● BFM Tech 📅 14/04/2026 à 16:20

Malgré leur bannissement, 61% des adolescents de moins de 16 ans peuvent toujours utiliser les réseaux sociaux en Australie, les plateformes semblant faire peu d’effort pour les leur interdire

Géopolitique
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Une étude commandée par la Molly Rose Foundation montre que l'interdiction en vigueur en Australie est loin d'être efficace, et que les plateformes font peu d'efforts pour la faire respecter.Une étude servant de premier bilan, quelques mois à peine après la mise en application de l'interdiction des réseaux sociaux aux adolescents australiens de moins de 16 ans, risque de faire date.Commandée par la Molly Rose Foundation, une association britannique qui ambitionne de protéger les jeunes des dangers en ligne, elle montre que 61% des adolescents australiens entre 12 et 15 ans utilisent encore régulièrement leur compte sur les plateformes.Un pourcentage très élevé qui montre à la fois l'échec de la mesure, le peu d'entrain à déployer des mesures au sein des réseaux sociaux, et également l'absence de réelles sanctions du côté de l'Etat australien à l'encontre de géants de la tech, qui se sont retrouvés à devoir appliquer une loi sans cadre technique, notamment.Des plateformes qui ne font rien pour bannir les plus jeunes53% des utilisateurs de Tiktok et de Youtube, et 52% de ceux d'Instagram avant l'interdiction peuvent toujours accéder à leur compte sans que celui-ci ait fait l'objet d'un quelconque bannissement, alors même que ces plateformes en ont l'obligation.Menée auprès de 1.050 enfants de 12 à 15 ans, cette étude "soulève de sérieuses questions quant à l'efficacité de l'interdiction australienne," prévient la fondation, qui pointe du doigt "les enjeux élevés" qui incombent à d'autres pays, dont le Royaume-Uni, qui veulent se servir de l'Australie comme un exemple. En France, Emmanuel Macron et le gouvernement mènent des discussions pour que les réseaux sociaux soient interdits aux moins de 15 ans d'ici au 1er septembre 2026, mais puisque ce n'est pas une obligation européenne, l'Etat ne peut pas contraindre les plateformes à passer par des solutions de vérification d'âge obligatoires."Nous avertissons que l'interdiction australienne ne constitue pas la mesure coupe-feu urgente et décisive que les partisans de l'interdiction espéraient. Au contraire, elle risque de donner aux parents un faux sentiment de sécurité et de déresponsabiliser les entreprises technologiques face à leurs manquements en matière de sécurité", estime la Molly Rose Foundation.Dans le détail, parmi les répondants, ils étaient 61% pour Snapchat, 60% pour Tiktok, et même 64% pour Youtube, à dire que la plateforme utilisée n'avait pris aucune mesure pour tenter de bloquer ou suspendre le compte qu'ils possédaient avant l'interdiction.Andy Burrows, directeur général de la fondation, souhaite qu'une réglementation "plus stricte" soit votée pour contraindre les plateformes à prendre de réelles mesures. Son président, Ian Russell, estime de son côté que le gouvernement britannique doit également davantage consulter avant d'acter une proposition, ce qui semble d'ailleurs devoir être le cas: "Le prix est trop élevé pour se tromper en adoptant précipitamment une interdiction comme l'Australie, qui offre une impression de sécurité mais trahit les enfants dans la pratique."32% des enfants du panel ont ainsi indiqué avoir ressenti des effets négatifs après la mise en place de cette interdiction. 14% d'entre eux estiment en outre que la réglementation les a fait se sentir "moins en sécurité" sur les plateformes.Quelques jours avant la parution de cette étude, le régulateur australien a annoncé le lancement d'une enquête, avec d'éventuelles sanctions attendues pour le milieu de l'année 2026. L'organisme s'est dit "préoccupé" par une absence de respect de la loi par les réseaux sociaux.Les plus lus"Blasphématoire", "antéchrist": face à l'indignation de la droite religieuse, Donald Trump retire une image le représentant tel JésusUne jeune Iranienne juge que "la répression sera sûrement plus dure" avec la trêve entre l'Iran et les États-UnisLiverpool-PSG: comment Khvicha Kvaratskhelia est devenu l’homme des grands soirs"Donner le premier souffle de vie à une base lunaire durable": Blue Origin, l'entreprise de Jeff Bezos, annonce avoir produit de l'oxygène à partir de poussière lunaireINFO RMC. Villefranche-sur-Saône: un adolescent de 13 ans tué par balle, la piste accidentelle privilégiée
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