● Journal du Net
📅 13/04/2026 à 15:12
Grégory Wintrebert (ACN) : "L'Alliance pour la confiance numérique veut redevenir un acteur de premier plan pour mieux défendre les intérêts de nos adhérents auprès des pouvoirs publics"
Cybersécurité
👤 Pascal Coillet-Matillon
Elu en octobre 2025, le président de l'Alliance pour la confiance numérique (ACN) détaille la feuille de route de son mandat de deux ans à la tête de l'un des principaux syndicats professionnels français de la cybersécurité. JDN. Quelle est la feuille de route de votre mandat de l'Alliance pour la confiance numérique (ACN) ? Grégory Wintrebert, président de l'Alliance pour la confiance numérique. © Alliance pour la confiance numérique (ACN) Grégory Wintrebert. Elle s'articule autour de trois axes. Le premier est d'opérer une jonction entre les petits et les grands acteurs de la confiance numérique et de la cybersécurité, pour soutenir le business de nos petits adhérents. Le deuxième est de renforcer la promotion des idées de l'ACN au sein des institutions gouvernementales françaises et européennes. Enfin, le troisième axe est de poursuivre ce qu'avait entrepris mon prédécesseur, Daniel Le-Coguic, avec l'ACN Promotion. Il s'agit d'un programme qui fait la promotion des acteurs de l'association via des livrables et événements. Comment souhaitez-vous unifier les intérêts des petits et grands acteurs ? Actuellement, l'ACN est composée de 130 adhérents. Il s'agit de 80% de start-up et 20% de grands groupes. Ces start-up sont par exemple Anozr Way, Board of cyber, Citalid, ou encore Olvid. Quant aux grands groupes, ce sont notamment Sopra Steria, Airbus cybersecurity, Eviden, Capgemini, etc. Pour renforcer les relations entre tous ces acteurs, il faut d'abord que l'ACN parvienne à attirer davantage de grandes entreprises. Le travail engagé porte ses fruits : Capgemini, qui n'était plus adhérent de l'ACN, revient chez nous. L'entreprise partage complètement notre volonté d'ouvrir les portes de nos grands adhérents aux start-up afin de les embarquer dans leurs activités. Ce renforcement des relations doit servir avant tout à développer le business de nos petits adhérents. Pour cela, nous voulons réunir les start-up et ces grandes entreprises lors d'événements business. Ces événements consisteront principalement en des journées durant lesquelles chacun de nos grands acteurs, comme Capgemini, Sopra Steria, Eviden et d'autres, s'ouvrira aux petites entreprises. Ils leur présenteront des opportunités de grands projets à long terme dans lesquels ces petits acteurs pourront être embarqués. C'est donc une véritable opportunité pour ces petits acteurs, surtout quand on sait que les ESN sont impliquées dans des grands projets de digitalisation du territoire. Comment vos actions contribuent-elles à renforcer la souveraineté numérique ? Oui, ces actions de l'ACN vont dans le sens de la souveraineté numérique. Elles contribuent en effet au développement et au business des entreprises adhérentes de l'ACN qui sont capables d'apporter des offres souveraines pour des clients français et européens. Et contrairement à certains a priori, les grandes entreprises et ESN qui composent l'ACN sont aussi favorables à cette souveraineté. En tant que président de l'ACN, j'échange aussi beaucoup avec d'autres organismes professionnels similaires en Allemagne et en Espagne, pour déployer cette approche souveraine au niveau européen, qui profite aux grands comptes comme aux start-up. Comment voulez-vous mieux promouvoir les intérêts de vos adhérents auprès des pouvoirs publics ? Aujourd'hui, notre voix ne porte pas assez dans les relations institutionnelles. Nous voulons redevenir un acteur de premier plan pour mieux défendre les intérêts de nos adhérents auprès des pouvoirs publics français et européens. Pour cela, nous avons un plan d'action. Il consiste à embarquer tous nos acteurs, jusqu'aux plus petits, dans la formation de la norme. On évangélise les petits acteurs sur l'impact que vont avoir sur eux des réglementations européennes comme eIDAS 2 et le cyber resilience act, pour les sensibiliser à ce sujet. Nous souhaitons également les encourager à participer à l’élaboration des normes en envoyant des représentants dans les institutions concernées. Aujourd'hui, la norme reste, hélas, l'apanage des grands groupes alors qu'elle concerne tous les acteurs qui doivent l'appliquer. Aussi, avec le Campus Cyber, on prévoit de faire un tour de France de la cybersécurité pour aller à la rencontre de nos adhérents et nous faire connaître auprès d'autres entreprises. Cela nous permettra d'embarquer le maximum d'organisations pour avoir plus de poids dans la mise en œuvre des réglementations comme la directive NIS 2, ainsi que de contribuer à la formation des réglementations autour du quantique et autres sujet. Nous voulons fédérer le plus de sociétés possibles pour avoir le plus de poids au niveau européen.
🔗 Lire l'article original
👁️ 0 lecture