● Courrier International
📅 12/04/2026 à 11:27
Accro aux réseaux sociaux ? Une courte pause pourrait suffire à sauver votre cerveau
Géopolitique
Une courte pause suffirait à remédier au déclin cognitif engendré par la surexposition aux réseaux sociaux. Dessin de Boligan paru dans El Universal, Mexico Quatre heures trente à cinq heures par jour. C’est le temps que passe, en moyenne, un Américain sur son smartphone, indique The Washington Post. Même en considérant la fourchette basse des sondages – deux à trois heures quotidiennes – “cela représente tout de même un mois et demi par an pendant lequel on ne fait rien d’autre” que d’être scotché à un écran. Au-delà des effets néfastes sur notre vie sociale et notre santé mentale, “de plus en plus d’études estiment qu’une utilisation intensive des réseaux sociaux […] a des effets cognitifs notables (sur l’attention, la mémoire et la concentration), qui s’apparenteraient, selon certains chercheurs, à du vieillissement accéléré”, rapporte la journaliste Ariana Eunjung Cha. À lire aussi : Smartphones. En Inde, des villageois s’imposent une courte détox numérique tous les soirs Faut-il pour autant s’en alarmer ? Pas forcément, pointe le journal américain. Car ces effets sont réversibles, grâce à une solution des plus accessibles : “Faire une pause”. “On pourrait croire que les cures de désintoxication numérique ne sont qu’un phénomène de mode, concède Ariana Eunjung Cha. Mais dans l’une des plus grandes études menées à ce jour, publiée dans PNAS Nexus et portant sur plus de 467 participants, âgés, en moyenne, de 32 ans, même une courte période de déconnexion peut donner des résultats étonnants : cela efface dix ans de déclin cognitif lié à l’âge.” Des bénéfices observables rapidement Quatorze jours durant, les participants étaient privés d’accès à Internet sur leurs téléphones, grâce à l’application Freedom. Seuls les SMS et les appels étaient autorisés. “À la fin de cette période, [ils] ont constaté des améliorations au niveau de leur capacité d’attention soutenue, de leur santé mentale, ainsi que de leur bien-être ressenti”, indique le Washington Post. Plus surprenant : les bénéfices de ce sevrage numérique ont été observés même chez des participants ayant triché. “Il n’est pas nécessaire de se priver indéfiniment, affirme Kostadin Kushlev, professeur associé de psychologie à l’université de Georgetown, coauteur de l’étude. Même une désintoxication numérique partielle, ne serait-ce que durant quelques jours, semble porter ses fruits.” À lire aussi : Réseaux sociaux. Face aux dégâts, une simple condamnation de Meta et Google ne suffit pas Malgré l’espoir que représentent ces résultats, John Torous, professeur associé et psychiatre à la faculté de médecine d’Harvard cité par le Washington Post, se montre plus nuancé. Car la recherche sur les “détox numériques” n’en est qu’à ses débuts et surtout, “tout le monde n’est pas touché de la même manière” par la surexposition aux réseaux sociaux, explique-t-il. Difficile donc, pour l’heure, de développer une stratégie reproductible. Dans la continuité de précédents travaux ayant mis au jour la prévalence de troubles anxieux dans les pays à revenus élevés, une étude menée sur plus de 8 000 participants, dans 23 pays, est en cours, afin de vérifier si “les États-Unis et d’autres pays occidentaux subissent – ou non – des effets négatifs plus graves, du fait de leur utilisation des smartphones”, informe le quotidien américain. Les conclusions sont attendues pour le début de l’année prochaine. Mais d’ici là, on ne risque pas grand-chose à s’octroyer un petit break. Courrier international Santé mentale TikTok Nouvelles technologies Facebook Instagram Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Pourparlers. À Islamabad, les États-Unis et l’Iran échouent à trouver un accord de paix Réseaux sociaux. Face aux dégâts, une simple condamnation de Meta et Google ne suffit pas Sacrés Français. Un restaurant unique en France Économie. Dans le détroit d’Ormuz, l’Iran et la Chine “dédollarisent” l’ordre international Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Bibliocité « Contre l’imposture, l’auto-défense intellectuelle ». Rencontre avec Aurélie Jean, auteure d’« Imposture, comment identifier les usurpateurs du débat public » le 16 avril 2026. Je m’inscris → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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