● Courrier International 📅 10/04/2026 à 12:48

Avant les négociations entre Iran et États-Unis, “Islamabad transformée en forteresse”

Géopolitique
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Certains axes routiers d’Islamabad ont été bloqués, le 10 avril 2026, alors que la capitale pakistanaise doit accueillir les délégations américaine et iranienne. PHOTO AKHTAR SOOMRO/REUTERS “Vendredi [10 avril], tous les regards seront tournés vers Islamabad, alors que les délégations des États-Unis et de l’Iran arriveront dans la capitale pour tracer la voie vers un cessez-le-feu permanent”, écrit le quotidien pakistanais The Nation dans un éditorial. “C’est un moment historique pour la région, et l’issue de ces négociations pourrait façonner le Moyen-Orient et l’Asie occidentale pour les décennies à venir.” La délégation américaine sera conduite par le vice-président, J. D. Vance, accompagné de Steve Witkoff et de Jared Kushner, les émissaires de Donald Trump. Côté iranien, le président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araghtchi, sont annoncés, rapporte Dawn. À lire aussi : Géopolitique. La discrète médiation du Pakistan en faveur du cessez-le-feu en Iran, une “grande victoire diplomatique” Le Pakistan. COURRIER INTERNATIONAL Pour “ce qui pourrait s’avérer être l’un des rendez-vous diplomatiques les plus importants de l’histoire récente”, selon les termes employés par The Express Tribune, la capitale pakistanaise a été soumise, à la veille des pourparlers, à “un dispositif de sécurité sans précédent”. Car, comme le souligne The Nation, “le rôle du Pakistan ne se limite pas à la médiation. Il doit également jouer le rôle de garant de la sécurité pendant toute la durée des pourparlers.” Et c’est pourquoi “Islamabad a été transformée en ville forteresse”. Et le quotidien de Lahore d’ajouter : “Dans des moments comme ceux-ci, la sécurité n’est pas une préoccupation secondaire. Elle fait partie intégrante de la diplomatie elle-même.” Routes fermées, 10 000 policiers, jours de congé Concrètement, précise Dawn, la capitale a été placée en “alerte rouge”. “Plus de 10 000 policiers et agents de sécurité ont été déployés pour assurer la sécurité des délégués en visite.” Plusieurs axes routiers ont été fermés, complète The Nation. Ainsi que des chemins de randonnée dans les Margalla Hills, qui surplombent le nord d’Islamabad. Les secours et les hôpitaux ont été mis en alerte maximale. Pour faciliter la mise en œuvre de l’ensemble de ces mesures, les autorités ont décrété deux jours de congé, jeudi 9 et vendredi 10 avril, à Islamabad et à Rawalpindi, la troisième plus grande ville du Pakistan, qui jouxte la capitale. À lire aussi : Chronologie. Les grandes dates de la guerre en Iran : des premières frappes au cessez-le-feu Le lieu où se déroulent les négociations est tenu secret, “à l’écart des projecteurs”, reprend The Express Tribune. “Le Pakistan joue le rôle d’hôte et de médiateur”, explique un haut responsable, qui appelle à la retenue. “Il ne s’agit pas d’un spectacle médiatique. L’objectif, ce ne sont pas les images, mais les résultats.” Pakistan Today estime que les autorités pakistanaises jouent gros en accueillant ces pourparlers. Pour le quotidien, il s’agit même d’un “cadeau empoisonné”. “Si les négociations aboutissent à un accord, le monde applaudira l’Iran et les États-Unis pour avoir évité le pire. Dans le cas contraire, le Pakistan portera une part de responsabilité.” François Gerles Moyen-Orient États-Unis Iran J. D. Vance Asie Amériques Sur le même sujet Vu de Téhéran. La trêve “imposée aux États-Unis”, une “victoire majeure” pour l’Iran Opinion. Quand Trump joue au “fou”, il montre sa faiblesse Diplomatie. Guerre au Moyen-Orient : le Pakistan, “médiateur entre l’Iran et les États-Unis” Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Bibliocité « Contre l’imposture, l’auto-défense intellectuelle ». Rencontre avec Aurélie Jean, auteure d’« Imposture, comment identifier les usurpateurs du débat public » le 16 avril 2026. Je m’inscris → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → La Croix-Rouge française [Contenu partenaire] Droit international humanitaire : protéger l’humain quand tout vacille. Je découvre l’article →
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