● Siècle Digital 📅 08/04/2026 à 15:20

Cloudflare et GoDaddy s’allient pour permettre aux sites de bloquer les bots IA

Intelligence Artificielle 👤 Jennifer Larcher
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Intelligence artificielle Cloudflare et GoDaddy s’allient pour permettre aux sites de bloquer les bots IA Des décennies de contenu aspiré gratuitement, des trafics qui s'effondrent et surtout des revenus publicitaires qui s'évaporent. Par Jennifer Larcher Publié le 8 avril 2026 à 15h20 - Mis à jour le 8 avril 2026 à 15h21 Le partenariat annoncé entre les deux géants du web est assez intéressant. En effet, GoDaddy va intégrer l’AI Crawl Control de Cloudflare dans sa plateforme d’hébergement. Les propriétaires de sites disposeront d’un tableau de bord pour décider eux-mêmes si les robots d’OpenAI, Anthropic, Google ou tout autre acteur IA peuvent fouiller leurs pages. Pourquoi cette initiative est-elle différente des autres&nbsp? Pris séparément, Cloudflare gère le trafic d’environ 20% du web mondial. GoDaddy, de son côté, est le premier registraire au monde avec plus de 80 millions de domaines sous gestion. Ces deux géants du numérique représentent une infrastructure capable de redessiner les règles d’accès pour une portion d’internet. 📩 L’actu digitale évolue vite. Restez à jour.Recevez la newsletter quotidienne, gratuitement. En vous inscrivant vous acceptez notre politique de protection des données personnelles. Jusqu’à maintenant, bloquer ou monétiser les crawlers IA n’était pas à la disposition de tous. Seuls les grands groupes médiatiques dotés d’équipes techniques dédiées pouvaient s’y frotter. Cela était clairement hors de portée pour un blogueur, une PME ou un artisan qui venait de lancer son site. Ce déséquilibre prend fin avec ce partenariat. Un utilisateur GoDaddy sans compétences techniques pourra désormais appliquer les mêmes politiques d’accès qu’un éditeur de presse national. Quel est alors le problème&nbsp? Le modèle économique du web reposait sur un équilibre. Les moteurs de recherche indexaient le contenu, les utilisateurs cliquaient sur les liens, et les éditeurs monétisaient ce trafic. Les IA génératives ont cassé cette mécanique, car elles aspirent les contenus, synthétisent les réponses et suppriment l’étape du clic. Le trafic ne revient plus à la source. Pour de nombreux petits créateurs, cette dynamique se traduit par une baisse visible du trafic organique sans aucune explication apparente dans les outils d’analyse classiques. Les robots changent régulièrement d’adresse IP et masquent leur identité pour contourner les blocages. C’est une pratique que les nouvelles normes techniques soutenues par les deux entreprises visent directement. ANS et Web Bot Auth Agent Name Service et Web Bot Auth, ce sont deux protocoles techniques, dont les noms circulent discrètement dans les discussions de l’industrie depuis quelques mois. L’idée est de forcer les robots d’exploration à s’identifier avant d’accéder à un contenu. C’est donc la fin de l’anonymat qui permet aux crawlers de passer sous les radars. Si ces normes sont adoptées à grande échelle, le pillage silencieux sera techniquement bien plus difficile. Le vrai test sera l’adoption par les acteurs IA eux-mêmes. Anthropic, OpenAI et Google ont chacun mis en place des balises robots officielles. Certains les respectent, d’autres contournent méthodiquement les blocages. Cloudflare et GoDaddy ne peuvent pas les contraindre légalement. bot
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