● Le Journal du Geek 📅 15/04/2026 à 10:21

Blue Origin transforme la poussière de la Lune en oxygène : une étape décisive pour y vivre

Cybersécurité 👤 Camille Coirault
Illustration
© NASA / Unsplash Si nous voulons un jour établir une présence durable sur notre satellite naturel – l’objectif principal du programme Artemis – il sera nécessaire de produire de l’oxygène sur place pour alimenter les futures bases lunaires. Impossible d’en rapporter des tonnes depuis la Terre, puisque le coût exorbitant de son transport au-delà de l’orbite terrestre rendrait le projet financièrement insoutenable. La Lune n’a pas d’atmosphère, mais elle n’est pas dépourvue pour autant d’oxygène, qui est emprisonné sous sa surface et dans le régolithe qui la compose en grande partie. On estime qu’il représente environ 45 % de la masse totale du sol lunaire, lié chimiquement dans les minéraux du régolithe, mais sans un procédé qui pourrait le libérer, cette immense réserve ne nous sert à rien. Néanmoins, Blue Origin, qui doit également fabriquer les futurs atterrisseurs pour Artemis V, vient d’annoncer qu’elle avait trouvé un moyen de l’extraire, grâce à un réacteur compact baptisé Air Pioneer. Encore au stade expérimental, il a toutefois montré d’excellents résultats avec du simulant de régolithe lunaire, un matériau de substitution conçu pour ressembler exactement aux roches de la Lune. Une photo du prototype Air Pioneer, développé au Space Resources Center of Excellence, le département de recherche dédié à l’ISRU (l’utilisation des ressources sur place). © Blue Origin / X Air Pioneer : la pièce manquante de toute base lunaire durable L’Air Pioneer fonctionne selon le principe de la MRE (Molten Regolith Electrolysis), soit l’électrolyse appliquée à du régolithe en fusion. La roche est d’abord broyée puis placée à l’intérieur du réacteur où elle est portée à 1 600 °C jusqu’à former un bain liquide conducteur. Des électrodes y font passer un courant électrique qui sépare les ions oxygène des ions métalliques : les premiers migrent vers une électrode, où l’oxygène se dégage sous forme gazeuse. Il est ensuite capturé et purifié pour pouvoir être utilisé comme air respirable pour les astronautes, ou comme ergol oxydant, compatible avec les moteurs de certaines fusées. Lors de l’opération, plusieurs sous-produits sont extraits du bain fondu : du fer et de l’aluminium, que l’on pourrait utiliser pour construire diverses infrastructures ou câbles électriques. Du silicium, très utile à la conception de cellules photovoltaïques, de panneaux solaires et de tout composant électronique. Enfin, le dernier composé : du verre, qui pourrait être récupéré pour construire des hublots et du vitrage de protection des panneaux solaires. Soit le strict minimum pour construire et faire vivre une colonie humaine en totale autonomie. Selon un communiqué de l’entreprise datant du mois de septembre, Blue Origin estime « être en bonne voie pour étendre progressivement notre système et rendre les alunissages jusqu’à 60 % moins coûteux, tout en réduisant la masse des piles à combustible et des batteries jusqu’à 70 %, en les ravitaillant en oxygène extrait du régolithe directement sur la Lune ». En revanche, elle n’aborde pas le vrai point de blocage de cette démonstration : Air Pioneer n’a pas été testé sur du vrai régolithe lunaire. Même les meilleurs simulants n’arrivent pas à reproduire ses propriétés électrostatiques et chimiques ; il est donc impossible de considérer ce réacteur autrement que comme un prototype. L’annonce n’a pas été accompagnée d’une publication scientifique et le réacteur n’a pas fait l’objet d’une validation indépendante. Même s’il fait partie d’un programme très sérieux – Blue Alchemist (le projet de Blue Origin dédié à la fabrication de matériaux et d’énergie à partir du sol lunaire) – il faudra le tester en conditions réelles pour qu’il soit reconnu comme opérationnel. L’entreprise a annoncé dans le même communiqué que « la validation de la conception finale confirme que Blue Alchemist est prêt pour sa prochaine phase : une démonstration autonome en environnement lunaire simulé en 2026 », sans donner plus de précision sur le matériel qui sera testé. 🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins. Partagez 𝕏 0 commentaire Signaler une erreur NomPrénomNomAdresse de contact *L'erreur concerne *Une / des fautes d'orthographeUne formulation erronéeLe sens même de l'articleErreur à signaler à l'équipe du JDG *CommentEnvoyer Source : The Telegraph Blue OriginEspaceLuneScience Netflix supprime des fonctionnalités Apple TV adorées des utilisateurs sans aucune explication Les dernières actualités Blue Origin transforme la poussière de la Lune en oxygène : une étape décisive pour y vivre Netflix supprime des fonctionnalités Apple TV adorées des utilisateurs sans aucune explication Godzilla Minus Zero : le Kaiju est de retour et il vise New York PlayStation : l’énorme erreur d’un acteur confirme l’arrivée d’un jeu très attendu Seigneur des Anneaux : le nouveau Aragorn va diviser les fans GoPro Mission 1 : des caméras d’action qui voient beaucoup plus grand Selon cette étude, les rêves les plus intenses vous aideraient à mieux vous reposer On a tous été victimes de ce piège : Google intervient enfin pour décourager le “back button hijacking”
← Retour