● BFM Tech
📅 09/04/2026 à 17:32
X, une plateforme "quasiment inutile" pour suivre l'actualité? Selon une analyse, l'algorithme du réseau social d'Elon Musk pénalise les liens externes et donc les médias
Cybersécurité
Selon une analyse de Nieman Lab, les tweets contenant des liens génèrent moins d’engagement que les messages avec des contenus natifs. Une mécanique qui pénalise les médias traditionnels, très friands de ce format.Sur X (ex-Twitter), les médias publient presque mécaniquement. Une phrase, un lien, et l’article est envoyé et partagé. Mais ce geste semble désormais contre-productif. Elon Musk l'a d'ailleurs martelé à plusieurs reprises: les publications avec des liens sont aussi celles qui circulent le moins.Ce constat n’est pas entièrement nouveau, rappelle le Nieman Journalism Lab, un établissement de l'université de Harvard, aux Etats-Unis. Dès 2016, un rapport de Parse.ly soulignait déjà que Twitter générait peu de trafic vers la plupart des sites d'information, représentant seulement environ 1,5% du trafic total des éditeurs. Mais la plateforme conservait alors un rôle central dans la circulation de l’information en temps réel.X, "quasi inutile" pour suivre l'actualité?"Bien que Twitter ne soit pas une source de trafic globale majeure pour les sites d'information, comparé à Facebook et Google, il occupe une place unique dans l'économie des liens. L'information 'prend' véritablement naissance sur Twitter", expliquaient alors les auteurs.Dix ans plus tard, la situation semble s’être inversée. Non seulement X génère peu de trafic, mais il entrave désormais la diffusion des contenus d’actualité. Dans un thread sur X, justement, Nate Silver, un statisticien américain, va encore plus loin. Ce dernier juge la plateforme "quasiment inutile" pour suivre l’actualité chaude, qu’il s’agisse de conflits internationaux ou de révélations de dernière minute.En cause, selon lui, un algorithme qui pénalise les publications comportant des liens externes, comme par exemple... celles des médias. Il prend l'exemple du New York Times. Malgré ses 53 millions d’abonnés, ses publications peinent à dépasser quelques centaines d’interactions."Le New York Times compte 53 millions d’abonnés, et pourtant ses tweets ne produisent souvent que quelques centaines de mentions J’aime, de retweets et de réponses, même lorsqu'ils révèlent des informations urgentes et de dernière minute", souligne-t-il.Stratégie commune"Le New York Times continue de laisser son responsable des réseaux sociaux faire le minimum: publier en masse 100 liens par jour accompagnés de légendes d'une seule phrase", fustige Nikita Bier, responsable produit chez X, en réponse à Nate Silver. "Il semble que s’ils consacraient ne serait-ce que 1% de leur budget alloué au Word Game à la rédaction réfléchie de contenu ici, ce serait une grande victoire pour le monde et le journalisme en général", cingle-t-il.Pourtant, le journal est loin d'être une exception. Nieman Lab a utilisé Claude pour extraire les 200 tweets les plus récents des comptes X de 18 grands médias et suivre l'engagement (likes, commentaires et retweets) sur chacun. Et le constat est sans appel. Plus un tweet contient un lien, moins il suscite d’interactions. Likes, partages, commentaires,... Tous les indicateurs d’engagement sont affectés. Dans un environnement dominé par l’algorithme, le lien externe apparaît comme un handicap structurel.Malgré ce constat, la plupart des grands médias persistent en effet à publier selon un schéma classique. La majorité (dont BFMTV, d'ailleurs) partage une simple phrase d’accroche suivie d’un lien vers leur site. Dans l’échantillon étudié, le New York Times inclut des liens dans 88% de ses tweets, CNN dans 90%, et le The Wall Street Journal dans 98%. Une stratégie cohérente avec leur modèle économique. Ces médias souhaitent attirer du trafic vers des contenus souvent payants. Mais qui s'avère de plus en plus inefficace sur X.Une équation délicateA l’inverse, certains comptes adoptent une logique radicalement différente. Des agrégateurs d’actualité comme Globe Eye News ou Leading Report publient des informations brutes, sans aucun lien externe. Leur objectif n’est pas de rediriger, mais de capter l’attention. Et l’algorithme les favorise. Résultat, des niveaux d’engagement sans commune mesure. Globe Eye News, avec moins d’un million d’abonnés, enregistre ainsi une médiane de plus de 8.000 interactions par publication... contre quelques centaines pour le New York Times.Fox News fait figure d'exception parmi les médias traditionnels. Seuls 9% de ses tweets contiennent des liens. La majorité des messages privilégie les contenus natifs, comme les vidéos, les images ou les graphiques directement intégrés à la plateforme. Une stratégie qui semble porter ses fruits, puisque le média affiche le troisième taux d'engagement médian le plus élevé de l'échantillon, après Globe Eye News et Leading Report.Pour les médias, l’équation devient délicate. Leur modèle économique repose de plus en plus sur l’abonnement, donc sur la capacité à ramener les lecteurs vers leurs sites. Mais les règles implicites de X incitent à rester sur la plateforme.Reste donc à savoir si les médias vont adapter leur écriture de tweets aux logiques algorithmiques de X, au risque de renoncer à rediriger les lecteurs vers leurs propres contenus, ou, au contraire, maintenir leur modèle actuel, quitte à sacrifier leur visibilité. Pour le moment, le choix semble pencher vers la seconde option.Les plus lusLa campagne de déclaration des revenus 2025 ouvre ce jeudi: voici les dates à respecter selon votre départementCes "violations sapent l'esprit du processus de paix": la trêve au Moyen-Orient fragilisée par les frappes israéliennes au Liban"Ça pourrait être bien parti pour que ce soit moi": Thomas Pesquet parmi les favoris pour marcher sur la LuneQui est Maria-Carolina de Bourbon des Deux-Siciles, qui apparaît en une de Paris Match avec Jordan Bardella?PSG-Liverpool: la qualification déjà dans la poche? Ce que disent les statistiques avant le quart de finale retour
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