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📅 08/04/2026 à 14:21
"Les prix doivent baisser aussi vite qu'ils sont montés" : le cauchemar à la pompe se dissipe, mais de combien, et quand ?
Géopolitique
👤 Aymeric Geoffre-Rouland
"Les prix doivent baisser aussi vite qu'ils sont montés" : le cauchemar à la pompe se dissipe, mais de combien, et quand ? Par Aymeric Geoffre-Rouland Publié le 08/04/26 à 14h21 Nos réseaux : Suivez-nous Commenter 3 Pénurie de carburant en France : gazole, E10 et SP95 en rupture dans une station TotalEnergies à Quimper.© Aygul BulteCe matin, le baril de Brent est repassé sous les 100 dollars (92,40 dollars à l'heure où nous rédigeons ces lignes) pour la première fois depuis début mars, en chute de près de 15 % après l'annonce d'une trêve de deux semaines entre Washington et Téhéran. Le détroit d'Ormuz, verrouillé depuis le 28 février, pourrait rouvrir. Les marchés soufflent.Sébastien Lecornu, lui, a pris la parole sur X dans la foulée : "Quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu'ils sont montés. Le gouvernement y veillera." Le Premier ministre annonce une réunion de toute la filière à Bercy et le déclenchement d'un "plan de contrôle". Mais il reste une question que des millions d'automobilistes se posent en ce moment même : combien vais-je payer mon prochain plein, et quand ?La trêve de 15 jours annoncée entre les États-Unis et l’Iran pourrait rouvrir le détroit d’Ormuz. Cette avancée diplomatique a de premiers effets sur le prix du pétrole.Quand les prix mondiaux baissent, les prix à la pompe doivent baisser, aussi vite qu'ils sont montés. Le…— Sébastien Lecornu (@SebLecornu) April 8, 2026Ce que promet la filière, et ce que dit la réalitéOlivier Gantois, président de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), estime auprès de l'AFP que les prix pourraient baisser de "5 à 10 centimes" le litre "très rapidement", sous réserve que le baril se stabilise autour de 93-95 dollars. La répercussion pourrait se faire "d'ici un ou deux jours" dans les stations.Mais 5 à 10 centimes, c'est loin du compte : le gazole se vend aujourd'hui en moyenne à 2,375 euros/L, soit 65 centimes de plus que le 27 février, veille des premières frappes sur l'Iran. Le SP95-E10 est à 2,021 euros/L, 30 centimes au-dessus de son niveau d'avant-crise. Même avec une baisse immédiate de 10 centimes, un plein de 50 litres de gazole coûtera encore 27,50 euros de plus qu'il y a cinq semaines. Personne en France ne doit profiter de cette crise, ni hier, ni demain.Les économistes ont un nom pour ce phénomène : Rockets and Feathers. Les prix montent comme une fusée et redescendent comme une plume. Les stations vendent du carburant acheté à l'ancien prix, plus élevé. Elles doivent écouler ces stocks avant de pouvoir proposer du carburant moins cher. Et les taxes fixes (accise à 59,40 centimes sur le gazole, TVA à 20 %, CEE à 16-17 centimes) ne bougent pas, elles, quelle que soit la direction du baril.À quoi s'attendre concrètement dans les prochains joursUn retour aux prix d'avant-crise prendra des semaines, pas des jours. La sécurité maritime dans le détroit d'Ormuz doit être rétablie, les chaînes de raffinage doivent retrouver leur rythme, et la trêve elle-même n'est que de deux semaines. Si elle ne débouche pas sur un accord plus durable, les cours pourraient repartir aussi vite qu'ils ont chuté.En attendant, ce 8 avril vers 14 heures, 16 % des stations ne proposent plus de gazole, 33 % sont en rupture de E10, 70 % n'ont plus de SP95 et 30 % sont à sec de SP98. Une dégradation continue depuis le 31 mars, comme nous le documentions dans notre premier état des lieux. Le cessez-le-feu ne remplira pas les cuves du jour au lendemain. TotalEnergies, dont le plafonnement a été prolongé puis relevé à plusieurs reprises comme nous le détaillions, vient de porter son plafond gazole à 2,25 euros/L. Et le gouvernement, qui promet des contrôles, n'a toujours pas précisé de date pour la réunion à Bercy.Le jour du cessez-le-feu, 70 % des stations n'ont toujours plus de SP95.© Source : penurie-carburant.fr, 8 avril 2026Pour les automobilistes, le conseil reste le même que depuis cinq semaines : consultez les prix en temps réel sur prix-carburants.gouv.fr ou penurie-carburant.fr avant de vous déplacer. La baisse arrive, mais elle prendra son temps. Suivez toute l'actualité des Numériques sur Google Actualités et sur la chaîne WhatsApp des Numériques Envie de faire encore plus d'économies ? Découvrez nos codes promo sélectionnés pour vous.
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