagner. Son président agit donc en conséquence, et préfère s’asseoir à la table plutôt que de se retrouver broyé dans l’étau d’une guerre économique. La guerre en Iran a produit un effet que vingt ans de diplomatie chinoise n’avaient pas réussi à obtenir : elle a rendu la Chine fréquentable aux yeux de partenaires qui s’en tenaient prudemment à distance. Car c’est bien l’obsession guerrière de Trump qui les a conduit jusqu’à elle, sans que Xi Jinping n’ait eu à trop les convaincre. Si, comme l’a dit Xi Jinping, « l’ordre international s’effondre dans le désarroi », c’est le moment rêvé pour la Chine de démontrer que son modèle diplomatique est plus résilient face aux crises que celui de l’Oncle Sam. La non-ingérence, les intérêts mutuels, l’absence de conditionnalité, la continuité politique via un plan décennal : autant de vertus que Washington n’a jamais su vendre, et que Pékin n’a même plus besoin de promouvoir. Les frappes israélo-américaines sur l’Iran perturbent l’ordre mondial et renforcent la position diplomatique de la Chine. Xi Jinping avertit que l’ordre international s’effondre et appelle à un multilatéralisme basé sur le droit international. La guerre en Iran rapproche des pays traditionnellement alliés aux États-Unis de la Chine, redéfinissant les dynamiques géopolitiques. 📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp. Newsletter 🍋 Abonnez-vous, et recevez chaque matin un résumé de l’actu tech Votre email : Je m'inscris J'ai lu et accepte les termes et les conditions Laissez ce champ vide si vous êtes humain : ChineGuerrepolitique [ Source ] Sur le même sujet Une « guerre civile » dans le monde animal vient d’éclater : les raids meurtriers se multiplient Détroit d’Ormuz : la France se tient prête pour une opération de déminage Incendie sur un site BYD : aucune victime, mais la réaction boursière a été immédiate La fin d’une ère : la Russie remplace ses sous-marins soviétiques, voici les monstres qui vont les remplacer Les dernières actualités Le président chinois Xi Jinping alerte le monde : « l’ordre international s’effondre dans le désarroi » Une « guerre civile » dans le monde animal vient d’éclater : les raids meurtriers se multiplient Le Starlink russe est lancé : les premiers satellites orbitent près de ceux de SpaceX J’ai testé le Geekom A5 Pro : que peut-on faire avec un mini PC moins cher qu’un smartphone ? 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