● BFM Tech 📅 14/04/2026 à 09:38

"Donner le premier souffle de vie à une base lunaire durable": Blue Origin, l'entreprise de Jeff Bezos, annonce avoir produit de l'oxygène à partir de poussière lunaire

Géopolitique
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Blue Origin, la société de Jeff Bezos, affirme avoir mis au point un réacteur capable de produire de l’air respirable à partir du sol lunaire. L'objectif? L'utiliser à la fois pour permettre aux astronautes de respirer et pour alimenter en carburant les fusées. Une étape décisive pour, un jour, coloniser l'astre.Il n’y a ni arbres, ni océans, ni atmosphère. Et pourtant, dans un laboratoire de Los Angeles, de petites bulles d’oxygène émergent d’une matière grise et poudreuse venue d’un autre monde.... de la poussière lunaire.Comme le rapporte The Telegraph, la société Blue Origin, fondée par Jeff Bezos, affirme avoir produit de l’air respirable à partir de la poussière lunaire. L'entreprise aurait ainsi mis au point un réacteur capable d’extraire de l’oxygène du régolithe, cette fine couche de roche qui recouvre la surface de la Lune. Une première mondiale, selon la firme."Grâce à notre technologie Air Pioneer, la poussière lunaire se transforme en air pur à partir du régolithe lunaire, pour le plus grand plaisir des astronautes de retour sur la Lune", s'enthousiasme l'entreprise.Un air prisonnier de la rocheLa Lune, en apparence stérile, recèle en réalité une ressource précieuse. Près de la moitié de sa poussière est composée d’oxygène. Mais il s'agit d'un oxygène piégé, chimiquement lié à des métaux comme le fer, l’aluminium ou le titane.Jusqu’ici, les tentatives pour l’extraire restaient confinées à des expériences de laboratoire. Mais elles nécessitaient des équipements lourds, difficiles à transporter pour une mission spatiale. Or, dans l'espace, chaque kilogramme compte. Transporter de l’oxygène depuis la Terre est coûteux, risqué, et limite considérablement l’autonomie des missions.Traversée en rebond, bouclier thermique et amerrissage : le délicat retour sur Terre des astronautes d'Artémis II 22:28Le réacteur développé par Blue Origin, baptisé Air Pioneer, entend donc changer la donne."Chaque kilogramme d’oxygène produit sur la Lune est un kilogramme de moins à envoyer depuis la Terre", résume Pat Remias, vice-président des concepts avancés et de l'ingénierie d'entreprise chez Blue Origin.Il faut dire que le réacteur est particulièrement compact. Selon Blue Origin, il serait prêt à voler pour "donner le premier souffle de vie à une base lunaire durable".L'appareil repose sur le principe d'électrolyse, un procédé chimique qui utilise un courant électrique continu pour séparer les composés en leurs éléments de base. Le régolithe est porté à environ 1.600 C°, et devient liquide. Il est ensuite traversé par un courant électrique qui sépare les éléments.Les ions d’oxygène négatifs migrent vers une électrode, où ils se recombinent sous forme de gaz, visible sous forme de bulles. Il est ainsi possible de le recueillir plus facilement. Les métaux, chargés positivement, se déplacent vers une autre électrode. Ces derniers restent solides et se déposent au fond.Produire sur placeL’oxygène extrait pourrait servir à deux usages essentiels: fournir de l’air respirable aux astronautes, mais aussi alimenter les fusées en tant que propergol, facilitant les allers-retours entre la surface lunaire et l’orbite."Les matériaux nécessaires à une base lunaire sont produits sur place, et à un coût bien inférieur à celui de leur acheminement depuis la Terre", ajoute Blue Origin.En plus de l'oxygène, le procédé produit des matériaux utiles, comme le fer, l'aluminium, le silicium ou le verre. Autant de ressources essentielles à la construction d’infrastructures. Le verre peut par exemple être utilisé pour les fenêtres et les couvercles de panneaux solaires.Seul hic, le système nécessite une énergie considérable pour fonctionner. Blue Origin doit produire environ un mégawatt d'électricité pour faire fonctionner les réacteurs, soit l'énergie nécessaire pour alimenter simultanément entre 400 et 1 000 foyers. Les projets actuels envisagent donc des champs de panneaux solaires installés à proximité des bases lunaires.Car les ambitions de la Nasa grandissent un peu plus chaque jour. La Nasa prévoit de ramener des astronautes sur la Lune à l’horizon 2028 dans le cadre du programme Artemis. Dans cette perspective, des acteurs privés comme Blue Origin ou SpaceX cherchent à s’imposer comme partenaires clés pour la construction d’infrastructures lunaires.Vers une Lune habitable?Le projet Blue Alchemist, auquel appartient le réacteur, bénéficie d'ailleurs d'un soutien financier de la Nasa à hauteur de 35 millions de dollars. L’agence a même fourni des échantillons de poussière lunaire issus des missions Apollo afin de permettre la mise au point de simulations fidèles.L’objectif affiché dépasse la simple exploration. Il s’agit, à terme, d'installer des colonies sur la Lune puis sur Mars. "L’établissement d’une présence lunaire permanente nécessitera l’utilisation des ressources sur la Lune plutôt que leur transport depuis la Terre", rappelle ainsi Blue Origin.Des humains sur Mars, c'est pour bientôt? 15:42L'entreprise entend ainsi transformer ces corps célestes en "mondes autosuffisants où les robots et les humains pourront aller au-delà de la simple visite et véritablement explorer, se développer, vivre et prospérer"."Nous renverrons d'abord des hommes sur la Lune, puis nous commencerons à nous débrouiller sur place", complète Pat Remias. La formule peut sembler ambitieuse. Elle marque pourtant un changement de paradigme. Là où la conquête spatiale visait autrefois à planter un drapeau, elle cherche désormais à s’installer.Dans ce contexte, les bulles d’oxygène observées dans un laboratoire terrestre prennent une dimension particulière. Elles ne sont pas seulement le produit d’une réaction chimique. Elles pourraient être, à terme, le premier souffle d’une présence humaine durable au-delà de la Terre.Les plus lus"Blasphématoire", "antéchrist": face à l'indignation de la droite religieuse, Donald Trump retire une image le représentant tel JésusUne jeune Iranienne juge que "la répression sera sûrement plus dure" avec la trêve entre l'Iran et les États-UnisLiverpool-PSG: comment Khvicha Kvaratskhelia est devenu l’homme des grands soirs"Donner le premier souffle de vie à une base lunaire durable": Blue Origin, l'entreprise de Jeff Bezos, annonce avoir produit de l'oxygène à partir de poussière lunaireINFO RMC. Villefranche-sur-Saône: un adolescent de 13 ans tué par balle, la piste accidentelle privilégiée
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