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📅 15/04/2026 à 10:33
Mythos : l’Europe tenue à l’écart du modèle IA le plus ambitieux du moment
Data Science
👤 Mickael Bazoge
Mythos : l’Europe tenue à l’écart du modèle IA le plus ambitieux du moment Mythos toujours mytho en Europe Anthropic Mickael Bazoge Le 15 avril à 10h33 En distribuant avec parcimonie les accès pour Mythos, Anthropic a mis les régulateurs européens à l’écart. Sur le Vieux continent, seul le Royaume-Uni a obtenu un sésame. L’analyse qui en découle souligne les performances du nouveau grand modèle d’Anthropic, mais elle en pondère aussi le potentiel dévastateur utilisé par l’entreprise dans sa communication. Une erreur ? Mythos est le nouveau grand modèle de langage d’Anthropic, un LLM soi-disant si puissant que l’entreprise a décidé de le contraindre à un domaine spécifique, celui de la cybersécurité. Et histoire d’entretenir un sentiment d’exclusivité au motif de ne pas tenter des hackers mal intentionnés, la distribution de Mythos est limitée à une quarantaine d’organisations et une dizaine d’entreprises, toutes américaines. IA Anthropic dévoile Mythos, son modèle d’IA chasseur de failles… réservé à certains IA Mercredi 08 avril 2026 à 15h13 08/04/2026 15h13 7 Les participants au projet Glasswing sont censés laisser le LLM examiner le code de leurs logiciels afin de détecter et de corriger les bugs, et de boucher les vulnérabilités. Les autorités et les gouvernements, dont les infrastructures informatiques auraient elles aussi bien besoin d’un sérieux ménage, n’ont pas été conviés à la fête. La courte liste des invités d’Anthropic Lors de l’annonce du projet, Anthropic indiquait avoir engagé des discussions avec des responsables du gouvernement américain : « la sécurisation des infrastructures critiques constitue une priorité majeure de sécurité nationale pour les pays démocratiques ». Depuis, on a appris que l’entreprise avait présenté Mythos à l’administration Trump ; à tel point que les banques US ont été encouragées à utiliser Mythos pour sécuriser leurs systèmes informatiques. JPMorgan Chase est le seul établissement partenaire du projet, pour le moment. La situation aux États-Unis est un peu particulière. Le gouvernement a en effet désigné Anthropic « fournisseur à risque pour la sécurité nationale », suite au refus de l’entreprise d’accorder une licence pour certains usages militaires. Depuis, les deux parties bataillent devant les prétoires. Malgré les tensions, il existe au moins une sorte de dialogue soutenu entre Anthropic et les autorités américaines. En Europe, c’est le flou le plus total. Sur les 8 agences de cybersécurité européennes interrogées par Politico, seule la représentante allemande (BSI) a indiqué avoir entamé des discussions avec la start-up IA au sujet de Mythos. Mais l’agence fédérale n’a pas pu tester le modèle. Le NCSC-NL, l’agence nationale de cybersécurité des Pays-Bas, a indiqué de son côté que l’impact réel des vulnérabilités identifiées était difficile à vérifier en l’absence de détails techniques. Une manière de dire que l’agence ne sait pas grand chose de Mythos… Plusieurs institutions gouvernementales européennes ont cependant laissé entendre qu’elles avaient un accès au LLM, mais fragmentaire. « Mythos nous donne un avant-goût de l’importance que va prendre l’accès aux capacités d’IA de pointe dans les années à venir », explique à nos confrères Daniel Privitera, de l’ONG allemande KIRA qui promeut une IA éthique, ouverte et bénéfique pour la société. « L’Europe ne dispose actuellement d’aucun plan pour garantir cet accès. » Malgré l’arsenal réglementaire européen, en particulier l’AI Act, l’Union reste manifestement dépendante du bon vouloir des acteurs américains pour accéder aux technologies les plus sensibles. Droit Systèmes à haut risque, modèles à usage général : ce que dit l’AI Act en pratique Droit Mercredi 25 septembre 2024 à 14h00 25/09/2024 14h00 1 Le Royaume-Uni limite la portée des promesses associées à Mythos Contrairement aux voisins européens, le Royaume-Uni a lui obtenu un sauf-conduit pour Mythos. L’AISI, organisme britannique dédié à la sécurité de l’IA, a publié lundi 13 avril une première évaluation indépendante des capacités cyber offensives du modèle. Il y a une progression nette par rapport aux générations précédentes de LLM : Mythos est ainsi capable de mener des attaques en plusieurs étapes sur des réseaux vulnérables, affirme l’institut. © AISI Mythos atteint ainsi 73 % de réussite sur des tâches « capture-the-flag » niveau expert. Avant 2025, aucun modèle ne pouvait compléter ces tâches. L’étude va plus loin avec une attaque en 32 étapes (« The Last Ones »), qui représente environ 20 heures de travail humain. Mythos est le premier modèle à réussir l’attaque de bout en bout. Certes, il n’a réussi que 3 tentatives sur 10, mais tout de même. En moyenne, le LLM réalise 22 étapes sur 32. Claude Opus 4.6, le précédent modèle le plus performant, complète une moyenne de 16 étapes. © AISI Du côté du verre à moitié vide, l’AISI relève que Mythos échoue dans certains environnements, notamment industriels, et il peut rester bloqué sur des étapes techniques. Les chercheurs rappellent aussi que les environnements de test sont simplifiés par rapport à la réalité. Ils ne prennent pas en compte les systèmes de défense actifs, les outils de détection ni les réactions humaines en temps réel (les humains peuvent encore servir à quelque chose, ouf !). En revanche, Mythos est bien en mesure de compromettre des systèmes mal protégés de manière autonome, en sachant que les capacités du modèle devraient logiquement continuer à progresser. C’est la raison pour laquelle Anthropic insiste sur la nécessité de travailler avec les pouvoirs publics, et plaide pour une coopération plus large entre industriels et institutions, pour mieux encadrer les usages de ces outils. L’entreprise évoque même la création d’un organisme indépendant capable de superviser ces travaux. Un point de vue que l’on pourrait trouver paradoxal, compte tenu de la façon dont les acteurs de la tech luttent contre les tentatives d’encadrement réglementaire du développement de l’IA, notamment en Europe. La même ambigüité se retrouve d’ailleurs dans les dernières communications d’OpenAI et de Sam Altman sur le sujet, comme s’il fallait à la fois impressionner et rassurer quant à l’avenir de l’IA générative… Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. 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