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Muse Spark, le nouveau pari IA de Meta pour faire oublier Llama

Data Science 👤 Mickael Bazoge
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Muse Spark, le nouveau pari IA de Meta pour faire oublier Llama Time is running out Mickael Bazoge Le 09 avril à 10h36 Avec Muse Spark, son nouveau grand modèle de langage (LLM), Meta joue gros. Il s’agit non seulement de faire oublier l’échec de Llama, la précédente génération de LLM maison, mais aussi de justifier l’investissement maousse costaud dans le labo dédié à la « superintelligence ». Une erreur ? Llama 4, lancé il y a quasiment un an jour pour jour, n’a pas été le succès tant espéré par Mark Zuckerberg qui veut sa part du gâteau de l’IA générative. Pire encore, des soupçons de triche dans plusieurs benchmarks ont définitivement entaché la réputation du grand modèle de langage. Un affront pour le patron de Meta, qui digère toujours l’échec de sa stratégie du métavers. Une muse pour le cerveau de Meta AI Hauts les cœurs et les portefeuilles : loin de se laisser abattre par le flop de Llama, Meta a mis la main à la poche pour s’offrir la crème de la crème des spécialistes de l’IA. Débauchés dans toute l’industrie de la tech, ils ont à leur tête Alexandr Wang, l’ancien dirigeant de Scale AI, dont le géant des réseaux sociaux a pris le contrôle l’été dernier en échange de 14,3 milliards de dollars. Pour se transformer en place forte de l’IA, Meta a même laissé partir des vétérans, comme son directeur scientifique Yann LeCun. Droit Le WorldModel : comment Yann LeCun et son équipe veulent révolutionner l’IA Droit Jeudi 26 mars 2026 à 14h29 26/03/2026 14h29 8 Ces experts, regroupés au sein du « Meta Superintelligence Lab » (MSL), planchent sur la nouvelle marotte de Mark Zuckerberg, la « personal superintelligence ». Un concept pour le moins flou censé « aider l’humanité à accélérer sur la voie du progrès », expliquait le CEO dans un mémo. « Plus important encore, la superintelligence pourrait ouvrir une nouvelle ère d’émancipation individuelle, où chacun disposerait d’une plus grande liberté d’action pour améliorer le monde selon ses propres choix », poursuivait-il. Les grands discours sont une chose, la réalité en est une autre. La première réalisation concrète du MSL est baptisée Spark, premier LLM de la nouvelle famille Muse dont l’ambition se limite, si on peut dire, à alimenter le moteur IA de l’assistant du groupe. Présent dans l’application mobile Meta AI et en ligne à l’adresse meta.ai – aux États-Unis pour commencer –, le modèle se veut résolument utile. L’utilisateur de Meta AI pourra par exemple obtenir un itinéraire complet pour un voyage familial en Floride, avec l’aide des sous-agents de Muse Spark : le premier va établir le parcours, le second va comparer plusieurs lieux, un troisième s’occupe de trouver des activités pour les minots. Tant qu’on a la santé Avec ses capacités multimodales, le modèle peut « lire » une image et donner des informations sur les objets présents. Voilà qui n’a rien de franchement révolutionnaire, la plupart des IA grand public offrant le même type de fonctionnalités. Pour tirer son épingle du jeu, Meta met en avant un aspect singulier de la perception multimodale de Muse Spark : son utilité dans le domaine de la santé. Meta AI serait ainsi en mesure de répondre de manière détaillée à des questions de santé, « y compris pour certaines questions impliquant des images et des graphiques ». Feriez-vous vraiment confiance à une IA pour calculer des calories ? Le secteur de la santé a été investi par les grands acteurs de l’IA : Anthropic, OpenAI, Microsoft et Perplexity se sont tous lancés avec des déclinaisons « Health » de leurs chatbots. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il vaut mieux éviter de remplacer son médecin traitant par ces versions IA pour le moment… Sciences ChatGPT Health : une étude pointe des problèmes dans les recommandations de consultation Sciences Jeudi 26 février 2026 à 08h45 26/02/2026 08h45 11 Meta veut placer ses muses partout Muse Spark se veut tout aussi doué pour générer de petits jeux que pour le lèche-vitrine virtuel ou trouver des adresses de lieux sympas à découvrir (gare aux hallucinations tout de même). Ce n’est que le début, prévient Meta : « Attendez-vous à des résultats plus riches et plus visuels, avec des Reels, des photos et des publications directement intégrés aux réponses, tout en créditant leurs créateurs ». L’AI slop a encore de beaux jours devant elle. À terme, Muse Spark va se faire une petite place dans les autres produits et services de Meta : Facebook, Instagram, Messenger, WhatsApp ainsi que dans les lunettes connectées. L’entreprise compte aussi proposer son LLM à des tiers, mais au travers d’un « aperçu privé » sous la forme d’une API limitée à quelques partenaires triés sur le volet. Meta espère être en mesure d’ouvrir les futurs modèles Muse à l’open source. Google a pris ce virage avec Gemma4 annoncé la semaine dernière. IA Gemma 4 : Google lance une famille de quatre modèles IA en open source (Apache 2.0) IA Mardi 07 avril 2026 à 14h37 07/04/2026 14h37 16 Ce premier modèle, qualifié de « petit et rapide », se décline en deux moutures, Instant pour les réponses rapides et Thinking quand il est nécessaire de se creuser un peu le ciboulot. Selon Meta, « les résultats sont sans équivoque : nous pouvons atteindre les mêmes performances avec un ordre de grandeur en moins [généralement cela fait référence à un rapport de 10x moins, ndlr] sur la puissance de calcul par rapport à notre modèle précédent, Llama 4 Maverick ». Un troisième mode, Contemplating, saura orchestrer plusieurs agents raisonnant en parallèle ; il sera déployé progressivement dans meta.ai. Au vu des benchmarks fournis par Meta, le MSL a effectivement soigné les fonctions multimodales, Muse Spark surclassant la concurrence sur l’interprétation des images, des graphiques et des interfaces ; le contraire aurait été étonnant dans des benchmarks mis en avant par Meta. C’est plus inégal sur les tâches de raisonnement pur (logique, maths), tandis que le modèle se débrouille plutôt bien en code, sans être leader incontestable. Il affiche également une vraie spécialisation dans le domaine de la santé. Meta admet des « gaps » de performance dans les systèmes agentiques et les flux de coding. Sur le plan de la sécurité, Meta ne livre pas encore de rapport de sécurité complet, mais assure que Muse Spark adopte un comportement de refus « robuste » dans des domaines à haut risque (armes chimiques et biologiques). L’entreprise promet également que le modèle n’a pas présenté de capacités autonomes ni de « tendances dangereuses » qui lui permettraient de mettre en œuvre des scénarios de menace dans le domaine de la cybersécurité. Muse Spark peut s’enorgueillir d’avoir décroché le plus haut niveau de « conscience de l’évaluation » observé à ce jour parmi les modèles testés par le labo indépendant Apollo Research. Mark Zuckerberg en est persuadé : les futurs modèles Muse permettront à Meta de créer des services qui ne se contentent pas de répondre aux questions, mais d’agir aussi comme des agents « capables d’effectuer des tâches à votre place ». Il se dit convaincu que ses LLM soutiendront « une vague de créativité, d’entrepreneuriat, de croissance et d’amélioration de la santé. » Cet article est en accès libre, mais il est le produit d'une rédaction qui ne travaille que pour ses lecteurs, sur un média sans pub et sans tracker. Soutenez le journalisme tech de qualité en vous abonnant. Accédez en illimité aux articles d'un média expert Profitez d'au moins 1 To de stockage pour vos sauvegardes Intégrez la communauté et prenez part aux débats Partagez des articles premium à vos contacts Abonnez-vous Signaler un commentaire Voulez-vous vraiment signaler ce commentaire ? Non Oui
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