● Siècle Digital 📅 09/04/2026 à 14:53

Des YouTubeurs accusent Apple d'avoir utilisé leurs vidéos pour entraîner son IA

👤 Jennifer Larcher
🏷️ Tags : réseau
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Médias Des YouTubeurs accusent Apple d’avoir utilisé leurs vidéos pour entraîner son IA Ethan Klein n'est pas du genre à laisser passer les affronts. Par Jennifer Larcher Publié le 9 avril 2026 à 14h53 Le fondateur de h3h3Productions (plusieurs millions d’abonnés au compteur) a mis son nom en tête d’une action collective déposée devant un tribunal fédéral de Californie. À ses côtés, MrShortGame Golf et Golfholics, deux chaînes spécialisées dans le golf, dont les contenus auraient servi, sans leur accord, à construire les fondations d’Apple Intelligence. Un document de recherche qui se retourne contre Apple Le coup de théâtre juridique tient dans un détail technique que les avocats ont su utiliser à bon escient. Des publications scientifiques signées par les propres chercheurs d’Apple font référence à un jeu de données baptisé Panda-70M. Cette collecte massive aurait été réalisée en contournant délibérément les systèmes de protection mis en place par la plateforme contre le scraping à grande échelle. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Apple a utilisé sa propre documentation technique pour se tirer une balle dans le pied. Quand une multinationale de 3 000 milliards de dollars laisse traîner des preuves dans ses propres articles académiques, on peut légitimement se demander jusqu’où allait la confiance. Le DMCA, le terrain choisi par les plaignants Plutôt que d’attaquer sur le droit d’auteur classique, un terrain miné où les entreprises d’IA ont jusqu’ici bien manœuvré, les chaînes YouTube ont visé le Digital Millennium Copyright Act. Le DMCA interdit explicitement de contourner les mesures techniques de protection. Or YouTube bloque activement le téléchargement en masse de vidéos. Le fait de franchir cette barrière délibérément représente, selon la plainte, une violation caractérisée, indépendamment de l’usage fait des vidéos ensuite. Ce choix procédural n’est pas anodin. Il déplace le débat loin du flou artistique habituel sur la « transformation » des œuvres par l’IA. En réalité, a-t-on pénétré un système protégé sans autorisation&nbsp? Une stratégie judiciaire à la fois coordonnée et méthodique Apple n’est pas le premier à recevoir une assignation de ces mêmes créateurs. Meta, Nvidia, ByteDance et Snap ont tous été visés par des plaintes similaires au cours des derniers mois. La démarche ressemble moins à une réaction d’humeur qu’à une offensive coordonnée. Elle est probablement portée par le même cabinet juridique, avec l’ambition de créer une jurisprudence utile à l’ensemble de la communauté des créateurs. L’action des plaignants dépasse leur cas personnel. Ils réclament réparation pour l’ensemble des créateurs américains dont les contenus auraient alimenté l’industrie de l’IA générative. Cette dernière est valorisée à plusieurs milliers de milliards de dollars, sans qu’un seul centime ne leur soit jamais versé. Apple n’a pas encore répondu officiellement aux accusations. Le silence, pour l’instant, parle de lui-même. Pour aller plus loin YouTube s’impose dans les salons : près d’un Français sur deux l’utilise chaque semaine« AI slop » : ces contenus générés par IA qui envahissent YouTube Kids et inquiètent les expertsL’Australie a interdit les réseaux sociaux aux ados, mais les plateformes contournent la loiNetflix courtise les créateurs, le patron de YouTube minimise la menaceYouTube a versé 8 milliards de dollars aux artistes en 12 moisYouTube se rapproche de la télévision avec des pubs de 30 secondes impossibles à passer Apple YouTube
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