● BFM Tech
📅 08/04/2026 à 15:53
"Une mesure difficile mais nécessaire": la Grèce va interdire l'accès aux réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans dès 2027
Géopolitique
Le Premier ministre grec, Kyriakos Mitsotakis, a annoncé l’interdiction à venir dans une vidéo publiée sur Tiktok. La législation sera votée cet été et l'interdiction devrait être en vigueur au 1er janvier 2027. La Grèce appelle également à mettre en place "un cadre européen unifié" d’ici la fin de l’année 2026 afin de compléter et de renforcer les initiatives nationales prises pour la protection des mineurs.Faut-il interdire les réseaux sociaux aux adolescents? La question, longtemps cantonnée aux cercles d’experts, s’impose désormais au cœur du débat politique européen. Face à la montée des inquiétudes sur l’addiction, la santé mentale et l’exposition précoce aux contenus en ligne, certains gouvernements choisissent d’accélérer, quitte à bousculer les usages.La Grèce a ainsi décidé de franchir un cap inédit. A partir du 1er janvier 2027, les jeunes de moins de 15 ans ne pourront plus accéder aux réseaux sociaux. L’annonce a été faite mercredi par le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis dans une vidéo diffusée sur Tiktok, un choix de plateforme loin d’être anodin.Une mesure difficile mais nécessaire"Nous avons décidé d'aller de l'avant avec une mesure difficile mais nécessaire: interdire l'accès aux réseaux sociaux aux enfants de moins de 15 ans", a-t-il expliqué.La législation sera votée cet été et l'interdiction sera en vigueur au 1er janvier 2027. La Grèce fait partie des "premiers pays du monde à adopter une telle mesure", s'est félicité le Premier ministre, qui a aussi assuré qu'il faisait pression sur l'Union européenne pour qu'elle suive cette initiative.Le Premier ministre grec a choisi, pour faire cette annonce, un réseau social plébiscité par les jeunes utilisateurs et s'est adressé directement à la jeunesse. "Je sais que certains d'entre vous vont être fâchés (...) Notre but n'est pas de vous éloigner de la technologie mais de lutter contre l'addiction de certaines applications qui nuit à votre innocence et à votre liberté", a-t-il souligné.Réseaux sociaux: ces parents organisent la riposte pour protéger leurs ados 20:05"La science est claire. Quand un enfant est devant les écrans pendant des heures, son cerveau ne se repose pas", a-t-il aussi ajouté. Aux parents, M. Mitsotakis a aussi assuré que cette mesure "n'est qu'un outil qui ne remplacera jamais leur présence".Des réflexions partout dans le mondeL'Australie a été le premier pays à légiférer sur la question et à voter un texte entré en vigueur en décembre 2025, obligeant les plateformes à s'assurer que les utilisateurs ont au moins 16 ans et à supprimer les comptes d'utilisateurs trop jeunes. Facebook, Instagram, X, Threads, Snapchat, TikTok, ou encore Twitch et son concurrent australien Kick, se sont conformés à la nouvelle législation, sous peine d'amendes pouvant atteindre 28 millions d'euros.Depuis, de plus en plus de pays s'engagent en ce sens. Ainsi, l'Indonésie a interdit en mars les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, soit 70 millions de mineurs. Des lois sont également débattues dans plusieurs pays européens. C'est par exemple le cas en Espagne, au Danemark ou au Royaume-Uni.En France, le 1er avril dernier, le Sénat a adopté une version remaniée de la proposition de loi (PPL) de la députée macroniste Laure Miller visant à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. Sans remettre en cause l’objectif général du texte, le Sénat a opté pour un système à deux vitesses. Ce dispositif distingue deux types de plateformes: celles de la "liste noire", qui nuisent à "l'épanouissement physique, mental ou moral" de l'enfant, et les autres.Le gouvernement espère mettre en œuvre cette interdiction dès la rentrée 2026 pour les nouveaux comptes, et la généraliser à tous les comptes d'ici le 1er janvier 2027. Mais la modification du texte initial par le Sénat risque de ralentir le calendrier, d'autant que cette nouvelle version pourrait ne pas être compatible avec le droit européen. Bruxelles devrait faire des recommandations dans un délai de trois mois, selon la ministre Anne Le Hénanff.Vers un cadre européen unifié?Des mesures pourraient également être prises à l'échelle de l'Union européenne. Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, M. Mitsotakis soutient ainsi que "l’action nationale à elle seule ne suffira pas"."Un cadre européen unifié doit être en place d’ici la fin de l’année 2026 afin de compléter et de renforcer les initiatives nationales prises pour la protection des mineurs", ajoute-t-il.Le Premier ministre grec propose notamment d'établir une "majorité numérique" européenne à 15 ans, et d'interdire l’accès, à l’échelle de l’Union, aux plateformes de réseaux sociaux pour les utilisateurs en dessous de ce seuil. Il voudrait aussi exiger des plateformes de procéder à une revérification semestrielle de l’âge.Pour rappel, le 26 novembre dernier, le Parlement européen a adopté une résolution (non contraignante) pour l'instauration d'un âge minimum de 16 ans pour accéder aux réseaux sociaux, aux plateformes de partage de vidéos et aux compagnons d'IA, tout en permettant l'accès des 13-16 ans avec le consentement parental.Début mars, un comité d’experts a été créé par l’UE, inauguré par Ursula von der Leyen. Il va se pencher sur l’opportunité d’interdire les réseaux sociaux aux mineurs.Les plus lusDe la menace de destruction d'une "civilisation entière" à l'accord de dernière minute: le récit des dernières heures jusqu'au cessez-le-feu entre l'Iran et les États-UnisCécile Kohler et Jacques Paris sont de retour sur le sol français, après trois ans et demi de détention en Iran"Stupéfiant": les astronautes de la mission Artémis 2 ont vu des météorites frapper la Lune en temps réelLidl, Carrefour, Leclerc: les catalogues et publicités vous trompent, selon la Répression des fraudesLa fin de la folle malédiction? Pourquoi la retraite d'Aaron Ramsey est une bonne nouvelle... pour les célébrités
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