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Prêt flash carburant : 5 000 à 50 000 euros dès maintenant, voici qui est concerné, et pourquoi la colère monte

👤 Aymeric Geoffre-Rouland
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Prêt flash carburant : 5 000 à 50 000 euros dès maintenant, voici qui est concerné, et pourquoi la colère monte Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 14/04/26 à 16h45 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 5 © Alexander Fedosov - Prêt flash carburant : avec un diesel à 2,38 euros et une essence à 2 euros le litre, le gouvernement propose aux entreprises un crédit, pas une aide. Le gazole non routier a pris entre 50 et 60 centimes le litre depuis fin février. Pour un transporteur, un agriculteur ou un patron de chalutier, la facture carburant a explosé en quelques semaines. Face à la grogne des professionnels et à la menace de blocages, le ministère de l'Économie a annoncé le 3 avril la création d'un prêt de trésorerie d'urgence, opéré par Bpifrance. La plateforme a ouvert ce dimanche 13 avril.Le principe : un crédit, pas une aide. L'État ne donne rien. Il prête, via sa banque publique d'investissement, à un taux fixe de 3,8 %, sans garantie ni caution personnelle. Les montants vont de 5 000 à 50 000 euros, remboursables sur 36 mois dont 12 mois de différé pendant lesquels l'entreprise ne rembourse que les intérêts. La demande se fait intégralement en ligne, avec une réponse promise en 48 heures et un décaissement sous 7 jours. À lire également : Éco-conduite : comment réduire votre consommation de carburant de 25 % avec ces réflexes simples Qui peut en bénéficier, et qui en est excluLe dispositif cible trois secteurs : transports, agriculture et pêche. Pour y accéder, l'entreprise doit être une TPE ou une PME créée depuis plus d'un an, dont les dépenses de carburant représentent au minimum 5 % du chiffre d'affaires. Elle doit disposer d'un compte bancaire professionnel et accepter de donner accès en lecture à Bpifrance à ses derniers mois de relevés. Les entreprises en procédure collective sont exclues.La plateforme Bpifrance Flash, ouverte depuis le 13 avril, permet aux TPE et PME éligibles de souscrire au prêt flash carburant 100 % en ligne.© Capture d'écran : flash.bpifrance.frLa liste des absents est longue. Les particuliers ne sont pas concernés : aucune aide directe à la pompe n'est prévue pour les automobilistes. Les professions libérales, les infirmiers, les aides-soignants et les artisans qui roulent beaucoup restent en dehors du périmètre. Un chauffeur de taxi indépendant est éligible ; un restaurateur qui livre ses clients ne l'est pas forcément.Pour les particuliers, les seuls leviers restent le barème kilométrique 2026, la prime carburant employeur de 200 euros par an et le chèque énergie pour les foyers modestes. À lire également : Hausse du carburant : 3 applications gratuites indispensables pour trouver les stations les moins chères Un prêt, pas une subvention : pourquoi le dispositif diviseLe mot qui revient dans la bouche des représentants professionnels, c'est "dette". Rachid Boudjema, président de l'Union nationale des taxis, a résumé le malaise sur franceinfo le 4 avril : "Le prêt n'est pas une solution. C'est sauter pour mieux reculer, c'est étrangler demain les entreprises d'aujourd'hui." Le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, réclame de son côté une prise en charge directe de 30 centimes par litre de gazole non routier, pas un crédit. Les pêcheurs de Méditerranée ont lancé une grève illimitée le 7 avril. Le prêt n'est pas une solution. La seule chose que ça va faire, c'est engranger davantage de difficultés, puisque ce prêt, il va falloir le rembourser. C'est sauter pour mieux reculer, c'est étrangler, demain, les entreprises d'aujourd'hui.Pour les TPE du transport, de l'agriculture et de la pêche, le prêt flash carburant est la seule réponse du gouvernement. Les particuliers, eux, n'ont rien.© Aleksandar MalivukEn parallèle, l'État a encaissé 270 millions d'euros de surplus fiscal sur les carburants en mars, dont 120 millions de TVA supplémentaire et 150 millions d'accises dopées par un pic de stockage en début de mois. Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a nuancé sur franceinfo en rappelant que ces recettes étaient "très inférieures au coût de la crise pour les finances publiques", chiffrant les dépenses de soutien et la hausse de la charge de la dette à 430 millions sur la même période. "2026 ne sera pas 2022, on ne peut pas annoncer des milliards d'euros dont, en réalité, on n'a pas le début d'un centime", a-t-il ajouté.En clair : le gouvernement propose aux entreprises de s'endetter à 3,8 % pour absorber une crise qu'elles subissent, sans remise à la pompe, sans baisse de taxe, et sans visibilité sur la suite. Le cessez-le-feu au Moyen-Orient vacille, le détroit d'Ormuz est toujours verrouillé, et le baril repart au-dessus des 100 dollars. Mais David Amiel a reconnu sur France 2 le 13 avril que "si ça dure des mois, il y aura évidemment un renforcement des aides", tout en répétant que celles-ci resteraient "ciblées et financées". Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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