● BFM Tech
📅 10/04/2026 à 16:06
Deepfakes sexuels: après le scandale Grok, Londres veut rendre les patrons de la tech pénalement responsables et pourrait leur infliger des peines de prison
Tech & Innovation
Le gouvernement britannique durcit son arsenal contre la diffusion d’images intimes sans consentement. Une nouvelle mesure vise directement les responsables des grandes entreprises technologiques. Ils pourraient se voir infliger des peines de prison.Le ton monte à Londres. Déjà mobilisé en février pour obliger les plateformes à retirer rapidement les images intimes diffusées sans consentement, après le scandale des deepfakes sexuels liés à l’outil d’IA Grok, le gouvernement britannique va plus loin. Vendredi 10 avril, il a annoncé que des peines de prison pourraient être infligées aux patrons de la tech récalcitrants."Les dirigeants du secteur technologique pourraient être tenus personnellement responsables si les plateformes ne se conformaient pas aux décisions" du régulateur sectoriel, l'Ofcom, leur demandant de "supprimer les images intimes de personnes qui ont été partagées sans leur consentement", a averti le gouvernement dans un communiqué.Durcir la stratégie britanniqueL'exécutif travailliste, qui dispose de la majorité absolue à la Chambre des communes, a déposé vendredi un amendement en ce sens à un projet de loi actuellement discuté au Parlement. En février, le gouvernement avait fait savoir que cette même loi donnerait aux plateformes 48 heures pour retirer les images intimes diffusées sans consentement.Cette nouvelle mesure marque un durcissement clair de la stratégie britannique. Jusqu’ici, les sanctions visaient principalement les entreprises elles-mêmes. Les plateformes qui ne respecteraient pas les règles risquent déjà des amendes pouvant atteindre 10% de leur chiffre d’affaires mondial, voire un blocage de leurs services au Royaume-Uni.Avec cet amendement, les cadres dirigeants récalcitrants pourraient, eux aussi, être condamnés "à une peine d'emprisonnement, à une amende ou aux deux". L’objectif? Forcer les grandes entreprises technologiques à agir plus vite face à la diffusion d’images intimes sans consentement, un phénomène amplifié par les outils d’intelligence artificielle.Des mesures à l'échelle européenneL’annonce intervient dans un contexte de forte pression politique et médiatique. En février, l’outil Grok, intégré au réseau social X d’Elon Musk, avait suscité un tollé international en permettant de générer des images de personnes artificiellement dénudées. Depuis, la question des deepfakes sexuels est devenue un sujet majeur.Culture IA : Grok 2, la fabrique à deepfakes - 17/12 4:17"Trop de femmes ont vu leur vie brisée parce que des images intimes les montrant ont été diffusées en ligne sans leur consentement", a dénoncé vendredi la ministre de la Technologie, Liz Kendall, citée dans le communiqué.En effet, ces contenus, faciles à produire et à diffuser, posent un défi inédit aux autorités. Ils brouillent la frontière entre réel et faux, tout en causant des dommages bien réels.Le gouvernement britannique entend donc aller plus loin encore. D’autres amendements au projet de loi prévoient ainsi de criminaliser la détention ou la diffusion de contenus pornographiques mettant en scène des actes incestueux ou des adultes se faisant passer pour des mineurs.Le Royaume-Uni n’est pas seul à se saisir du sujet. Fin mars, le Parlement européen a approuvé l’interdiction, dans l’Union européenne, des services d’intelligence artificielle capables de dénuder des personnes sans leur consentement.Les plus lus"Comme faire ricocher un caillou sur l'eau": pourquoi le retour d'Artémis 2 sur Terre est-il si spécial?Travail le 1er-Mai: Sophie Binet dénonce "des mensonges" et accuse la loi de profiter aux industriels"L'intérêt de ceux qui font cette guerre, c'est qu'on ne retrouve pas le niveau d'avant": pour Michel-Édouard Leclerc le carburant va baisser mais pas au point de retrouver les niveaux d'avant guerreTutoiement, tensions et tentative de séduction: quand Emmanuel Macron rencontrait le pape FrançoisMarathon de Paris 2026: ravitaillement "sauvage", déguisements, lièvres... Ce qui est autorisé (ou non) sur la course
🔗 Lire l'article original
👁️ 1 lecture