● Courrier International
📅 13/04/2026 à 16:13
Guerre en Iran : Trump sermonne le pape, qui devrait “le remercier” d’avoir été élu
Géopolitique
Le pape léon XIV s’adresse à des journalistes à bord de son vol vers Alger, le 13 avril 2026, après les propos de Donald Trump. PHOTO ALBERTO PIZZOLI/REUTERS “Léon devrait me remercier car, tout le monde le sait, sa nomination a été une surprise totale. Il n’était sur aucune liste de futurs papes et il a été mis là par l’Église uniquement parce qu’il est Américain, et ils pensaient que c’était le meilleur moyen de gérer le président Donald J. Trump. Si je n’étais pas à la Maison-Blanche, Léon ne serait pas au Vatican. Malheureusement, Léon est Laxiste sur la Criminalité et Laxiste sur les Armes nucléaires, et ça, ça ne me plaît pas […]. Léon doit se ressaisir en tant que pape, faire appel au Bon Sens, arrêter de contenter la Gauche radicale et chercher à être un Grand pape, pas un Homme politique. Ça lui fait beaucoup de tort et, surtout, ça fait du tort à l’Église catholique !”Donald TrumpPrésident des États-Unis Les critiques de plus en plus appuyées du pape contre la guerre passent très mal auprès de Donald Trump. Sur son réseau social, Truth Social, le président des États-Unis a publié dimanche 12 avril un très long post éreintant Léon XIV, qualifié de “Laxiste sur la Criminalité et Catastrophique en Politique Étrangère”. Alors que le pape évite de pointer du doigt directement les États-Unis, Trump lui reproche sans détour son hostilité aux attaques lancées contre le Venezuela puis contre l’Iran. “Je ne veux pas d’un Pape qui critique le Président des États-Unis parce que je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu”, ajoute-t-il. Léon XIV avait notamment jugé “inacceptable” la menace proférée par Trump de réduire à néant la “civilisation” iranienne. À lire aussi : Léon XIV. Un pape américain s’élève contre la guerre et les justifications religieuses de l’équipe Trump Le locataire de la Maison-Blanche n’hésite pas à “s’attribuer le mérite de l’élection” du pape, souligne The Washington Post. Il assure que Robert Prevost “a été mis là par l’Église uniquement parce qu’il est Américain, et ils pensaient que c’était le meilleur moyen de gérer le président Donald J. Trump”. Le quotidien de la capitale fédérale rappelle que “peu avant la nomination de Léon, Trump avait posté sur les réseaux sociaux une image générée par IA le représentant en pape”. Trump thaumaturge Dimanche soir, Trump est allé encore plus loin en postant cette fois une image de lui en Jésus guérissant un homme, “provoquant l’indignation de [l’ex-élue républicaine] Marjorie Taylor Greene et d’autres internautes sur les réseaux sociaux”. Le président en a par ailleurs remis une couche lorsqu’il a été interrogé sur son post, en lâchant notamment : “Je ne suis pas fan du pape Léon.” Le souverain pontife a dit ce lundi 13 avril qu’il n’avait “pas peur du gouvernement Trump”. En route pour l’Algérie où il entame une tournée en Afrique, il a déclaré ne pas vouloir “entrer dans un débat” avec Donald Trump. “Je ne pense pas que le message de l’Évangile doive être détourné comme certains le font”, a-t-il ajouté, réitérant ainsi ses critiques à peine voilées contre la rhétorique religieuse du ministre de la Défense des États-Unis, Pete Hegseth. À lire aussi : Analyse. Pete Hegseth, guerrier “au nom de Jésus” Le Washington Post relève que le post de Trump est intervenu après que des cardinaux américains se sont exprimés contre la guerre en Iran et la communication de la Maison-Blanche à son sujet, notamment dans l’émission télévisée phare “60 minutes”. Washington aurait déjà exprimé son courroux à l’ancien nonce apostolique Christophe Pierre, en janvier dernier, lors d’une réunion rapportée le 6 avril par le site The Free Press, selon lequel le nonce se serait vu infliger “un sermon acerbe accompagné d’un avertissement”. Courrier international Christianisme Religion Guerre en Iran Donald Trump Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Analyse. La guerre en Iran, un coup dur pour la crédibilité des États-Unis dans le monde Politique. Silvia Salis, nouvelle héroïne de la gauche italienne pour combattre Meloni ? États-Unis. Affaire Epstein : mais à quoi joue donc Melania Trump ? Vu d’Ukraine. Victoire de Peter Magyar en Hongrie : Orban “devrait ficher le camp” en Russie Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Bibliocité « Contre l’imposture, l’auto-défense intellectuelle ». Rencontre avec Aurélie Jean, auteure d’« Imposture, comment identifier les usurpateurs du débat public » le 16 avril 2026. Je m’inscris → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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