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📅 11/04/2026 à 15:00
Michel-Edouard Leclerc dénonce "un milliard de surprofit" de TotalEnergies grâce à la crise du carburant
Géopolitique
👤 Nassim Chentouf
Michel-Edouard Leclerc dénonce "un milliard de surprofit" de TotalEnergies grâce à la crise du carburant Par Nassim Chentouf Publié le 11/04/26 à 15h00 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 2 © Shutterstock/Solarisys - TotalEnergies Michel-Edouard Leclerc n'a pas mâché ses mots : "Total a fait un coup de génie. Ils ont acheté toutes les cargaisons qui ne passaient pas par le détroit d'Ormuz, pas cher, et ils ont fait un milliard de surprofit." On parle d'une accusation directe contre la stratégie de TotalEnergies pendant la crise au Moyen-Orient.Michel-Edouard Leclerc s'attaque à la stratégie de TotalEnergiesLe groupe pétrolier a acheté du pétrole à bas prix sur les marchés hors Ormuz, puis l'a revendu avec des marges très confortables. Il faut dire que TotalEnergies est la dernière grande compagnie pétrolière à maîtriser toute la chaîne, de l'extraction à la pompe. Ses concurrents ne contrôlent qu'une partie de la chaîne et ne sont pas en mesure de proposer les mêmes prix sans perdre de l'argent.Et pour cause, depuis le 12 mars, TotalEnergies plafonne le prix de l'essence à 1,99 € le litre dans ses 3 300 stations françaises. Le 7 avril, le groupe a relevé le diesel à 2,25 € le litre mais a prolongé le plafonnement jusqu'à fin avril. Le patron de Leclerc voit dans cette générosité affichée une opération de communication : "Aujourd'hui, que le gouvernement obtienne qu'il bloque ses prix et soit moins cher que nous, on peut dire que Total se rachète une virginité." En gros, TotalEnergies utilise ses surprofits pour afficher des prix bas et redorer son image. La grande distribution ne peut pas suivre parce qu'elle n'a pas les mêmes marges. À lire également : "Ces stations se sont fait dévaliser" : Total gèle le prix de l'essence et du gazole encore quelques jours, mais le répit touche à sa fin Sauf que voilà, la baisse des prix du pétrole après le cessez-le-feu entre les Etats-Unis et l'Iran ne se répercutera pas tout de suite à la pompe. Michel-Edouard Leclerc a expliqué que les cuves des stations restent remplies de carburant acheté au prix fort. La décrue prendra du temps.En clair, les automobilistes verront entre trois et cinq centimes de baisse par litre dans les prochains jours, mais pas davantage. La baisse est conditionnée à la stabilité du baril de pétrole.Un retour à la normale n'est pas envisageableMichel-Edouard Leclerc a aussi fermé la porte aux négociations commerciales avec ses fournisseurs. Il préfère maintenir les accords actuels pour protéger le pouvoir d'achat des consommateurs. Les accords déjà conclus intègrent des niveaux d'inflation parmi les plus bas possibles selon lui. Rouvrir les négociations risquerait de provoquer de nouvelles hausses, comme celles observées au début de la guerre en Ukraine.Résultat, le patron de Leclerc tempère les espoirs d'un retour à la normale. Les prix du carburant ne reviendront jamais au niveau d'avant la guerre en Ukraine selon lui. La crise en Iran, le blocage du détroit d'Ormuz et la concurrence mondiale pour le pétrole disponible ont changé la donne durablement. À lire également : “Nous avons enfin une alternative” : pendant que l'essence flambe, les voitures électriques remplacent déjà 1,7 million de barils de pétrole par jour Pour rappel, le diesel est à 2,20 € le litre en moyenne en France et le SP98 à 2,05 €. Un quart des stations TotalEnergies connaît des ruptures de stock à cause de l'afflux de clients attirés par les prix plafonnés. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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