● BFM Tech 📅 08/04/2026 à 19:03

Il faut désormais "obtenir les données pour prendre des décisions plus rapidement": comment une petite équipe d’ingénieurs est chargée de réinventer l’armée américaine

Géopolitique
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L'armée américaine a levé le voile sur un nouveau centre des opérations, dont l'objectif sera de traiter intelligemment l'énorme quantité de données de l'armée, car tout ne tourne plus "autour de la puissance de feu".La guerre du futur ne se joue pas forcément là où l'on croit. Dans les batailles et conflits en cours ou à venir, les armées du monde entier cherchent à muscler leur arsenal. L'armée américaine n'est pas avare de missiles, avions et drones en tout genre, mais elle semble avoir pris plus que jamais conscience que les données sont l'arme de demain, ou en tout cas l'élément qui assurera les victoires et défera l'ennemi.Aussi vient-elle de dévoiler l'Adoc, pour Army Data Operations Center, ou "Centre des opérations de données de l'armée", une task force composée d'un petit contingent d'ingénieurs civils et militaires.Leur objectif est double: d'abord, aider à résoudre des problèmes ponctuels et de court terme pendant une opération. Ensuite, à plus long terme, d'aider à définir l'approche globale de l'armée en matière de gestion des données.Un problème à résoudreCar, comme le déclarait, en présence de Defense Scoop, le lieutenant-général Jeth Rey, chef d’état-major adjoint chargé du G-6, le service responsable des communications et systèmes d'information, à la mi-mars, l'armée américaine n'a pas un problème de données, "ce que nous avons est un problème de gestion des données". Le rôle de l'Adoc est de résoudre ce problème, étape par étape, du haut commandement au terrain.La première phase de 180 jours verra ainsi l'Adoc jouer le rôle d'un "support technique" de la donnée. Elle répondra aux demandes et analysera des tendances afin de fournir à l'armée un retour sur les correctifs à intégrer dans les entraînements de troupe ou dans les procédures existantes. Cela permettra également de voir si cette approche de "help desk" est pertinente.Car, un des enjeux organisationnels est de savoir si "l’armée prendra des décisions éclairées sur la structure à adopter et sur la nécessité, ou non, d’une capacité centralisée à l’avenir", analysait pour Defense One le brigadier-général Michael Kaloostian. Il dirige la direction des capacités futures de commandement et de contrôle au sein de l’Army Transformation and Training Command.Dominer grâce aux données"Avant, tout tournait autour de la puissance de feu, mais ce n’est plus vraiment le cas aujourd’hui," expliquait le lieutenant-général Jeth Rey, chef d'état-major de l'armée américaine. "C'est plutôt une question de savoir qui peut obtenir les données pour prendre des décisions plus rapidement, pour dominer."L'Adoc ambitionne de centraliser les données stratégique. Ainsi des pays alliés pourraient faire transiter leurs données via les infrastructures américaines dans le but de comparer une même situation mais de deux points de vue différents.Les équipes de l'Adoc vont devoir également trier les demandes, leur accorder des degrés de priorité, surtout si elles proviennent d'un théâtre d'opération. Elles devront ensuite les analyser pour déterminer la manière dont un problème ou un conflit peut être réglé de manière omptimale."Ce sont des choses bien plus difficiles à réaliser qu'on ne le pense," précise le brigadier général Michael Kaloostian, "car cela concerne plusieurs types d'infrastructures dans le cloud, des lieux variés et des données très protégées."Le travail de ce contingent ne fait toutefois que commencer. A l'heure actuelle, et comme le précise Defense One, aucune demande émanant d'un théâtre de guerre n'a encore eu lieu, et en attendant, des entraînements vont avoir lieu: "Mais s'il y avait une demande, nous la prioriserions en conséquence."Ce centre des opérations a donc désormais 180 jours pour faire ses premières preuves, et améliorer le fonctionnement actuel de l'armée: "Nous avons besoin de quelque chose qui puisse aider la transition et la transformation continues de l'armée (américaine) vers une force centrée sur les données," estime Michael Kaloostian.Laisser au personnel le plus éloigné la possibilité de trier les données, c'est permettre aux soldats se trouvant en zone de guerre de pouvoir se recentrer sur leur objectif principal. Pour le lieutenant-général Chris Eubank, qui dirige le centre de commandement cyber de l'armée américaine, c'est l'une des étapes pour "créer de plus en plus de super-soldats"....Les plus lusDe la menace de destruction d'une "civilisation entière" à l'accord de dernière minute: le récit des dernières heures jusqu'au cessez-le-feu entre l'Iran et les États-UnisCécile Kohler et Jacques Paris sont de retour sur le sol français, après trois ans et demi de détention en Iran"Stupéfiant": les astronautes de la mission Artémis 2 ont vu des météorites frapper la Lune en temps réelLidl, Carrefour, Leclerc: les catalogues et publicités vous trompent, selon la Répression des fraudesLa fin de la folle malédiction? Pourquoi la retraite d'Aaron Ramsey est une bonne nouvelle... pour les célébrités
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