● Courrier International
📅 14/04/2026 à 11:07
“Bon marché, nourrissante, nutritive” : les pouvoirs insoupçonnés de la légumineuse
Géopolitique
Remplacer la viande par des légumineuses, comme y invite la campagne britannique Bang In Some Beans, permet de réduire ses factures d’alimentation et son empreinte carbone. PHOTO ARMANDO RAFAEL/THE NEW YORK TIMES [Cet article a été publié le 28 février et republié le 14 avril 2026] Les légumineuses ont tout pour elles, à en croire certains des meilleurs chefs du pays. Elles sont durables, abondantes, nourrissantes, et bien moins chères que le steak et le poulet par exemple. [Lancée par la Food Foundation, une association qui entend améliorer l’alimentation des Britanniques, et] portée entre autres par [les médiatiques chefs] Jamie Oliver et Hugh Fearnley-Whittingstall, la campagne Bang In Some Beans [“mettez-vous aux légumineuses”] s’est fixé pour objectif de doubler le nombre de haricots blancs, noirs, rouges, de Lima, borlotti, cannellini et de fèves consommés au Royaume-Uni d’ici à 2028. Elle bénéficie également du soutien de plusieurs grands supermarchés, qui s’engagent à augmenter les ventes au cours des trois prochaines années. À lire aussi : Vu d’Allemagne. Le comté, un petit miracle de fromage, un modèle de société D’après la cheffe Ali Honour, qui vient de publier un livre de recettes de cuisine intitulé Beans [“Légumineuses”], les légumineuses sont suffisamment flexibles pour constituer un plat principal ou être utilisées dans un dessert, et permettent de réaliser des économies considérables par rapport à la viande. “Si le prix de la viande atteint la stratosphère, l’humble légumineuse demeure la super championne du monde de l’alimentation : bon marché, nourrissante, nutritive, elle est prête à sauver votre dîner et votre compte en banque.” Et d’ajouter : “Si le steak est le gros frimeur, les légumineuses sont le gamin qui fait les devoirs de tout le monde dans son coin – discrètement brillant, largement sous-estimé et, finalement, celui qu’on veut avoir à ses côtés.” Avec un peu d’organisation, renoncer à un ou deux repas de viande par semaine vous permettra de réduire vos factures d’alimentation comme votre empreinte carbone et d’améliorer votre cuisine, précise-t-elle. Un impensé de la gastronomie Pour Rebecca Tobi, qui dirige l’équipe chargée de la transformation de l’industrie alimentaire à la Food Foundation, le prix de la viande augmente tellement que les ménages cherchent comment se préparer des plats équilibrés tout en ménageant leur budget. “À part les baked beans on toast [tartine de haricots blancs à la tomate], un classique de la cuisine britannique, les gens ne savent pas trop comment consommer les légumineuses. Mais quand on regarde les autres cultures, les autres pays, on constate qu’elles entrent dans toute une série de plats vraiment savoureux – du Mexique, avec les enchiladas, au sous-continent indien, avec les dals.” “Les légumineuses sont des championnes absolues en termes de nutrition. Elles ne contiennent pas de cholestérol, sont pauvres en graisses et bourrés de fibres, un élément dont on ne parle pas assez dans ce pays.” La campagne Bang In Some Beans encourage donc les consomateurs à remplacer la viande par des légumineuses. Certaines offrent une texture semblable à celle de la viande, explique Rebecca Tobi, et s’intègrent sans problème aux plats préférés de la famille “comme les spaghettis bolognaise, le hachis parmentier et le chili con carne”. On peut ainsi continuer à faire les plats qu’on aime avec un budget serré. Prenons par exemple un simple chili con carne pour quatre personnes : on peut y mettre 400 grammes de haricots rouges ou noirs en boîte pour 400 grammes de bœuf, de porc ou de poulet [au lieu d’un tiers de haricots pour deux tiers de viande]. À lire aussi : Vu du Royaume-Uni. “Classique, accessible et français” : au Bouillon Chartier, le meilleur repas pas cher de Paris Si vos enfants sont timorés en matière de cuisine, l’association Veg Power suggère de commencer par intégrer de petites quantités de légumineuses aux plats qu’ils aiment, et d’augmenter la dose au fil du temps. Les légumineuses molles – haricots de Lima, cannellini et haricots blancs – se prêtent très bien aux plats crémeux, par exemple les macaronis au fromage. Les plus fermes – haricots rouges, haricots noirs et pois chiches – absorbent les arômes et sont parfaites pour le chili, le curry et les ragoûts. Une excellente source de protéines D’après la Food Foundation, une boîte de 400 grammes de haricots rouges procure 36 % des apports journaliers recommandés en protéines pour une femme et 25 % des apports en fibres. Le blanc de poulet le moins cher [qui coûte près de 70 % de plus] procure 48 % des apports journaliers recommandés en protéines, mais pas de fibres. D’après Ali Honour, un steak d’aloyau de 150 grammes (prix : entre [7 et 9 euros] environ) apporte 25 grammes de protéines, alors que 200 grammes de haricots de Lima en apportent 14 grammes pour un coût tournant autour de [0,58 euro]. “Un plat de légumineuses fait maison revient en moyenne à [0,09 à 0,14 euro] par portion, soit moins qu’un seul nugget de poulet, et est riche en protéines.” Le prix des légumineuses est déterminé par leur conditionnement. Celles vendues en boîte et en bocal sont précuites et peuvent être utilisées directement. Elles sont donc très pratiques, mais plus chères. Sous forme sèche, elles sont disponibles en gros paquets, et parfois très bon marché. Cependant, elles nécessitent plus de préparation. À lire aussi : Vu du Royaume-Uni. Avec ses 1 360 boulangeries, Paris est la star du “tourisme boulanger” Les légumineuses en bocal sont en général les plus chères des trois et les plus tendres, en raison du processus de préparation, explique Rebecca Tobi. Pour Ali Honour, les légumineuses précuites, en boîte ou en bocal, sont pratiques et ne réservent pas de mauvaises surprises. Choisir de préférence une marque sans sel ajouté. Ce conditionnement est le plus indiqué pour les haricots de Lima, les haricots noirs, les haricots rouges, les cannellini et les pois chiches. Les légumineuses sèches, elles, doivent être cuites. Elles sont plus savoureuses, ont une meilleure texture et sont bien meilleur marché. Leur poids quadruple à la cuisson : 100 à 125 grammes de légumes secs équivalent à peu près à une boîte de 400 grammes. Une denrée accessible Combien économise-t-on si on prend des légumineuses sèches au lieu de produits en conserve ? Elles reviennent à [0,81 à 1,04 euro] le kilo une fois cuites, contre environ [1,73 euros] en conserve, explique Ali Honour. Elle conseille d’en faire cuire une grande casserole chaque semaine, et de congeler le tout en portions de 250 grammes, de préférence dans l’eau de cuisson pour qu’elles restent tendres. On peut aussi les congeler quand elles se trouvent dans un plat en sauce, précise Rebecca Tobi : “Un ragoût, un dal ou une soupe contenant des légumineuses se congèle et se décongèle très bien.” Les légumes secs doivent être conservés dans un bocal hermétique et se gardent longtemps. “Les acheter en gros n’est pas seulement bon pour votre budget, ça vous met aussi à l’abri de l’inflation”, explique Ali Honour. À lire aussi : Société. Le paradoxe végan : les adeptes se multiplient mais les restaurants ferment Vous pouvez ainsi faire un repas pour moins de [1,12 euros] la portion, ajoute-t-elle. Une purée de haricots de Lima, par exemple : deux boîtes de haricots cuites avec de l’ail, du thym et du romarin et servies avec du pain croustillant, un délice. Et le burger au pois “crotte de lièvre” (qui est cultivé au Royaume-Uni) constitue un bon substitut de la viande. Autres possibilités, les baked beans on toast de Prue Leith – des cannellini mixés avec du chorizo –, les flageolets en croûte persillée du chef Tom Aikens et le hachis parmentier à base de lentilles vertes de l’entraîneur de fitness Joe Wicks. Toutes ces recettes sont disponibles sur le site de Veg Power. Les légumineuses peuvent également servir à faire des desserts, ajoute Ali Honour : des brownies avec des haricots noirs et des blondies avec des pois chiches, par exemple. Elle a créé une pâte à tartiner à base de cannellini ou de haricots de Lima, qui ne contient ni les sucres raffinés ni l’huile de palme présents dans celles de certaines enseignes. Shane Hickey Lire l’article original Europe Végétarien et végan Nos lecteurs ont lu aussi Émigration. Un minuscule canton suisse devient le refuge des expats de Dubaï Football. Coupe du monde : les exigences “inadmissibles” de la Fifa pour les matchs au Canada Analyse. Les objecteurs de conscience russes ne sont plus les bienvenus en Allemagne Environnement. En Tunisie, la pollution du littoral entraîne une crise économique, sociale et sanitaire Source de l’article The Guardian (Londres) L’indépendance et la qualité caractérisent ce titre né en 1821, qui compte dans ses rangs certains des chroniqueurs les plus respectés du pays. De centre gauche, proeuropéen, The Guardian est le journal de référence de l’intelligentsia, des enseignants et des syndicalistes. Contrairement aux autres quotidiens de référence britanniques, le journal a fait le choix d’un site en accès libre. Il est passé au format tabloïd en 2018. Cette décision s’inscrivait dans une logique de réduction des coûts, alors que The Guardian perdait de l’argent sans discontinuer depuis vingt ans. Une stratégie payante : en mai 2019, la directrice de la rédaction, Katharine Viner, a annoncé que le journal était bénéficiaire, une première depuis 1998. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Bibliocité « Contre l’imposture, l’auto-défense intellectuelle ». Rencontre avec Aurélie Jean, auteure d’« Imposture, comment identifier les usurpateurs du débat public » le 16 avril 2026. Je m’inscris → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. 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