● Courrier International 📅 08/04/2026 à 10:24

La discrète médiation du Pakistan en faveur du cessez-le-feu en Iran, une “grande victoire diplomatique”

Géopolitique
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Donald Trump et le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, à Charm el-Cheikh en Égypte, le 13 octobre 2025. Evelyn Hockstein / REUTERS “Le Pakistan sauve ‘une civilisation entière’”, se réjouit The Express Tribune. Le quotidien de Karachi souligne que le président américain Donald Trump a “accepté une trêve de deux semaines avec l’Iran moins de deux heures avant l’échéance qu’il s’était fixée” pour, selon ses propres mots, “détruire une civilisation entière” si Téhéran ne satisfaisait pas ses exigences, notamment la réouverture du détroit d’Ormuz. D’intenses mais discrets efforts diplomatiques de la part du Pakistan ont précédé l’annonce de cet accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran, affirme Dawn. Quelques jours seulement après les premières frappes, le 28 février, “les autorités pakistanaises ont activé les canaux diplomatiques dans plusieurs capitales”. Tout en affichant publiquement sa neutralité, le Pakistan s’était discrètement positionné comme un médiateur entre Washington et Téhéran, qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques directes. À lire aussi : Moyen-Orient. Dans un “revirement spectaculaire”, Trump annonce un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran “Pourquoi le Pakistan est-il resté au cœur des efforts de facilitation de la paix entre les États-Unis et l’Iran, efforts à haut risque et à forts enjeux ?” interroge Michael Kugelman, spécialiste de l’Asie du Sud. En raison de ses “liens étroits avec tous les acteurs clés”, de la “confiance” que lui accorde la Maison Blanche, “des échanges continus avec l’Iran” et “le soutien de la Chine”, alliée d’Islamabad, fait valoir cet expert américain. Victoire pour Islamabad Si Islamabad s’implique tant, c’est aussi parce que le pays est particulièrement vulnérable aux conséquences du conflit. Pour Michael Kugelman, le Pakistan enregistre “l’une de ses plus grandes victoires diplomatiques depuis des années”. La phase la plus visible des efforts du Pakistan s’est déroulée les 29 et 30 mars, lorsque les ministres des Affaires étrangères du Pakistan, d’Arabie saoudite, d’Égypte et de Turquie se sont réunis à Islamabad pour explorer les voies d’une désescalade, détaille le quotidien pakistanais de référence. Sous l’égide du ministre des Affaires étrangères Ishaq Dar, les consultations ont porté sur la prévention d’une nouvelle escalade militaire et l’élaboration d’un cadre pour l’ouverture de pourparlers entre les États-Unis et l’Iran. À lire aussi : Guerre. L’Arabie saoudite a un atout majeur face à l’Iran : le parapluie nucléaire pakistanais Dans les jours qui ont suivi, le Premier ministre Shehbaz Sharif et Dar se sont entretenus avec plus d’une douzaine de dirigeants et hauts responsables internationaux à Washington, Moscou, Pékin, dans les principales capitales européennes, dans les États membres du Conseil de coopération du Golfe, en Turquie, en Égypte et en Arabie saoudite. Les dirigeants militaires pakistanais ont également joué un rôle. Le chef d’état-major de l’armée de terre, le maréchal Syed Asim Munir, s’est entretenu avec de hauts responsables américains, dont le président Donald Trump, selon des sources diplomatiques citées par Dawn. Parallèlement, les responsables pakistanais sont restés en contact avec leurs homologues iraniens. “Sérieux revers” de l’Inde “La médiation du Pakistan au Moyen-Orient montre comment il peut avoir une influence disproportionnée par rapport à sa taille”, estime pour sa part le journal indien The Indian Express. “Dans une démonstration magistrale de sens politique, Islamabad a amené les États-Unis et l’Iran à la table des négociations, donnant naissance à un plan de paix en dix points que le président américain a désormais approuvé. Il ne s’agit pas d’altruisme, mais de réalpolitique à son apogée”, poursuit Manoj K Channan, spécialiste de la défense dans les colonnes du quotidien indien. “Il faut saluer ce travail : c’est ce type de diplomatie discrète qui prévient l’apocalypse.” En Inde, l’opposition au Premier ministre Narendra Modi a affirmé “que le rôle du Pakistan dans la facilitation du cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran a porté un “sérieux revers” à la “diplomatie hautement personnalisée” du nationaliste hindou, rapporte le National Herald. La prochaine étape des négociations entre l’Iran et les États-Unis devrait débuter à Islamabad le 10 avril, où des délégations examineront les contours d’un accord plus durable. Courrier international Moyen-Orient États-Unis Iran Asie Amériques Nos lecteurs ont lu aussi Moyen-Orient. Dans un “revirement spectaculaire”, Trump annonce un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran Répression. En Iran, les pendaisons se multiplient : la terreur, “stratégie de survie du régime” Tech. En Australie, l’interdiction des réseaux sociaux aux mineurs ne fonctionne pas Moyen-Orient. Iran : le guide suprême Mojtaba Khamenei serait “inconscient” et incapable de gouverner Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. 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