● Courrier International
📅 08/04/2026 à 16:43
Au Maroc, les établissements scolaires français sont un “système qui déraille”
Géopolitique
Le magazine “TelQuel” consacré à l’éducation française au Maroc titre sur un “système qui déraille” dans son édition du 3 au 9 avril 2026. Dans son dernier numéro du 3 au 9 avril, le magazine marocain TelQuel s’intéresse à l’éducation française au Maroc, “un système qui déraille” selon le titre sur la couverture. Une image générée par intelligence artificielle montre une foule de parents rassemblés devant un bâtiment estampillé “École française” et brandissant des pancartes pour protester contre les augmentations des frais de scolarité, la baisse de la qualité de l’enseignement et s’interroger sur le sort de l’argent des familles, lesquelles financeraient 60 % du système. En tout, on estime à 50 000 le nombre d’élèves inscrits dans le réseau d’établissements français d’éducation, et aujourd’hui, leurs parents s’estiment traités comme des “vaches à lait” d’un système géré par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE). Ils contestent essentiellement une hausse de frais décidée en décembre 2025, qui a déclenché une “mobilisation sans précédent”. À lire aussi : Francophonie. Au Maghreb, l’anglais s’impose face à l’enseignement en français Concrètement, au Maroc, les familles souhaitant scolariser leur enfant dans un établissement français paient déjà un droit de première inscription (DPI) pouvant atteindre 30 000 dirhams (soit environ 2 756 euros), ainsi que des frais d’inscription annuels. Or depuis fin 2025, l’AEFE impose une hausse de 4 % des frais de scolarité et l’instauration d’un droit annuel d’inscription de 4 000 dirhams (soit à peu près 367 euros). Selon TelQuel, la combinaison des deux mesures fait augmenter les charges de 14 % par an pour les parents. Excédent miraculeux Si l’AEFE met en avant un déficit important pour justifier la hausse des frais, les associations des parents d’élèves se demandent pourquoi soudainement, le 11 mars (soit trois mois après l’annonce dudit déficit), l’AEFE fait état d’un excédent de 3 millions d’euros. “Soit une embellie financière soudaine de près de 60 millions d’euros entre le déficit annoncé le 18 décembre et les comptes clos treize jours plus tard”, calcule TelQel. “On nous dit qu’on est en faillite, on augmente nos frais, et trois mois plus tard on découvre que l’agence a retrouvé près de 60 millions [d’euros] en secouant les coussins du canapé”, commente un parent d’élèves à Rabat. À lire aussi : Reportage. Le “retour” des enfants d’immigrés, un phénomène croissant au Maroc Au Maroc, 44 établissements sont homologués par le ministère de l’Éducation nationale français, dans lesquels 80 % des élèves sont marocains ou franco-marocains, et majoritairement issus “des élites économiques et administratives du royaume, formés dans le moule français, qui iront pour beaucoup poursuivre leurs études en France”, insiste TelQuel. Et l’hebdomadaire d’insister sur l’importance que représentent ces “relais d’influence” de Paris dans le royaume chérifien. Une du jour Éducation Afrique Sur le même sujet Monarchie. Au Maroc, la CAN acte une “transition” entre Mohammed VI et le futur Hassan III Géopolitique. Bases militaires : la brouille entre l’Espagne et les États-Unis dont le Maroc pourrait tirer profit En salle. “Derrière les palmiers”, un film qui questionne “les rapports de pouvoir” au Maroc Source de l’article TelQuel (Casablanca) Fondé en 2001, ce newsmagazine francophone s’est rapidement distingué de ses concurrents marocains en faisant une large place aux reportages et aux faits de société. Se méfiant du dogmatisme, TelQuel délaisse la politique politicienne et s’attaque à des sujets tabous tels que la sexualité. Lire la suite Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article →
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