● Courrier International
📅 14/04/2026 à 11:14
Coupe du monde : les exigences “inadmissibles” de la Fifa pour les matchs au Canada
Géopolitique
Le stade BMO Field de Toronto, qui accueillera plusieurs matchs de la Coupe du monde de football 2026, ici photographié le 24 mars. PHOTO Kyaw Soe Oo/REUTERS Pour la première fois de son histoire, le Canada accueillera l’été prochain la Coupe du monde de football, coorganisée avec les États-Unis et le Mexique. Treize matchs doivent se tenir à Toronto et à Vancouver, les deux villes hôtes canadiennes. Mais après avoir consulté les contrats noués entre ces dernières et la Fifa, Radio-Canada lève le voile sur les exigences démesurées de l’instance dirigeante du football mondial et leurs répercussions “considérables” sur les finances publiques. “Quand on lisait les contrats, c’est comme si on leur donnait les clés du pays”, déplore une source anonyme au fait du dossier. Les demandes de la Fifa incluaient notamment des travaux colossaux de modernisation des stades ainsi que la prise en charge de la totalité des frais pour assurer la sécurité de l’événement. À cela s’ajoutait le report ou l’annulation des autres événements culturels et sportifs à partir d’une semaine avant la compétition. Les seules exceptions devaient être soumises à l’approbation de la Fifa. À lire aussi : Football. Mondial 2026 : “La part du lion pour les États-Unis, les miettes pour le Canada” Ces demandes, qui auraient pu nuire à la tenue du Grand Prix de Formule 1 et à celle du Festival international de Jazz à Montréal, ont pesé dans la décision de la métropole québécoise de retirer sa candidature en 2021. “C’était inadmissible pour moi”, affirme la ministre du Tourisme québécoise de l’époque, Caroline Proulx. Une facture de plusieurs milliards D’après les documents consultés par le diffuseur canadien, la Fifa réclamait également une exonération totale de taxes sur les revenus qu’elle réaliserait au Canada de la date de désignation des villes hôtes (13 juin 2018) jusqu’au 31 décembre 2028 – soit plus de dix ans. Ces cadeaux fiscaux devaient aussi profiter aux partenaires de l’organisation, aux diffuseurs et aux joueurs. Une autre source impliquée dans ces négociations confidentielles affirme que les dirigeants de la Fifa “se comportent comme s’ils étaient au-dessus du pouvoir politique”. “Ce sont eux qui dictent les règles du jeu, alors que c’est de l’argent public.” Radio-Canada a calculé qu’en tenant compte des requêtes de l’organisation la facture finale pour les contribuables “devrait osciller entre 1 et 2 milliards de dollars canadiens [entre 617 et 1,23 milliard d’euros] pour seulement 13 matchs”. À lire aussi : Football. Immigration : le Canada durcit aussi les conditions d’entrée pour la Coupe du monde Quant aux retombées économiques, si Ottawa anticipe “des milliards de dollars canadiens” et des dizaines de milliers d’emplois créés, des experts contactés parlent de chiffres “optimistes”, voire “loufoques”. Ils évoquent des études fédérales “exagérées” provenant d’organisations privées n’ayant aucun intérêt à agir autrement. Le spécialiste britannique Simon Chadwick explique : “Les organisations commerciales qui travaillent avec la Fifa doivent présenter une prévision optimiste, puisqu’elles ont des liens d’affaires avec la Fifa. Celles qui vont montrer des effets négatifs ne remporteront jamais de contrat avec la Fifa.” Courrier international Football FIFA Amériques Sur le même sujet Vu du Mexique. Entre les pays hôtes de la Coupe du monde 2026, plus qu’un simple conflit de voisinage Coupe du monde. La réouverture chaotique du stade Azteca de Mexico, affublé d’un nouveau nom “sans âme” Football. Pour suivre la Coupe du monde, le “super-supporteur” anglais Andy Milne vend sa maison Football. Mondial 2026 : Le Canada offre à ses fans d’origine italienne un échange de maillots Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Bibliocité « Contre l’imposture, l’auto-défense intellectuelle ». Rencontre avec Aurélie Jean, auteure d’« Imposture, comment identifier les usurpateurs du débat public » le 16 avril 2026. Je m’inscris → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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