● Numerama
📅 15/04/2026 à 07:30
« On ne peut pas gagner la bataille informationnelle si on ne mène pas la guerre » : on a creusé les dessous de French Response, la riposte numérique du Quai d'Orsay
Cybersécurité
👤 Amine Baba Aissa
Lecture Zen Résumer l'article La France a adopté une nouvelle stratégie numérique avec French Response, un compte lancé en septembre 2025 visant à contrer les attaques informationnelles sur les réseaux sociaux. L'initiative privilégie la viralité et l'engagement plutôt que le nombre d'abonnés, en adoptant les codes des plateformes pour percer les bulles algorithmiques. Bien que French Response opère principalement sur X, sous la direction d'Elon Musk, la France reste ouverte à étendre sa stratégie à d'autres plateformes pour maximiser son impact. La France a adopté une nouvelle stratégie numérique avec French Response, un compte lancé en septembre 2025 visant à contrer les attaques informationnelles sur les réseaux sociaux. L'initiative privilégie la viralité et l'engagement plutôt que le nombre d'abonnés, en adoptant les codes des plateformes pour percer les bulles algorithmiques. Bien que French Response opère principalement sur X, sous la direction d'Elon Musk, la France reste ouverte à étendre sa stratégie à d'autres plateformes pour maximiser son impact. Recevez tous les soirs un résumé de l’actu importante avec Le Récap’ Dans le cadre d’un entretien avec Pascal Confavreux, Numerama a souhaité disséquer avec le porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères, les mécanismes d’un OVNI diplomatique arrivé sur X il y a quelques mois : French Response. Dans la guerre de l’information, la France a décidé de rendre les coups. Lancée en septembre 2025, en réponse à une série d’attaques liées à la reconnaissance de l’État de Palestine, l’initiative French Response a rapidement marqué une rupture totale avec la communication traditionnelle de l’État. Là où le compte officiel de la diplomatie française, fort de ses 1,1 million d’abonnés, « porte une parole institutionnelle dont on a besoin aussi et que les Français attendent », French Response poursuit une autre mission : descendre dans l’arène. Pour exister sur les réseaux sociaux, le ministère a choisi d’en adopter les codes. Après un premier tweet adressé directement au Secrétaire d’État américain Marco Rubio, s’ensuivront des centaines d’autres, où le ton devient peu à peu plus direct, plus « mémique ». « Il faut aussi adopter les codes de la plateforme sur laquelle on est », explique Pascal Confavreux, porte-parole du ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères lors d’un entretien accordé à Numerama. « Parfois ça va être des images, parfois des jeux de mots, parfois quelque chose de très factuel, comme un tableau de chiffres. » Faux SMS, mails frauduleux… Ne tombez plus dans le piège ! Gardez toujours une longueur d’avance sur les fraudeurs. Bitdefender Scam Protection analyse, détecte et neutralise instantanément les escroqueries qui visent votre argent. Une protection invisible mais redoutable, intégrée à Bitdefender Premium Security. Sponsorisé Je me protège contre les arnaques. Source : X, @FrenchResponse Les dessous d’une stratégie inédite En matière de stratégie sur les réseaux sociaux, l’objectif de French Response n’est pas d’accumuler les abonnés, mais de générer de la viralité pour percer les bulles algorithmiques. Le ministère souligne le très haut niveau d’engagement des posts et se félicite de l’accueil du public. La création rapide d’une communauté a été « une bonne surprise », confie Pascal Confavreux, évoquant « de nombreux Français et en réalité aussi d’étrangers qui nous disent : ‘Merci de ce que vous faites‘ ». Mais si le ton est décalé, l’organisation en coulisses est bien plus structurée qu’il n’y paraît. Le porte-parole refuse de dévoiler le fonctionnement exact du système de validation des posts, de leur ciblage et de leur tonalité, mais les grandes lignes nous ont été dessinées. La genèse du projet remonte à 2022, avec la création d’une sous-direction dédiée à la veille et à la stratégie, équipée « de nombreux logiciels de scraping » pour détecter les attaques sur les réseaux sociaux. Elle réunit aujourd’hui des profils variés : « des diplomates, des anciens journalistes, des communicants ». Le principal défi opérationnel reste la vitesse d’exécution. Pour contrer une manipulation, l’équipe a mis en place « une forme de validation extrêmement rapide », en associant différents échelons décisionnels, y compris politiques. La cellule évalue la gravité mais aussi la viralité d’une attaque afin d’éviter « de donner une forme de visibilité à une information qui pourrait être nocive mais qui n’aurait pas la viralité », autrement dit de provoquer un effet Streisand. Pascal Confavreux trace enfin une ligne rouge : French Response n’intervient pas dans les affaires franco-françaises. « Notre mandat, c’est de répondre aux attaques informationnelles qui viennent de l’étranger », rappelle-t-il. L’objectif est de « protéger les Français et les Françaises et notre débat public », sans jamais interférer avec le débat politique national. Dissuasion européenne et le paradoxe Elon Musk Pour French Response, l’avenir semble encore radieux pour une diplomatie française qui y voit un outil de réplique encore largement inexploité. Portée par le ministre Jean-Noël Barrot, l’intuition derrière ce compte est claire : « On ne peut pas gagner la bataille informationnelle si on ne mène pas la guerre. » L’objectif est de créer « une force de dissuasion » en exposant « les grosses ficelles ou le ridicule de certaines accusations ». Cette stratégie de bouclier numérique dépasse d’ailleurs les frontières françaises. French Response n’hésite pas à voler au secours de ses voisins européens. Le compte est ainsi venu « en soutien des Espagnols quand ils se sont fait attaquer par Elon Musk », ou encore en aide aux Allemands, attaqués « sur leur politique vaccinale ». Une solidarité qui suscite l’intérêt de partenaires européens selon Pascal Confavreux. Dernière illustration en date : les élections législatives en Hongrie. Source : X, @French Response En attendant de voir apparaître une Spanish ou German Response, un paradoxe demeure : la France mène cette guerre principalement sur X, une plateforme contrôlée par Elon Musk, lui-même acteur de cette guerre de l’information. Un choix assumé par pragmatisme : « On a commencé par cette plateforme parce que c’était une plateforme dans laquelle les attaques visant la France étaient assez nombreuses. » Le ministère revendique une pure « logique d’impact et de reach ». Pour l’heure, la cohabitation fonctionne. L’équipe affirme n’avoir reçu, à sa connaissance, aucune menace de shadow ban de la part du réseau social. Mais l’État reste prudent et dans une logique de test : s’il se concentre sur X aujourd’hui, il n’exclut pas « d’aller sur d’autres plateformes » à l’avenir. Toute l'actu tech en un clin d'œil Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur ! Installer Numerama Pour ne rien manquer de l’actualité, suivez Numerama sur Google ! Dans l'Internet d' Elon Musk Le prochain vol du Starship aura lieu en mars. Ou plutôt en avril. Ah non, en mai maintenant. Elon Musk a encore changé la date Cette fois c’est officiel : le FSD de Tesla décroche son premier feu vert en Europe « J’adore ces voitures » : Elon Musk signe officiellement la fin d’une ère pour Tesla Une concession Tesla prise par les flammes : la police opte pour la piste criminelle Pourquoi tout votre fil X (Twitter) est-il soudainement traduit en français ? 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