● Les Numériques Télécom 📅 14/04/2026 à 07:00

J'ai essayé la XPeng P7+, l'une des berlines électriques les plus attendues !

Géopolitique 👤 Aurélien Piot
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12 Commenter Présentation Parmi tous les constructeurs chinois qui ont profité de la voiture électrique pour se lancer en Europe, XPeng est sans doute l'un de ceux qui a fait une entrée des plus remarquées. S'il n'a pas la force de frappe du géant BYD, le jeune constructeur, fondé en 2014, est arrivé avec des produits assez aboutis tels que les SUV 100 % électriques G6 et G9 qui composaient jusqu'alors à eux seuls sa gamme française.Certains clients attendaient toutefois qu'une berline vienne rejoindre les rangs de XPeng sur notre marché, d'autant que le modèle tricorps P7 a grandement participé au succès de la marque en Chine. Si cette dernière vient d'être renouvelée, nous n'aurons droit qu'à la P7+, lancée en Chine en 2024, plus grande et un peu plus consensuelle que la P7, qui mise elle sur des lignes plus dynamiques.© Aurélien Piot / Les NumériquesDe fait, avec ses 5,07 m de long, la XPeng P7+ évolue sur sur un marché de niche et assez peu ouvert aux nouveaux acteurs. Rappelons toutefois que la Tesla Model S évoluait sur le même segment et la P7+ a le bon goût de se montrer bien moins élitiste. Ainsi, elle démarre à 45 990 € en version RWD Standard Range, quand la Model S réclamait plus de 100 000 € à la fin de sa carrière.Avec ses 455 km d'autonomie WLTP seulement, la version Standard Range risque d'évoluer dans l'ombre du modèle RWD Long Range aux 530 km de rayon d'action. Ce dernier, que nous avons essayé, réclame une rallonge de 4000 € seulement, soit un tarif de 49 990 €, et offre en sus quelques équipements supplémentaires. Enfin, une version à quatre roues motrices AWD Performance est proposée au tarif de 53 990 € pour une autonomie théorique de 500 km.La P7+ est assemblée à Graz, en Autriche, mais seulement en CKD, ce qui ne lui permet pas de décrocher le fameux éco-score en France et la prive donc de prime "coup de pouce". Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Ergonomie et designUn positionnement de niche Le style de la P7+ n'est pas aussi original que celui de la dernière P7, avec davantage de rondeurs.© Aurélien Piot / Les NumériquesAlors que la plupart des berlines de plus de 5 m de long adoptent des lignes de berline tricorps très conservatrices, la P7+ mise sur une poupe plus fuyante.© Aurélien Piot / Les NumériquesElle profite à son aérodynamisme avec un Cx de seulement 0,211, parmi les meilleurs, non loin de celui de 0,20 de la Mercedes EQS.© Aurélien Piot / Les NumériquesCe score est atteint avec les volets actifs de la calandre en position fermée. Pour le reste, les lignes de la P7+ sont fluides et la berline adopte un bandeaux lumineux à l'avant et à l'arrière. On reste toutefois sur notre faim en matière de personnalisation, avec seulement quatre teintes de carrosserie proposées, comme pour le G9 : un blanc, deux gris (dont le Graphite Grey de notre modèle d'essai) et un noir. Le modèle Standard Range a droit à un unique dessin de jantes de 19 pouces, tandis que la monte de 20 pouces de notre modèle d'essai est fournie de série sur les deux autres versions, sans autre choix possible.L'intérieur laisse lui le choix ente une sellerie en simili-cuir graphite, comme pour notre modèle d'essai, ou blanc, alors associé à des détails dorés dans la plus pure élégance chinoise.© Aurélien Piot / Les NumériquesLa planche de bord est proche de celle d'un G6. Comme son nom l'indique, et malgré son gabarit qui pousse la comparaison avec les plus luxueuses berlines européennes, la P7+ ne joue pas tout à fair le rôle de fleuron au sein de la gamme XPeng. Elle est ainsi dépourvue de l'écran passager du SUV G9, par exemple.© Aurélien Piot / Les NumériquesLes finitions sont de bonne facture pour le prix avec des matériaux qualititatifs sur les parties supérieures, mais les parties basses sont moins travaillées. Là encore, on ne peut pas se plaindre au vu du tarif de la P7+ par rapport à celui de ses rivales, mais son gabarit très imposant sans pour autant se confronter frontalement aux modèles premium risque de la réserver à un segment de marché assez fin.Quant à l'ergonomie, elle est fidèle aux autres modèles XPeng avec très peu de commandes physiques. Même la boîte à gants s'ouvre depuis l'écran central, comme chez Tesla.Cette P7+ reçoit de série un rétroviseur caméra. Ses images sont toutefois saccadées et on a préféré basculer sur le miroir traditionnel assez rapidement lors de notre essai, avec une rétrovision correcte.© Aurélien Piot / Les NumériquesAvec ses 3,00 m d'empattement, la XPeng P7+ offre beaucoup d'espace aux passagers arrière, qui profitent en sus d'un plancher plat.© Aurélien Piot / Les NumériquesL'espace aux jambes est très bon et la garde au toit satisfaisante, tandis que l'on regrette seulement des caves à pieds un peu étroites. Il faudra lever l'assise des sièges avant pour pouvoir glisser ses pieds en-dessous, ce qu'il est possible de faire depuis l'arrière pour le siège passager via un écran de 8 pouces situé derrière la console centrale. Le passager droit de la banquette, qui est donc le plus choyé, profite également d'une tablette aviation.© Aurélien Piot / Les NumériquesLes dossiers sont inclinables électriquement selon un découpage 60/40.© Aurélien Piot / Les NumériquesComme ses lignes le laissent deviner, la P7+ fait le choix d'un hayon, motorisé bien sûr, et non d'une malle comme la plupart des berlines de très grande taille. On accède donc facilement aux 573 l de volume de chargement, cohérent avec les dimensions du modèle.© Aurélien Piot / Les NumériquesLes passagers habitués aux berlines les plus luxueuses pourront toutefois regretter les modèles à malle, qui séparent davantage l'habitacle du coffre. En sus, la P7+ est dépourvue de plage arrière, indisponible au catalogue d'options et qui ne figure pas non plus comme accessoire.On regrette également l'absence de coffre avant (frunk), malgré l'assez long capot de la P7+. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Confort et équipementUn équipement de série pléthorique Comme le G6 restylé, la P7+ embarque un écran central de 15,6 pouces. Il reprend une interface très inspirée de celle de Tesla, avec une bonne réactivité mais un certains temps d'adaptation nécessaire pour appréhender ses différents menus aux traductions parfois hasardeuses. L'assistant vocal est également assez capricieux, tout du moins en français.© Aurélien Piot / Les NumériquesIl est notamment possible de scinder l'écran pour afficher la perception de son environnement par la voiture, désormais également lorsque CarPlay est connecté. Il devrait en être de même pour Android Auto, mais nous n'avons pas eu l'occasion de le tester.© Aurélien Piot / Les NumériquesL'écran d'instrumentation est bien plus minimaliste, avec une diagonale de seulement 8,8 pouces.© Aurélien Piot / Les NumériquesPour cause, la plupart des informations de conduite sont projetées à l'affichage tête-haute. Ce dernier affiche notamment les images des caméras d'angle-morts lorsque le clignotant associé est actionné, ou encore celles de la caméra de recul en marche arrière.© Aurélien Piot / Les NumériquesEn plus d'une caméra positionnée sur le montant A pour surveiller l'attention du conducteur, une autre, pouvant servir à capturer des photos, est placée au-dessus du rétroviseur central.L'écran arrière, lui, ne propose pas de fonction de divertissement comme on en retrouve chez Tesla et permet uniquement quelques contrôles rapides du contenu audio lu à bord de la voiture, en plus du réglage des différentes fonctions des sièges.À bord de cette version Long Range, les sièges arrière sont ainsi chauffants, ventilés et même massants. Il ne manquerait plus qu'une troisième zone de climatisation pour égaler les plus luxueuses berlines allemandes. On aurait aussi apprécié une deuxième prise USB à l'arrière, où seule une prise USB-C est présente, certes de 60 W. À l'avant, il faut se contenter d'une prise USB-A de 2,5 W et d'une prise USB-C de 60 W, la seule à permettre une transmission de données.Pour le reste, l'équipement est très complet de série, avec notamment un double chargeur à induction ventilé de 50 W, qui assure malheureusement peu de maintien.© Aurélien Piot / Les NumériquesLe système audio compte un total de vingt haut-parleurs, dont deux sont positionnés dans l'appui tête conducteur et servent notamment à émettre les indications de la navigation sans déranger les autres occupants. Bien vu ! Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Connectivité et applicationDes services connectés complets XPeng propose divers services connectés et notamment un magasin d'applications pour profiter nativement de Spotify ou encore de Disney+. Une application mobile permet également de géolocaliser sa voiture et de la garer en se servant de son smartphone comme d'une télécommande. Tenue de route et performancesConfortable, mais pas dynamique Sans grande surprise, la P7+ mise sur son confort. Elle ne profite pas de la suspension pneumatique proposée par le G9 et se contente d'amortisseurs pilotés, mais qui offrent un niveau de confort très correct. L'insonorisation est également de bon niveau et la P7+ se dote même d'une fonction de réduction de bruit active.Le dynamisme est lui placé au second plan, avec une voiture qui ne cache pas sa masse de 2,1 t en version Long Range et qui se montre pataude. La direction est avare en remontées d'informations et les épaisses branches du volant handicapent sa prise en main. Heureusement, la P7+ reste rassurante à mener.© Aurélien Piot / Les NumériquesLa version RWD Long Range s'équipe d'un moteur arrière de 230 kW (313 ch) et 450 Nm. Il assure un 0 à 100 km/h en 6,2 s, soit des performances déjà très bonnes.XPeng profite également du lancement européen de sa P7+ pour enfin proposer une fonction one pedal, promise depuis plusieurs mois sur les G6 et G9, mais qui ne devraient finalement y avoir droit qu'à l'été. La récupération d'énergie est alors relativement facile à doser. On regrette toutefois que cette fonction ne puisse pas être activée en conduisant, nécessitant de la sélectionner à l'arrêt.Parmi les autres détails d'ergonomie irritants à l'usage, citons les réglages d'aides à la conduite. Conformément à la norme européenne GSR2, elles se réactivent automatiquement à chaque démarrage. XPeng a décidé d'aller plus loin en les réactivant automatiquement si vous quittez la route des yeux, ce qui pourra agacer dans le cas où le système interpète mal votre regard. Il est donc nécessaire de désactiver aussi la surveillance de l'attention pour que les autres aides à la conduite soient entièrement shuntées. Pour ce faire, il est possible de passer par les menus de l'écran central, ou de créer des routines dites X-Combos.Mais le plus gênant ne vient pas de ces réglages, mais bien des aides à la conduite en elles-mêmes. Ainsi, l'aide au maitien dans la voie est très interventioniste au point de devenir dangereuse. Elle vous corrige même lorsque votre clignotant est enclenché, pour peu que votre dépassement soit jugé trop lent, vous centrant dans une voie coûte que coûte. On imagine les dégats que cela peut causer si la lenteur de votre dépassement était par exemple dûe au fait qu'un autre véhicule avait engagé un changement de voie dans le même temps... Autrement, cette aide intervient trop brusquement et souvent lorsque cela n'est pas nécessaire.Heureusement, XPeng promet de mettre à jour les aides à la conduite de la P7+ avant ses premières livraisons européennes, prévues dans un mois seulement. Espérons que cela soit réellement le cas, car dans l'état ces disfonctionnements peuvent représenter un critère décisif allant à l'encontre du choix d'une P7+.Autrement, le système de conduite semi-autonome XPILOT, toujours fourni de série, a évolué depuis notre dernier essai. Il ne fait toujours pas partie des systèmes les plus aboutis, mais rentre dans les rangs avec un centrage dans la voie satisfaisant. On regrette toutefois un certain verrouillage de la direction qui pénalise la conduite "coopérative", certes pas autant que l'Autopilot de Tesla. Autonomie et rechargeUne autonomie médiocre, mais des temps de charge records Toutes les versions de la XPeng P7+ sont équipées de batteries LFP, de 61,1 kWh utiles pour le modèle RWD Standard Range et de 74,2 kWh pour les modèles RWD Long Range et Performance. Dans sa catégorie, la P7+ est donc loin d'être celle équipée de la plus grosse batterie, bien au contraire, ce qui lui vaut une autonomie maximale de seulement 530 km en version Long Range, quand certaines rivales dépassent les 700 km. La P7+ est certes moins énergivores que les G6 et G9, mais elle ne semble pas partie non plus pour battre des records d'efficience.Heureusement, ce manque d'autonomie est compensé par des temps de charge record, avec jusqu'à 446 kW en pic pour un 10 à 80 % en 12 min. Cette performance nécessite toutefois une borne 800 V capable de délivrer une telle puissance, ce qui est quasi introuvable, mais il ne faudrait compter qu'un quart d'heure environ pour passer de 10 à 80 % avec une borne 350 kW, qui se trouve plus facilement.© Aurélien Piot / Les NumériquesDe notre côté, sur une borne 400 kW et arrivés avec un niveau de charge de 25 %, nous avons du patienter environ 11 min pour atteindre 80 % de charge avec un pic à 363 kW. Il s'agit d'un temps excellent.Pour les charges en courant alternatif, la P7+ est équipé d'un chargeur embarqué triphasé de 10,5 kW, qui assure aussi une fonction V2L via un adaptateur jusqu'à 3,3 kW. Publicité, votre contenu continue ci-dessous Publicité Points forts Espace arrière très généreux. Équipement de série pléthorique. Technologies embarquées modernes. Bon confort. Temps de charge excellents. Points faibles Manque de personnalisation possible. Ergonomie médiocre. Pas de plage arrière. Pas de coffre avant (frunk). Comportement pataud. Aides à la conduite à revoir. Autonomie courte pour une "Long Range". Conclusion Note de la rédaction Comment fonctionne la notation ? Avec son niveau d'équipement pléthorique et sa technologie embarquée moderne, la XPeng P7+ répond assez bien aux attentes qu'elle suscitait jusqu'alors. Reste qu'avec son gabarit très imposant, sur un segment dont les marques premium ont le monopole en Europe, la P7+ risque de rester un produit de niche. À ce titre, elle fera valoir ses points forts importants, dont la recharge, mais n'échappe pas non plus aux critiques. Les aides à la conduite sont sans doute le point qui nous a le plus déçu durant notre essai. Espérons qu'elles soient effectivement revues avant les premières livraisons client. Face à la concurrence Pas beaucoup plus chère qu'une Tesla Model 3, malgré ses équipements supplémentaires et son gabarit supérieur, la XPeng P7 + pourra séduire certains clients Tesla souhaitant "se faire plaisir" à un tarif nettement plus doux que celui d'une Model S. Encore faut-il avoir l'espace nécessaire pour un tel véhicule. La P7+ est aussi moins chère qu'une Volkswagen ID.7, vendue à partir de 53 000 €, pourtant moins bien équipée. Certains seront donc tentés de la comparer à des modèles premium de même gabarit, comme une BMW i5, dont la note peut être deux fois plus salée que celle de la P7+ une fois correctement optionnée. Reste à savoir si les clients des marques premiums allemandes passeront le pas. Sous-Notes Ergonomie et design Confort et équipement Connectivité et application Tenue de route et performances Autonomie et recharge Lire la suite
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