● Siècle Digital
📅 13/04/2026 à 10:34
Interdire les réseaux sociaux aux enfants ? L’Estonie dit non et assume
👤 Jennifer Larcher
Réseaux Sociaux Interdire les réseaux sociaux aux enfants ? L’Estonie dit non et assume Pendant que l'Europe multiplie les interdictions de réseaux sociaux pour les mineurs, l'Estonie prend le contre-pied et pointe du doigt les vrais responsables. Par Jennifer Larcher Publié le 13 avril 2026 à 10h34 Australie, France, Grèce, Espagne, Danemark, Autriche. La liste des pays qui ont légiféré ou envisagé sérieusement d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs s’allonge au fil des mois. Les données sur les effets néfastes sont la dépression, l’anxiété, les troubles du sommeil, les comportements alimentaires dégradés en partie à cause des publicités ciblées pour la malbouffe. L’interdiction semble être la réponse la plus intéressante. Pourtant, l’Estonie regarde ce mouvement et n’adhère pas. Kristina Kallas, ministre estonienne de l’Éducation s’est exprimé au forum Politico à Barcelone. Les interdictions ne règlent pas vraiment les problèmes et tout parent ou enseignant qui a vu un adolescent contourner un contrôle parental en trente secondes comprend immédiatement l’argument. Les jeunes trouveront très vite comment accéder quand même aux plateformes. La responsabilité ne s’arrête pas à l’âge minimum Kallas retourne l’argument habituel. En effet, fixer un âge minimum revient à demander à l’enfant de se réguler face à des algorithmes conçus par des équipes entières dont le seul objectif est de garder l’utilisateur le plus longtemps possible sur la plateforme. La bataille est inégale. Pour la ministre, les gouvernements et les entreprises doivent assumer leur part au lieu de reporter la charge sur les plus jeunes. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Sur la relation de l’Europe aux géants américains, le ton monte d’un cran. Kallas refuse l’idée que le bloc européen serait impuissant face aux plateformes. L’UE dispose des leviers réglementaires, elle les utilise déjà sur d’autres sujets tech, mais elle choisit de ne pas les activer pleinement sur la question des réseaux sociaux et des mineurs. Une posture de faiblesse assumée qui, selon elle, relève davantage du choix politique que d’une vraie limitation de moyens. Le cas australien est une illustration concrète des limites L’Australie a été pionnière, la loi est passée et l’obligation a été faite aux plateformes de fermer des centaines de milliers de comptes d’utilisateurs mineurs. Meta a annoncé avoir supprimé 550 000 comptes pour se conformer à la réglementation. Sauf que les données de conformité révèlent des lacunes importantes, beaucoup de mineurs continuent d’accéder aux plateformes, parfois avec l’aide de membres de leur famille, via des VPN ou en mentant sur leur âge. La prochaine étape au niveau européen sera le Digital Fairness Act, dont le calendrier législatif devrait occuper 2026 et 2027. La Commission devra décider si elle s’oriente vers des interdictions nationales additionnelles ou vers une régulation plus contraignante des pratiques des plateformes elles-mêmes. Politique
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