● Les Numériques Télécom 📅 14/04/2026 à 12:00

Test Sigma 50mm F1.2 DG DN Art : l'ultra grande ouverture comme nouveau standard ?

Cybersécurité 👤 Georges Siriostis
Illustration
13 Commenter Présentation Maintenant que la série des focales fixes Art en ouverture F1.4 est bien installée, Sigma s'intéresse aux modèles encore plus premiumum et lumineux en F1.2. Il y a déjà dans la gamme un 35 mm qui a récemment été renouvelé (en 2026, premier modèle en 2019) et il semblerait qu'un 85 mm soit en cours de développement. Le 50mm F1.2 DG DN Art annoncé en 2024 se positionne entre les deux.Le Sigma 50mm F1.2 DG DN Art.© SigmaComme d'habitude, cet objectif est décliné en plusieurs montures : Sony E et L-Mount pour les hybrides Sigma, Lumix et Leica. Il couvre naturellement le format 24x36 mm et équivaut donc à un 75 mm si on l'utilise avec un boîtier équipé d'un capteur au format APS-C.Une ultra grande ouverture F1.2, associée ici à un diaphragme à 13 lamelles, peut en théorie servir à plusieurs choses. La première est de pouvoir travailler confortablement à main levée dans de faibles conditions de lumière en intérieur ou de nuit par exemple d'autant plus que l'objectif est dépourvu de stabilisation optique. Sur ce point la différence n'est pas flagrante comparée à un modèle F1.4 puisque seulement 1/3 d'IL les séparent. La seconde chose, et le cœur du sujet de cet objectif, c'est la possibilité de jouer avec de très faibles profondeurs de champ et des effets de bokeh très marqués.Le revers de la médaille sur ce genre d'objectif ultra lumineux est souvent le poids et l'encombrement. Sigma a pourtant réussi un tour de force pour les limiter au maximum sans faire de compromis sur le reste : un paradoxe sur le papier ! Le 50mm F1.2 DG DN Art pèse 745 g, mesure 10,88 cm de long et 8,1 cm de diamètre : à peine plus imposant que le modèle F1.4.La formule optique du Sigma 50mm F1.2 DG DN Art.© SigmaL'objectif s'appuie sur une formule optique de haut vol composée de 17 lentilles réparties en 12 groupes dont 4 lentilles asphériques et des verres à haut indice de réfraction. Chaque élément est le plus fin possible. Le constructeur a corrigé l'aberration sphérique, la coma sagittale, l'aberration chromatique axiale et d'autres aberrations. La mise au point est assurée par un nouveau double moteur HLA rapide, précis, réactif et silencieux. Le constructeur a aussi minimisé le focus breathing pour les vidéastes.Enfin la qualité de conception et de construction semble aussi au rendez-vous avec la présence d'une bague de réglage manuelle du diaphragme conçu pour un usage photo ou un usage vidéo, une résistance à la poussière et aux éclaboussures ou enocre un assemblage de pièces en TSC (Thermally Stable Composite) annoncé comme léger et résistant.Le haut de la gamme chez SigmaLe Sigma 50mm F1.2 DG DN Art a été annoncé en avril 2024 au prix de 1499 euros. Ce n'est pas le seul 50 mm en gamme chez Sigma mais certainement le plus haut de gamme. On trouve aussi le 50mm F1.4 DG DN Art proposé au prix de 970 euros et le 50mm F2 DG Contemporary proposé au prix de 709 euros. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Ergonomie Pas de doute, il s'agit bien d'un objectif Sigma en gamme Art. Au premier coup d''œil et au premier toucher on comprend tout de suite qu'il s'agit d'un objectif haut de gamme, très bien conçu et très bien fabriqué.Le Sigma 50mm F1.2 DG DN Art monté sur notre Sony A7RIV de tests.© Les Numériques - Georges SiriostisAvec une ouverture ultra lumineuse F1.2, on pourrait s'attendre à un objectif très imposant, volumineux et lourd. Il n'en est rien ! Le Sigma 50mm F1.2 DG DN Art reste relativement compact et léger, assez bien proportionné au calibre d'un boîtier comme le Sony A7R IV et pas beaucoup plus imposant que son petit frère, le modèle F1.4 proposé en gamme Art également.Comptez tout de même un poids de 745 g (versus 670 g pour le modèle F1.4), une longueur d'environ 11 cm et un diamètre d'environ 8 cm (idem pour le modèle F1.4). Les deux objectifs exploitent d'ailleurs des filtres circulaires à visser d'un diamètre de 72 mm. Cette prouesse a été rendue possible au développement grâce notamment par l'utilisation de lentilles minces, de 4 lentilles asphériques, de verres à haut indice de réfraction, d'un système de mise au point flottante et à la chasse aux éléments non indispensables.Le Sigma 50mm F1.2 DG DN Art et sa bague de réglage du diaphragme crantée ou fluide.© Les Numériques - Georges SiriostisL'objectif est naturellement doté d'une conception à mise au point interne (pas de variation de la longueur en fonction de la distance de mise au point), il est protégé contre les intempéries (poussières et éclaboussures) de part sa structure et son traitement hydrofuge et oléofuge sur la lentille frontale.Les commandes du Sigma 50mm F1.2 DG DN Art.© Les Numériques - Georges SiriostisNiveau interface, Sigma propose une magnifique bague de diaphragme crantée au 1/3 l'IL avec une position automatique (verrouillable via un interrupteur) et la possibilité de la rendre fluide via un interrupteur pour un usage facilité en vidéo. On retrouve aussi une touche AFL programmable et un second interrupteur pour basculer en mise au point manuelle. Il n'y a pas de bague de réglage programmable malheureusement.La bague de mise au point manuelle est pour sa part large et très confortable à utiliser. Sa fluidité est parfaite (ni trop dure, ni trop douce) ce qui sous entend une grande précision de réglage. Cette bague n'est pas mécaniquement connectée aux lentilles mais actionne les moteurs AF qui se chargent de leur déplecement en fonction du réglage désiré. Du coup, pas de repère de butée ! Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Performances optiques Nous avons naturellement passé ce Sigma 50mm F1.2 DG DN Art au laboratoire et l’avons testé avec un Sony A7R IV, équipé d’un capteur plein format de 61 millions de pixels capable de délivrer des images de 9504 x 6336 pixels. Les tests ont été réalisés en JPEG, qualité Extra fine, avec les corrections optiques (Comp. de l’objectif) en mode Auto. Sony intègre des corrections numériques pour le vignetage, les aberrations chromatiques et la distorsion.Notre scène test et les zones d’intérêt présentées sur les planches à 100 % (échantillons de 250 x 250 pixels) pour comparaison : Sony A7R IV, 24x36 mm, 61 millions de pixels.© Les Numériques / Georges SiriostisLes mesures ont été réalisées avec le logiciel d’analyse de qualité d’image français DxOMark Analyzer et une charte (mire à points). Elles sont complétées par une approche visuelle, réalisée sur notre traditionnelle scène test.Piqué : niveau, homogénéité et comportementLa notion de piqué est délicate à traiter. C'est ce que l'on peut assimiler à la “sensation de netteté” ou à la “précision” observée sur une image. Elle peut varier sensiblement d'un objectif à l'autre, selon la focale et l'ouverture, mais aussi entre le centre et les bords de l’image.Mire de mesure à points : en vert le centre, en orange les 2/3 de l’image et en bleu les bords pour l’analyse BxU avec DxOMark Analyzer.© Les Numériques / Georges SiriostisOn étudie le comportement du piqué de l’objectif en s’appuyant sur la mesure du flou dans différentes zones de l’image (le centre, les 2/3 et les coins) à différentes focales (dans le cas d’un zoom) et en faisant varier l’ouverture. La mesure du BxU (Blur Units) est dérivée d’une mesure MTF basse fréquence qui correspond bien à la perception des détails par l’œil humain.Plus la valeur de BxU s’approche de 0, plus la sensation de netteté est élevée. Le flou commence à être perceptible à partir de -1,5, visible à partir de -2,5 et fort à partir de -3,5. Un dégradé de couleurs permet d’appréhender facilement le piqué de l’objectif selon les configurations.© Les Numériques - Georges SiriostisCe Sigma 50mm F1.2 DG DN Art est bon, même excellent ! Le comportement général de l'objectif est cohérent. Dès F2.8 le piqué est homogène sur l'ensemble des zones de l'image du centre aux bords extrêmes et il le reste jusqu'à F16. On note à F16 un léger décrochage du niveau global du piqué lié à la diffraction.À la plus grande ouverture F1.2, le piqué est un peu en retrait d'une manière globale mais il monte à son niveau maximal (au centre et au 2/3 des images) dès F2. Les bords extrêmes à F1.2 et F2 sont légèrement moins bons mais on parle ici bien des bords les plus extrêmes des images donc rien de problématique en soit ! Comparer les photos Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F1,2 Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F2 Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F2,8 Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F4 Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F5,6 Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F8 Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F11 Sigma 50mm F1.2 DG DN Art @ F16
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