● Courrier International
📅 08/04/2026 à 10:41
Sports, élections, conflits… Tous les paris sont permis
Géopolitique
La Une de Courrier international daté du 8 avril 2026. COURRIER INTERNATIONAL Le monde serait-il devenu un vaste casino ? On pourrait le croire au vu du caractère de plus en plus imprévisible de l’actualité internationale. Ce n’est pourtant pas aux sautes d’humeur du président américain que nous avons choisi de consacrer notre une de cette semaine, même si notre dossier n’y est pas totalement étranger. Donald Trump ayant repoussé l’ultimatum qu’il avait adressé à l’Iran au mercredi 8 avril à 2 heures du matin, heure française, au moment de finaliser ce numéro quelques heures auparavant, il semblait difficile de prédire si le conflit au Moyen-Orient allait dégénérer un peu plus encore ou, à l’inverse, redescendre d’un cran. (C’est cette option qui semble finalement l’emporter au moins provisoirement : mercredi matin, dans un revirement spectaculaire dont il a le secret, Donald Trump a en effet annoncé un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran. Une actualité à suivre sur notre site.) À lire aussi : Moyen-Orient. Dans un “revirement spectaculaire”, Trump annonce un cessez-le-feu de deux semaines avec l’Iran Informer n’est pas jouer les devins et dans le brouillard de cette guerre si mal préparée et conduite de façon si erratique par le locataire de la Maison-Blanche, on se garderait bien d’en annoncer la fin quand on sait que Donald Trump avait promis le pire au régime iranien si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert sous vingt-quatre heures. “Le pays entier pourrait être détruit en une seule nuit”, tonnait-il encore en début de semaine en menaçant de s’en prendre aux infrastructures civiles iraniennes (ponts, centrales électriques…). Des actions dignes d’un Vladimir Poutine en Ukraine, contraires au droit international, et qui font planer le spectre de crimes de guerre à venir. Qu’importe pour Donald Trump. Jusqu’à ce qu’il se ravise à nouveau ? On ne parierait pas là-dessus. D’autres en revanche, et ils sont de plus en plus nombreux, n’hésitent pas à le faire. L’ouverture de notre dossier sur le succès des plateformes de prédictions. COURRIER INTERNATIONAL Ces revirements constants, cette incertitude, s’ils laissent la presse étrangère pour le moins perplexe, boostent les affaires des plateformes de prédictions comme Polymarket ou Kalshi qui, en quelques mois, ont non seulement réussi à faire de l’actualité une immense salle de marché mais ont surtout attiré des millions de parieurs. Aujourd’hui, on ne parie plus seulement sur un résultat sportif mais sur à peu près tout. De l’enlèvement de Nicolás Maduro au Venezuela aux frappes sur Téhéran, du vainqueur de la présidentielle française en 2027 à celui de l’Eurovision, rien ne va plus et tout se vaut. À lire aussi : Controverse. Encadrer les paris en ligne, une initiative salutaire ? Le phénomène est mondial et même si des plateformes comme Polymarket (qui repose sur la cryptomonnaie) sont théoriquement interdites en France, au Royaume-Uni ou aux États-Unis, elles sont très facilement accessibles grâce à des VPN. “Combien d’expulsions seront réalisées par le gouvernement de Trump cette année ? Est-ce qu’une famine de grande ampleur va frapper Gaza ? Ce sont là des questions graves, où des vies sont en jeu. Mais ce sont aussi des sujets sur lesquels deux start-up très tendance vous permettent de miser”, dénonce Tekendra Parmar dans The Intercept. Le cynisme a évidemment toute sa place dans ces paris d’un nouveau genre et les fondateurs de ces plateformes ne s’en cachent pas. “À long terme, explique Tarek Mansour, PDG de Kalshi, au site d’investigation américain, nous avons pour vision de tout financiariser et de créer un actif négociable à partir de toute divergence d’opinions.” Commentaire de l’auteur : “C’est aussi dystopique que ça en a l’air.” À lire aussi : Spéculation. Polymarket et Kalshi font de l’actualité une immense salle de marché Et cela dit beaucoup de l’état du monde et d’une certaine perte de repères globale. “Faites vos jeux car rien ne va plus”, avons-nous titré l’une des revues de presse du dossier. “Certaines des plateformes les plus cyniques sont symptomatiques d’un détachement général, d’une anesthésie émotionnelle au sujet des conflits dans le monde”, se désole Una Mullay dans The Irish Times, qui voit dans la flambée des paris le signe d’une aggravation des inégalités. Sans parler des inévitables conflits d’intérêts entre certains acteurs politiques et des plateformes prédictives. “Bienvenue dans le Far West des paris”, titrait récemment USA Today. “Miser ou investir, il faut choisir”, lançait de son côté le magazine Bloomberg en analysant les similitudes entre “l’univers du pari et celui de l’investissement”. Une confusion des genres à l’image de nos sociétés. “Si la première vague de réseaux sociaux – les Facebook, Twitter… – a fracturé notre perception d’une réalité commune, s’inquiète encore Tekendra Parmar, les plateformes prédictives sont là pour en monétiser les décombres.” À lire également dans ce numéro L’article du “New Statesman” qui plaide en faveur de l’exploration spatiale. COURRIER INTERNATIONAL Artemis 2, plaidoyer pour une utopie Le 7 avril, le vaisseau spatial Orion faisait route vers la Terre après avoir survolé la Lune et battu une myriade de records. Une mission qui enthousiasme ce chroniqueur du New Statesman, pour qui l’exploration spatiale, outre les avancées scientifiques, présente un intérêt moral, philosophique et intellectuel. Toute la détresse des Iraniens racontée dans “The Atlantic”. COURRIER INTERNATIONAL “Vous allez nous laisser seuls avec Mojtaba ?” : les Iraniens se sentent lâchés par Trump Le président américain a encore repoussé son ultimatum pour tenter d’arracher un “deal” avec le régime iranien. Ce qui fait redouter la fin de la guerre à des opposants sur place. Et avec elle, un pouvoir qui risque de devenir “encore plus tyrannique et brutal”, racontait l’auteur irano-américain Arash Azizi dans une chronique pour le magazine The Atlantic publiée avant l’annonce du cessez-le-feu. À lire aussi dans les pages Moyen-orient, l’article d’Anthony Samrani publié dans L’Orient-Le-Jour : Comment refaire nation après la guerre ? Les deux Liban irréconciliables Les conséquences tous azimuts de la guerre en Iran décryptées dans les pages Transversales. COURRIER INTERNATIONAL Désorienté comme un touriste dans un monde qui brûle Jamais les gens n’avaient autant voyagé à l’étranger qu’en 2025. Pourtant, les touristes, quelle que soit leur nationalité, sont confrontés à une prolifération d’obstacles : espaces aériens fermés, guerre, visas refusés, envol des prix des carburants… La géopolitique ne les freine pas, constate The Economist, mais oriente leurs destinations. À lire aussi, dans la séquence, l’article de Vikram Khanna publieé dans The Straits Times : Guerre dans le Golfe : après le choc, l’Asie doit revoir toute sa stratégie énergétique Notre double page consacrée au Premier ministre hongrois Viktor Orban, qui pourrait perdre les élections du 12 avril. COURRIER INTERNATIONAL En Hongrie, Orban joue sa survie dans une élection sous haute tension À quelques jours du scrutin du 12 avril, la Hongrie bascule dans une campagne empoisonnée par des soupçons d’écoutes illégales et d’ingérence russe et ukrainienne. Les sondages donnent l’opposant Peter Magyar en tête face à Viktor Orban, au pouvoir depuis seize ans. L’étonnant article publié par le site “The Dial” sur la musique qui rend hommage à l’agrobusiness au Brésil. COURRIER INTERNATIONAL “Agronejo” : au Brésil, l’agriculture intensive a trouvé sa bande-son Dérivé de l’équivalent brésilien de la country, l’agronejo est de plus en plus populaire dans le pays. Ce courant musical n’a rien de champêtre : dans les chansons, tout n’est que monocultures, pesticides et équipements lourds, au service des grandes entreprises du secteur, raconte la journaliste brésilienne Carolina Abbott Galvão. Le portrait du phénomène slovène du cyclisme mondial par un journaliste espagnol. COURRIER INTERNATIONAL Tadej Pogacar, champion espiègle et impitoyable du cyclismeLe dimanche 12 avril, Tadej Pogacar va tenter de remporter Paris-Roubaix, une des rares courses qui échappent encore à son palmarès, avant peut-être de glaner cet été un cinquième Tour de France. Dans El País Semanal, le journaliste espagnol Carlos Arribas dresse le portrait du cycliste slovène, champion imbattable condamné à gagner. Claire Carrard Jeux Sur le même sujet Société. Ces plateformes où l’on parie sur la guerre en Ukraine comme au casino États-Unis. La chute de Maduro, un pari gagnant et suspect à 410 000 dollars sur Polymarket Vu du Royaume-Uni. Soirées DJ et salade de poulpe : la mue forcée du PMU, cette institution si française Israël. Un journaliste menacé par des parieurs après un article sur une frappe iranienne Nos services HORS-SÉRIE Comment les Russes vivent-ils aujourd’hui ? Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, c’est une plongée rare dans ce pays de plus en plus fermé que nous vous proposons dans notre nouveau hors série, en vente à partir du 18 mars. Politique, économie, société, culture : dans la Russie de Vladimir Poutine, la guerre laisse partout son empreinte. Un numéro presque entièrement réalisé à partir de sources russes, la plupart en exil, qui dresse un portrait réaliste de la société russe. Je découvre → Éditions Steinkis Tentez de remporter un exemplaire de « Les filles du Kurdistan » de M. Sauloy & C. Baloup aux éditions Steinkis (collection « Témoins du monde ») Je reçois ma bande dessinée → Éditions Drakoo Tentez de remporter un exemplaire de « Les enfants du bois » de Andrea Casaran aux éditions Drakoo. Je reçois ma bande dessinée → Slow Autriche [Contenu partenaire] Le Bregenzerwald : escapade estivale entre nature, culture et architecture durable Je découvre l’article →
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