● BFM Tech
📅 14/04/2026 à 15:15
Plus de 70 associations et ONG alertent Meta: avec la reconnaissance faciale, ses lunettes connectées pourraient devenir l’arme parfaite pour les prédateurs sexuels ou les agents d’un régime totalitaire
Géopolitique
Dans une déclaration commune, plus de 70 organisations, allant d'associations LGBTQIA+ aux organisations de défense des immigrés, en passant par celles dédiées aux libertés civiles, alertent Meta de la dangerosité de ses produits connectés. Tout particulièrement d'une fonction de reconnaissance faciale qui pourrait être intégrée prochainement.Les lunettes connectées de Meta, qui détient les principaux réseaux sociaux comme Facebook, Instagram et Whatsapp, sont un danger, préviennent dans une déclaration commune plus de 70 organisations américaine.Relayé par Wired, cet appel exige que Meta mette un terme à ses plans visant le déploiement massif de la fonction Name Tag. Si elle était intégrée dans les lunettes du géant américain, comme c'est prévu, cette technologie de reconnaissance faciale, qui serait déployée au sein de ses produits Ray-Ban et Oakley, permettrait aux porteurs des montures intelligentes d'identifier les personnes autour d'eux.C'est cette fonctionnalité qui est dénoncée par des associations et organismes luttant pour les libertés civiles, le mouvement LGBTQIA+, la défense des immigrés et pour les droits reproductifs. Parmi les signataires, on trouve notamment la puissante Union américain pour les libertés civiles (l'ACLU) ou encore l'Electronic Privacy Information Center.Selon cette lettre ouverte, le "Name Tag", qui permet le déploiement de la reconnaissance faciale au travers des lunettes connectées de Meta, donnerait aux harceleurs et aux agents fédéraux un moyen "silencieux" d'identifier des personnes.Meta profite-t-il de "l'autoritarisme croissant"?Le lancement de Name Tag, qui n'est pas encore effectif, a été découvert dans des documents internes qui ont fuité dans le New York Times en février 2026. Ceux-ci démontrent que Meta utiliserait "l'environnement politique dynamique" pour accélérer son déploiement, en pariant sur le fait que les associations de la société civile seraient "trop accaparées (par d'autres choses) pour s'en préoccuper". Un élément que ses détracteurs voient comme un moyen pour Meta de profiter de "l'autoritarisme croissant" et qui serait "du mépris pour l'Etat de droit".Grâce à l'assistant IA intégré aux lunettes connectées de Meta, Name Tag pourrait donc servir à identifier des personnes dans le champ de vision de leurs utilisateurs. Deux versions de cette fonctionnalité auraient d'ailleurs été envisagées en interne: une qui n'identifierait que les personnes connectées avec le porteur sur les différentes plateformes de Meta; une autre, plus large, qui identifierait toutes les personnes croisées et ayant un compte sur une des plateformes de l'entreprise.Une telle fonctionnalité - qui ne pourrait pas être lancée en Europe, en raison du règlement sur les données personnelles en vigueur - pourrait donc avoir un impact important sur les libertés individuelles et servir un Etat potentiellement policier.Une plus grande transparence souhaitéeDans une lettre envoyée à Mark Zuckerberg, le patron de Meta, cette coalition estime que cette problématique ne peut pas être résolue uniquement par des modifications dans la conception des produits ou via un système de désinscription valable sur les différents réseaux sociaux du groupe. Qui plus est, elle réclame une plus grande transparence de la part de Meta sur les utilisations connues de ses lunettes dans des cas de harcèlement ou de violence, ou des affaires liées au contrôle de l'immigration, par exemple de la part des agents de l'Ice."Le gens devraient pouvoir évoluer dans leur vie quotidienne sans craindre que des harceleurs, des arnaqueurs, des agents fédéraux ou des activistes de n'importe quel parti ne puissent vérifier silencieusement leur identité, et puissent associer leur nom à une mine d'informations les concernant, comme leur état de santé, leurs loisirs ou leurs relations," écrivent les organismes.Au fil des années, Meta a revu par portion ses différentes politiques liées à la fois à ses lunettes connectées et à la reconnaissance faciale. Si elle avait, en 2021, annoncé vouloir s'éloigner d'un tel objectif, elle a finalement fait marche arrière, bien aidée par de potentiels juteux contrats avec le gouvernement américain, qui souhaite équiper sa police de l'immigration.Malgré tout, en 2019, l'entreprise a été condamnée à une amende de 5 milliards de dollars par le régulateur du commerce américain pour avoir utilisé, notamment, un logiciel de reconnaissance faciale. Tandis qu'en 2021, elle signait un accord de 2 milliards avec les autorités de l'Illinois et du Texas pour solder des poursuites liées à la capture d'empreintes faciales sans le consentement des utilisateurs.A ce stade, avec ses lunettes connectées, Meta est surtout dans une zone grise, le régulateur n'ayant pas dicté de règles claires en matière de confidentialité aux Etats-Unis. L'entreprise sait néanmoins qu'elle n'est pas tout à fait dans les clous: l'absence d'une telle option en Europe témoigne de ce fait.Les plus lus"Blasphématoire", "antéchrist": face à l'indignation de la droite religieuse, Donald Trump retire une image le représentant tel JésusUne jeune Iranienne juge que "la répression sera sûrement plus dure" avec la trêve entre l'Iran et les États-UnisLiverpool-PSG: comment Khvicha Kvaratskhelia est devenu l’homme des grands soirs"Donner le premier souffle de vie à une base lunaire durable": Blue Origin, l'entreprise de Jeff Bezos, annonce avoir produit de l'oxygène à partir de poussière lunaireINFO RMC. Villefranche-sur-Saône: un adolescent de 13 ans tué par balle, la piste accidentelle privilégiée
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