● Courrier International
📅 14/04/2026 à 05:55
Le blocus du détroit d’Ormuz, “épreuve de force” ou “test d’endurance économique”, a débuté
Géopolitique
La Une du journal Jam Jam se moquant de Donald Trump à Téhéran le 13 avril (ATTA KENARE / AFP) ATTA KENARE / AFP C’est donc “une nouvelle épreuve de force risquée” qu’a entamée Donald Trump dans le détroit d’Ormuz, note le Wall Street Journal. Depuis lundi soir heure locale, les États-Unis y imposent un blocus. Plus de quinze navires de guerre participent à l’opération selon le Journal. Le Guardian parle, lui, d’un “test d’endurance économique”. D’après le quotidien britannique, le blocus pourrait coûter 276 millions de dollars par jour à l’Iran, privé d’exportations. Mais le coût de l’essence pourrait continuer de monter aux États-Unis, mettant la pression sur leur président Donald Trump et “les Iraniens parient sur le fait que sa tolérance à la douleur politique est limitée”, estime le New York Times. C’est le début d’une “guerre d’usure”, dit encore le Telegraph. “Mais est-ce qu’un embargo réussira là où 13 000 frappes aériennes ont échoué ? ”, demande le journal. À lire aussi : Analyse. Détroit d’Ormuz : le contre-blocus américain fera-t-il plier Téhéran ? Al-Jazeera rapportait en tout cas qu’en fin de journée, au moins deux navires avaient fait demi-tour à l’approche du détroit une fois le blocus officiel. Le Rich Starry, un pétrolier de 188 mètres parti des Émirats arabes unis en direction de la Chine et l’Ostria, autre pétrolier de 175 mètres. De son côté, CNN croit savoir, s’appuyant sur les données de la firme Kpler, qu’un autre navire, l’Elpis, a franchi le détroit. Sur son réseau Truth Social, Donald Trump a affirmé que son armée avait détruit la marine iranienne mais pas de petits bateaux qui peuvent attaquer les pétroliers et les porte-conteneurs. Il a toutefois prévenu que “si l’un de ces bateaux se rapproche de notre blocus, il sera immédiatement éliminé, avec la même technique que nous utilisons contre les trafiquants de drogue en mer”. À lire aussi : Guerre. Iran : la trêve “comporte un trou de la taille d’une bombe nucléaire” JD Vance relativise l’échec d’Islamabad Pour Le Soir, “Trump impose son blocus d’Ormuz sans fermer la porte aux négociations”. Face aux journalistes à la Maison Blanche, il a d’ailleurs assuré qu’il avait reçu des appels de l’Iran. “Ils aimeraient arriver un accord. Vraiment beaucoup”, leur a-t-il raconté, en récupérant une commande de McDonald’s, précise le Middle East Eye. Le président iranien Masoud Pezeshkian a évoqué la situation au téléphone avec Emmanuel Macron, signale NBC News. Il a confié à son homologue français que “son pays était prêt à continuer les discussions avec les États-Unis dans le cadre du droit international” et a invité M. Macron, ainsi que l’Europe, “à jouer un rôle constructif en encourageant les États-Unis à respecter ce cadre”. Il a aussi mentionné que les “demandes excessives des États-Unis” étaient à l’origine de l’échec des négociations au Pakistan ce week-end. À lire aussi : Vu de Téhéran. En Iran, le blocus américain du détroit d’Ormuz suscite à la fois colère et moqueries Un point de vue que ne partage pas à l’évidence JD Vance, le représentant américain dans ces discussions à Islamabad. Interviewé sur Fox News, le vice-président des États-Unis a clamé que “le ballon était dans le camp iranien” désormais. D’après lui, les négociateurs iraniens sur place n’avaient pas l’autorité pour signer un accord. “Je ne dirais pas que les choses se sont mal passées. Je pense aussi que des choses se sont bien passées. Nous avons fait beaucoup de progrès […] C’est peut-être la première fois qu’on a vu le gouvernement iranien et le gouvernement américain se rencontrer à un tel niveau dans l’histoire de l’actuel leadership iranien”, a-t-il indiqué. Plusieurs sources ont déclaré aux médias américains que l’administration Trump voulait un engagement des Iraniens à ne pas enrichir d’uranium et suspendre toute activité nucléaire pendant vingt ans. Les Iraniens eux ont proposé cinq ans. À lire aussi : Iran. Les pourparlers d’Islamabad, “champ de mines politique” ou tremplin pour J. D. Vance ? Courrier international Tensions Iran-États-Unis Réveil Détroit d’Ormuz Pétrole Donald Trump Sur le même sujet Concours. Quelle est l’histoire de Kalush Orchestra, le groupe ukrainien qui vise la victoire à l’Eurovision ? Polémique. Nigeria : accusée d’avoir tué par erreur des dizaines de civils, l’armée nie toute responsabilité Tensions. Israël et la Turquie échangent insultes et menaces Politique. Lors d’un discours fleuve, Peter Magyar promet de renouer le lien entre la Hongrie et l’UE Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. 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